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L'avortement n'est plus un enjeu électoral à l'Île-du-Prince-Édouard

Des manifestants brandissent des pancartes pour l'accès à l'avortement, à Charlottetown.

Manifestation pour l'accès à l'avortement à Charlottetown

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

François Pierre Dufault

L'accès à l'avortement n'est pas un enjeu électoral à l'Île-du-Prince-Édouard pour la première fois depuis plus de 35 ans. Les chefs des quatre partis politiques de la province s'engagent tous à maintenir la clinique de santé reproductive établie en 2017.

Les chefs ont pris cet engagement lors d'un forum électoral sur les enjeux des femmes organisé par la Coalition pour les femmes au gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard et l'association étudiante du collège Holland, jeudi, à Charlottetown.

Un service d'interruption volontaire de grossesse est offert à la clinique de santé reproductive à l'hôpital du comté de Prince, à Summerside, depuis le 31 janvier 2017. C'était la première fois que le service était offert à l'île depuis le début des années 1980.

En 2016, des groupes de femmes pro-choix avaient intenté une poursuite judiciaire contre le gouvernement insulaire.

À peine un an plus tôt, la question de l'accès à l'avortement suscitait toujours le débat durant la dernière campagne électorale provinciale, se souvient Jane Ledwell, la directrice du Conseil consultatif sur le statut de la femme de l'Île-du-Prince-Édouard et modératrice de forum électoral sur les enjeux des femmes.

Beaucoup de personnes sont venues [au forum] pour entendre les engagements des chefs en matière de santé, et plus particulièrement de santé sexuelle. Ce sont des engagements très importants.

Jane Ledwell, directrice du Conseil consultatif sur le statut de la femme de l'Île-du-Prince-Édouard

Il y a quelques mois, la question de l'accès à l'avortement s'est aussi invitée dans la course à la direction du Parti progressiste-conservateur. Un des cinq candidats à la direction du parti, Kevin J. Arsenault, a fait campagne contre l'accès au service. Les militants du parti lui ont toutefois préféré Dennis King, un politicien pro-choix.

Lors du forum sur les enjeux des femmes, jeudi, des chefs de partis se sont engagés à offrir davantage de services de santé reproductive. Le chef libéral Wade MacLauchlan et le chef vert Peter Bevan-Baker ont promis d'offrir les services de sages-femmes, alors que le chef progressiste-conservateur Dennis King a promis de recruter un spécialiste de la fécondité.

Peter Bevan-Baker et le chef néo-démocrate Joe Byrne se sont engagés à mieux subventionner les organismes qui offrent des services aux victimes de violence sexuelle. Tous les chefs ont reconnu que l'accès à ces services demeure plus difficile pour les personnes non binaires et les femmes dont l'anglais n'est pas langue maternelle.

Jane Ledwell se dit encouragée par les engagements des chefs de partis. Mais elle précise qu'il y a encore beaucoup de travail à faire, notamment dans le domaine de la santé.

On a beaucoup à faire pour les personnes qui se présentent dans les hôpitaux après avoir subi une agression sexuelle. Aussi, il faut améliorer l'accès aux services de santé mentale et y apporter une plus grande sensibilité par rapport au genre.

Jane Ledwell, directrice du Conseil consultatif sur le statut de la femme de l'Île-du-Prince-Édouard

Dennis King et Peter Bevan-Baker se sont engagés à donner son indépendance à la nouvelle commissaire et défenseure des droits des enfants. Le premier ministre sortant Wade MacLauchlan a défendu sa décision de créer un poste qui n'est pas indépendant, affirmant que la titulaire du poste, Michele Dorsey, a tout de même les coudées franches pour bien faire son travail.

Peter Bevan-Baker et Joe Byrne ont aussi insisté sur l'importance de reconnaître les dommages causés aux femmes autochtones par les écoles résidentielles et des siècles de colonialisme. Dennis King s'est engagé à régler les différends autour d'une table plutôt que devant les tribunaux, tandis que Wade MacLauchlan a promis de continuer à travailler ensemble vers un objectif de réconciliation.

Une femme de dos tient une feuille de papier et d'adresse à quatre hommes et une femme assis sur une scène devant un rideau rouge.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les chefs des quatre partis politiques de l'Île-du-Prince-Édouard ont pris part à un forum électoral sur les enjeux des femmes, organisé par la Coalition pour les femmes au gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard et l'association étudiante du collège Holland.

Photo : CBC / Jessica Doria-Brown

Il a aussi été question lors du forum, jeudi, de la place des femmes en politique à l'Île-du-Prince-Édouard. À la dissolution de l'Assemblée législative, des femmes occupaient 5 des 27 sièges.

Les femmes sont toujours sous-représentées, a déclaré le chef vert Peter Bevan-Baker. Nous devons créer une nouvelle norme, a-t-il ajouté. Il est important, selon lui, de respecter la règle des élections à date fixe afin d'encourager plus de femmes à briguer les suffrages. Il dit que des femmes ayant des impératifs familiaux ou des emplois précaires ont dû renoncer à se présenter pour son parti en raison de l'imprévisibilité du déclenchement des élections.

Wade MacLauchlan a rappelé, pour sa part, qu'il avait dû devancer la date des élections provinciales à cause de tenue d'élections fédérales à l'automne.

Le nombre de candidates aux élections de 2019 à l'Île-du-Prince-Édouard est tout de même un peu plus élevé qu'en 2015. Elles sont 35 à briguer les suffrages cette année, contre 31 il y a quatre ans.

Les élections provinciales auront lieu le 23 avril.

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Photo : Radio-Canada

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Politique provinciale