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L’éternelle quête de personnel francophone des camps d’été torontois

Des enfants jouent sous un grand chapiteau de tissu coloré.
Des enfants jouent dans un camp d'été. Photo: La Presse canadienne / John Hart
Xavier Savard-Fournier

La période des inscriptions pour les camps d'été francophones bat son plein dans la grande région de Toronto. Si la demande est grande de la part des parents et les enfants nombreux à être inscrits, c'est une tout autre chose pour trouver du personnel parlant français pour animer les enfants.

En fait, trouver un moniteur ou une monitrice francophone, c’est un peu comme chercher la bonne goutte d’eau dans l'océan, un gigantesque océan principalement anglophone. Un défi qu’il faut relever année après année.

C’est certain que c’est un défi dans un monde anglophone de trouver des moniteurs qualifiés et qui parlent un français approprié pour nos camps, avoue Martine Brouillet, la présidente et fondatrice du Camp Tournesol, qui compte une dizaine de camps dans le Grand Toronto.

Le plus grand défi, c’est de trouver leurs réseaux où ils cherchent des emplois. Nous, on met nos offres d’emplois un peu partout en ligne, ajoute Nadia Martins, directrice générale de l’Association des francophones de la région de York (AFRY) qui dirige trois camps d’été à Markham, Maple et Richmond Hill.

Pour remédier à cette situation, Mme Brouillet a depuis 18 ans créé des liens avec des programmes universitaires en éducation du français langue seconde pour être certaine de pourvoir ses postes annuellement.

Elle explique aussi avoir commencé à faire des campagnes agressives de publicités sur les réseaux sociaux et via Google. Et puisque les jeunes francophones en Ontario ne sont pas nécessairement dans les institutions francophones de la province, même au secondaire, son recrutement ratisse large en Ontario et au Québec.

À l’Alliance Française de Toronto, c’est surtout les recommandations des intervenants travaillant à l’année avec l’organisme qui permettent aux camps de faire le plein de moniteurs.

Il y a le bouche-à-oreille des personnes qui travaillent avec nous. Ça, ça doit constituer le trois-quarts de nos effectifs, affirme Christophe Plantiveau, directeur du marketing et des communications à l’Alliance Française.

Photo d'un garçon qui joue du xylophone.Des jeunes à l'un des camps d'été de l'Alliance française de Toronto Photo : Courtoisie de l'Alliance française de Toronto

Ouvrir la porte aux bilingues qualifiés

Dans les camps de l’Alliance Française, il y a deux types de campeurs, ceux qui vivent une première expérience dans la langue de Molière et ceux qui sont plus vieux et qui reviennent chaque été. Mais pour les moniteurs, un seul type est préconisé, les moniteurs ayant comme langue maternelle le français, qu’ils soient Belges, Français, Québécois ou Franco-Ontariens.

Selon M. Plantiveau, c’est grâce aux ententes que son organisme possède avec des groupes communautaires de l’Ontario et du Québec qu’il peut se permettre le luxe de n'avoir que des francophones.

Par contre, ce n’est pas possible pour tous.

Ce serait impossible pour nous de combler les positions si on avait un critère de langue maternelle, on ne serait pas en affaires.

Martine Brouillet, présidente et fondatrice Camp Tournesol

Il faut dire que le taux de roulement des moniteurs et monitrices n’est pas du tout le même au Camp Tournesol et à l’Alliance Française. Mme Brouillet doit trouver annuellement une quarantaine de nouveaux moniteurs pour combler ses besoins contre une douzaine pour les camps de l’Alliance.

Les jeunes avec des niveaux de français moins élevés sont donc envoyés avec des groupes d’immersion plus jeunes où le niveau de langage n’a pas à être élevé. Une méthode qu’applique également l’AFRY dans ses camps.

Des fois les jeunes qui n’ont pas le français comme première langue, mais qui maîtrisent très bien la langue, on ne s’en rend même pas compte, confirme Nadia Martins.

L’avantage aux employés

Mais une fois qu’on a trouvé la perle rare, encore faut-il pouvoir la conserver pour plus d’un été.

C’est aussi une question de rémunération. Les jeunes bilingues savent que c’est beaucoup plus facile pour eux de trouver un emploi.

Martine Brouillet, présidente et fondatrice Camp Tournesol

En plus de se faire la compétition entre eux, les camps de Toronto doivent donc également se battre contre des employeurs pouvant offrir aux jeunes des contrats mieux rémunérés et couvrant l’ensemble de leurs vacances, plutôt que de seulement deux mois comme dans la plupart des camps.

Ici encore, les stratégies varient.

À l’AFRY, des nouveaux postes ont été créés en graphisme ou en communication au sein de l’association pour permettre aux jeunes dans ces domaines d’avoir une expérience professionnelle rattachée à leurs études en plus de devenir responsable du camp, une fois l’été officiellement arrivé.

Le Camp Tournesol adopte aussi une tactique semblable en visant les jeunes issus des programmes d’éducation du français langue seconde des universités francophones et anglophones de la province.

Du côté de l’Alliance française, on préconise plutôt des gens ayant déjà de l’expérience et qui ont déjà travaillé dans des écoles francophones de la région. L'Alliance profite d’ailleurs de son réseau de moniteurs et de monitrices qui travaillent avec eux à l’année pour pourvoir ses postes estivaux, selon les dires de Christian Plantiveau.

Mais une fois que les postes sont comblés pour l'été, les regards se tournent déjà vers l’année suivante pour entamer l'éternelle quête des embauches de la prochaine saison.

Toronto

Francophonie