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Taxation du numérique : les États-Unis négocient

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin après avoir assisté à la conférence du FMI à Washington.
Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin après avoir assisté à la conférence du FMI à Washington. Photo: The Associated Press / Jose Luis Magana
Radio-Canada

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a assuré samedi que les discussions sur la taxation des géants du numérique avaient été « productives ».

À Washington, au terme de la réunion de printemps du Fonds monétaire international (FMI), Steven Mnuchin a ajouté, « c'est une priorité évidente pour nous » de trouver un accord au sein de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), alors que les discussions entrent dans une phase cruciale avec deux échéances importantes dans les deux prochains mois.

Le première est prévue fin mai à Paris, lors de la réunion ministérielle de l'OCDE. La seconde est le sommet du G20 au Japon un mois plus tard.

Les négociations au sein de l'OCDE sur la taxation du numérique étaient bloquées par les États-Unis depuis plusieurs années.

Face à cette situation, différents pays comme la France, l'Espagne ou récemment l'Autriche, ont annoncé leur intention de taxer eux-mêmes sans attendre un accord global.

Devant ces initiatives, les États-Unis ont finalement débloqué la recherche d'un accord mondial à l'OCDE en début d'année.

Les rencontres du G7 et du G20 Finances, en marge des réunions du FMI, ont permis de faire un point d'étape cette semaine à Washington.

« L'ambiance est apaisée », a assuré le commissaire européen Pierre Moscovici qui a rencontré M. Mnuchin. « Il y une volonté partagée qui a été clairement affirmée qu'il faut désormais avancer dans le cadre de l'OCDE », a-t-il ajouté.

Le FMI veut soutenir la croissance

Les responsables du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale ont conclu samedi leurs réunions printanières en espérant que le ralentissement amorcé l'an dernier se transformera en une croissance plus forte au second semestre de cette année et en 2020.

Dans son communiqué final, le FMI affirme qu'il « continuera d'atténuer les risques, d'accroître la résilience et, si nécessaire, d'agir rapidement afin de soutenir la croissance pour le bien de tous », pour faire en sorte que l'expansion se poursuive.

En conférence de presse, le président du Comité monétaire et financier international, Lesetja Kganyuago, a dit que chaque pays devait être prêt à s'attaquer aux problèmes de stabilité financière « avec tous les outils disponibles ».

De nombreux pays ont été secoués l'année dernière lorsque les marchés boursiers se sont effondrés. La situation n'a pu être renversée que lorsque les grandes banques centrales, dont la Réserve fédérale américaine, ont suspendu leurs efforts de resserrement de la politique de crédit.

Les responsables du G20 ont approuvé les prévisions du FMI publiées cette semaine. Le FMI prévoit que la croissance mondiale atteindra 3,3 % cette année, mais qu'elle reprendra de la vigueur pour atteindre 3,6 % en 2020.

L'ombre du différend entre les États-Unis et la Chine

Les responsables ont cependant averti qu'un différend commercial entre les États-Unis et la Chine risquait d'affaiblir les perspectives économiques.

Les deux plus grandes économies du monde ont imposé des droits de douane sur les marchandises s'élevant à 350 milliards de dollars.

Les autorités américaines accusent la Chine d'avoir recours à des tactiques prédatrices, notamment le vol en ligne et le fait de forcer des entreprises étrangères à divulguer des secrets commerciaux.

Steven Mnuchin a tenu une conférence de presse à ce sujet en marge des réunions du FMI.

Nous avons l'espoir de nous rapprocher de la dernière ronde de discussions pour trouver une conclusion aux problèmes.

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin

« Il est plus important de mener à bien [les négociations] que d'imposer une date arbitraire », a-t-il commenté.

Le secrétaire au Trésor a souligné que les deux parties avaient eu des discussions par téléphone cette semaine et en auront encore la semaine prochaine.

Les États-Unis et la Chine négocient âprement depuis le mois de janvier un accord commercial très large qui doit permettre de mettre fin à la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump.

Rapprochements avec Tokyo

Un éventuel accord commercial entre les États-Unis et le Japon comprendra un volet sur des restrictions contre la manipulation des monnaies, a indiqué samedi le secrétaire américain au Commerce, alors que des discussions bilatérales se tiendront lundi et mardi à Washington.

« Je pense que nous voudrons nous assurer que quel que soit l'accord commercial, il y ait des dispositions sur la monnaie, comme nous l'avons fait pour » l'accord de libre-échange avec le Canada et le Mexique, a déclaré Steven Mnuchin lors d'une conférence de presse.

En octobre, le secrétaire américain au commerce Robert Lighthizer avait notifié au Congrès que l'administration Trump avait l'intention de négocier « trois accords commerciaux séparés » avec le Japon, l'Union européenne et le Royaume-Uni [après le Brexit].

De premières négociations entre le représentant américain au Commerce et le ministre japonais de l'Économie, Toshimitsu Motegi, s'étaient déjà tenues en août 2018 aux États-Unis.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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