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Nouvelle-Écosse : la loi sur la biodiversité devra attendre

Une grappe de Monarques suspendus sur un conifère.
Une grappe de Monarques suspendus sur un conifère. Photo: iStockphoto/David Gomez
Radio-Canada

En Nouvelle-Écosse, une loi promise pour protéger les écosystèmes de la province ne sera pas adoptée comme prévu ce printemps. Le gouvernement dit avoir besoin de plus de temps pour rédiger sa loi sur la biodiversité, qui serait la première du genre au Canada.

Cette loi était l’un des engagements du gouvernement libéral de Stephen McNeil durant la campagne qui a mené à sa réélection en 2017. Le ministre des Terres et des Forêts, Iain Rankin, indique que les libéraux ont toujours l’intention de faire adopter cette loi au cours du présent mandat, mais a refusé vendredi de promettre que ce serait chose faite à la session d'automne de l'Assemblée législative.

Le ministre indique que des consultations plus approfondies sont nécessaires auprès des propriétaires fonciers et les groupes environnementaux.

L'industrie forestière accusée de faire pression

Raymond Plourde, du Centre d'action écologique, à Halifax, se dit étonné de cette annonce. Il accuse les acteurs de l'industrie forestière de travailler en coulisses pour faire obstacle à cette loi.

Il est inquiétant que cette loi soit bloquée à la dernière minute par l'industrie forestière, à leur bon vouloir, pour lui permettre de l’assouplir, présumément, ou de la bloquer complètement, a déclaré M. Plourde.

Le ministre Rankin répond que le gouvernement ne promet pas de modifier le projet de loi, mais qu'il s'engage seulement à tenir plus de discussions.

Pourquoi une loi sur la biodiversité?

Une loi sur la biodiversité doit venir compléter les lois actuelles sur la faune et les espèces menacées, afin de donner à la province de meilleurs outils pour protéger les habitats, les écosystèmes et les espèces indigènes de la Nouvelle-Écosse.

La province veut ainsi mieux protéger les animaux et les plantes avant qu’ils ne deviennent menacés.

Une telle législation donnerait aussi le pouvoir au gouvernement de créer rapidement des zones de protection de la biodiversité, lorsqu’une espèce atteint un seuil critique. Il pourra aussi émettre des ordonnances de protection empêchant l’importation, la vente ou la distribution d’espèces envahissantes qui ne sont pas incluses dans la réglementation existante, de façon à prévenir la destruction d’écosystèmes.

L’accent est présentement mis sur les terres de la Couronne, mais le gouvernement souhaite que la future loi s’applique aussi, un jour, aux terres privées de la Nouvelle-Écosse, riches en espèces et en écosystèmes uniques.

Le Centre d’action écologique, le plus grand groupe environnemental en Nouvelle-Écosse, souligne qu’une législation provinciale pour protéger la biodiversité est depuis longtemps nécessaire.

Un porte-parole de l’organisme indique que si une telle loi avait existé il y a deux décennies, elle aurait pu empêcher la prolifération du longicorne brun de l'épinette, un coléoptère envahissant et destructeur venant d’Europe détecté pour la première fois à Halifax en 1999, mais qui, selon Ressources naturelles Canada, s’est implanté en Nouvelle-Écosse vers 1990.

Avec les informations de La Presse canadienne et CBC

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