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analyse

Qui a peur de Québec solidaire?

Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois

Québec solidaire fait le pari du vote des jeunes et des électeurs qui auront tourné la page de la laïcité en 2022.

Photo : Radio-Canada

Martine Biron

C'était écrit dans le ciel que Québec solidaire (QS), en changeant son fusil d'épaule sur la laïcité, ferait l'objet de railleries à l'Assemblée nationale. Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) n'a pas manqué de traiter les solidaires de vire-capot. Mais une fois le mauvais moment passé, QS demeure convaincu que sa stratégie est la meilleure et que, surtout, elle saura garder les libéraux sur la corde raide.

D’ailleurs, plusieurs députés libéraux à Montréal sont inquiets; le long de la ligne orange du métro, où vivent bien des francophones, Québec solidaire est très actif. Le parti a les yeux sur la circonscription de Maurice-Richard, que l’ancienne ministre Marie Montpetit a gagnée avec une faible majorité de 530 votes.

QS a aussi terminé deuxième lors des dernières élections générales dans les fiefs libéraux de Verdun, Saint-Henri–Sainte-Anne et même Viau. De l’aveu même de certains stratèges libéraux, rien n’est maintenant acquis à Montréal pour le Parti libéral du Québec.

Les autorités du parti savaient très bien ce qu’elles faisaient en proposant à leurs membres d’abandonner le compromis Bouchard-Taylor pour militer contre toute interdiction des signes religieux pour les employés de l’État.

Québec solidaire fait le pari que sa nouvelle position lui permettra de faire des gains à Montréal. La formation croit que les minorités, qui s’estiment lésées, pourraient avoir la mémoire longue quand viendra le temps de voter.

Mais la stratégie des solidaires n’est pas à courte vue. Le parti entend poursuivre ses avancées à l’extérieur de Montréal, là où l’appui au projet de loi du gouvernement de François Legault est particulièrement fort.

QS pense qu'en 2022, les francophones auront tourné la page sur l’enjeu de la laïcité, après avoir obtenu ce qu’ils voulaient. Les solidaires insisteront sur l’environnement, leur principal cheval de bataille, très populaire auprès des jeunes, mais qui gagne l’adhésion d'un nombre croissant de personnes plus âgées.

Le vote des jeunes

C’est ainsi qu’entre en scène le nouveau porte-parole en matière de laïcité, Sol Zanetti. Le parti recadre sa stratégie de communication alors que le député de Québec, âgé de 37 ans, incarne le courant « jeune », plus ouvert à la diversité culturelle.

Le message de son prédécesseur, Andrés Fontecilla, toujours en faveur de Bouchard-Taylor, passait difficilement. Si l’enjeu de la laïcité ne figure pas dans ses priorités, QS promet toutefois de s’exprimer tout au long du débat en ciblant spécifiquement les jeunes.

En fait, toute la stratégie de Québec solidaire tourne autour du vote des jeunes et de l’environnement. La simulation électorale du directeur général des élections, qui a invité les jeunes dans les écoles secondaires du Québec à voter le 1er octobre dernier, inspire les stratèges solidaires.

Une simulation d’envergure : 81 375 élèves, répartis dans plus de 800 écoles, ont participé à l'exercice. Les résultats montrent que QS aurait pris le pouvoir avec 46 sièges.

Ces jeunes, qui avaient 17 ans au moment du scrutin général, en auront 21 en 2022. Québec solidaire a bien l’intention de leur faire une cour assidue. Mais ses adversaires également, eux qui sont bien conscients que le vote des jeunes est crucial.

François Legault ne répond d’ailleurs plus de la même façon à Manon Massé à la période des questions. Il réplique et il l’attaque, parce qu’il sait que QS est maintenant une menace réelle. Comme les libéraux.

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