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Des dizaines de milliers de camionneurs recherchés

L'industrie du camionnage est confrontée à une importante pénurie de chauffeurs, alors que l'économie a toujours besoin du transport sur route. Photo: Radio-Canada
Michel Marsolais

L'économie reste très dépendante de l'industrie du camionnage, mais les pénuries de main-d'oeuvre dans ce secteur continuent de s'accentuer. Au salon du camionnage Expo Cam de Montréal, les entreprises étaient nombreuses à tenter de faire du recrutement.

En Amérique du Nord, 70 % des marchandises sont toujours transportés par camion. Une proportion qui augmente avec l'explosion des achats en ligne. Mais les compagnies de transport restent toujours aux prises avec un manque personnel. Un problème qui s'aggrave depuis des années.

Jusqu'à 30 % de la flotte de certaines entreprises est parfois immobilisée, faute de chauffeurs.

« C'est incroyable, on a besoin de conducteurs. Du jour au lendemain, les gens n'arrêteront pas de consommer. Donc c'est appelé à grandir. On a besoin de routiers au Québec terriblement. D'ici 2024 au Canada, on parle d'une pénurie de 48 000 conducteurs. C'est beaucoup! », constate Martin Boivin du centre de formation Camo-Route.

Malgré des salaires plutôt élevés, l'industrie peine à recruter des jeunes. La moyenne d'âge des chauffeurs est de 55 ans et les départs à la retraite vont encore compliquer les choses.

Plusieurs entreprises tentent tant bien que mal de retenir leurs routiers d’expérience pour continuer à opérer.

« On a beaucoup de besoins de chauffeurs qui vont aux États-Unis. Il y a une pénurie dans le secteur. En fait, on refuse énormément de voyages de nos clients parce qu'on n'a pas de gens à mettre dans nos camions », déplore Karl McLellan du Groupe Bernières.

Si les aspirants routiers semblent avoir l’embarras du choix quant aux employeurs, ils n'ont pas toujours le profil idéal.

« L'offre ne manque pas, ce sont les conditions qui sont souvent un peu compliquées. Moi je ne parle pas très bien anglais. Je ne suis pas bon en mécanique donc le choix est un peu difficile », de dire un nouvel arrivant qui vient de terminer sa formation de chauffeur.

Recrutement à l'international

Pour contrer cette pénurie, des entreprises vont recruter des chauffeurs à l'étranger.

« On va chercher de la main-d'oeuvre outre-mer. On est affilié particulièrement avec les Philippines, le Pérou, le Vietnam et la Corée du Sud. On cherche des gens qui sont déjà chauffeurs de camion et on les aide à venir s’établir », raconte Jonathan Trudel, de la firme HRW.

De nombreux constructeurs planchent aussi sur des camions autonomes qui pourront éventuellement se passer de chauffeurs. Plusieurs modèles sont déjà testés sur les routes. Parmi eux, un modèle de la compagnie Otto – propriété de Uber – effectue déjà des livraisons au Colorado.

Le camion roule sans intervention du chauffeur sur les autoroutes, mais pour l’instant celui-ci reste présent à bord. Plusieurs estiment que ces progrès technologiques permettront aussi de réduire les accidents de la route impliquant les routiers.

Mais avec plus de 15 millions de camions en circulation en Amérique du Nord, il n’y aura pas de solution miracle. Les pénuries de routiers devraient durer encore plusieurs années.

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