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L’avez-vous vu? Des îles rétractables et des rats empathiques

Alain Labelle

Une ville flottante qui se rétracte en cas de tempête et un rongeur qui ressent la douleur des autres. Voici sept nouvelles que vous auriez pu manquer cette semaine.

1. La ville flottante de demain

Illustration du concept de ville flottante Oceanix.

Illustration du concept de ville flottante Oceanix

Photo : Oceanix

Un groupe d’ingénieurs, d’architectes et de constructeurs a présenté un concept de ville flottante abordable lors d’une discussion consacrée aux habitations du futur qui se déroulait cette semaine au siège social de l’ONU à New York.

La ville d’Oceanix serait constituée d’îles flottantes regroupées par grappes pour former un village de 1650 habitants, puis éventuellement un archipel de 10 000 habitants.

Illustration de la ville flottante Oceanix.

Illustration de la ville flottante Oceanix

Photo : Oceanix

L’idée est de construire des habitations constituées de matériaux durables et capables de résister à des phénomènes météorologiques extrêmes et à l'élévation du niveau de la mer. Le îles flottantes pourraient même être rétractables en cas d'urgence météo.

Le projet Oceanix.

Le projet Oceanix

Photo : Oceanix

Elle serait, selon ses idéateurs, parfaite pour accueillir des « réfugiés climatiques » dont le nombre explosera dans les prochaines décennies.

D’autres projets futuristes précédents avaient été jugés trop chers, mais celui-ci séduit en raison de sa conception ancrée dans ses objectifs de développement durable.

Vue sous-marine du projet Oceanix.

Vue sous-marine du projet Oceanix

Photo : Oceanix

L'agriculture communautaire est au cœur de chaque plateforme, permettant aux résidents d'adopter une culture de partage et le principe du zéro déchet.

En outre, les concepteurs affirment qu’Oceanix est conçu pour grandir et se transformer au fil du temps.


2. Des clitoris comme ceux des humaines, mais mieux placés

Gros plan sur la tête d'un dauphin.

Gros plan sur la tête d'un dauphin.

Photo : iStock / Andrea Izzotti

« Morphologie fonctionnelle du clitoris du dauphin ». C’est le titre d’une recherche publiée récemment par les biologistes américains Dara Orbach et Patricia Brennan, de véritables Master & Johnson de la sexualité « dauphine ».

Le duo y affirme que la structure du clitoris de la femelle dauphin est étonnamment similaire à celle du clitoris des humaines. Mais qu'il est mieux placé!

L’organe est constitué d’un réseau nerveux, de tissus érectiles et d’une forte densité de vaisseaux sanguins.

Il est situé directement à l'entrée du vagin et serait, selon les chercheurs, facilement stimulé pendant la pénétration, à la différence de la position externe du clitoris chez les humaines.

Selon eux, cette réalité physique pourrait permettre une meilleure sensation de plaisir à ces mammifères marins qui copulent durant toute l’année, même lorsque les femelles ne peuvent concevoir.

Reste qu’il faut le mentionner : il n’existe actuellement aucune preuve qui permet de déterminer si les dauphins femelles ont du plaisir lors de leurs expériences sexuelles.


3. Une solution pour remplacer le plastique?

Des fruits et légumes enveloppés de plastique.

Des fruits et légumes enveloppés de plastique.

Photo : iStock

Remplacer le plastique dans nos vies, et particulièrement dans l'industrie alimentaire, devient un besoin urgent alors que ses ravages sur l’environnement sont de plus en plus observés partout dans le monde.

Des scientifiques de l’Université de l’Ohio pensent avoir créé un matériau sans danger pour la nature qui remplit les exigences techniques de cette industrie.

Il faut savoir que la mise au point d’un substitut biodégradable aux produits pétroliers doit répondre à toutes sortes de normes. Jusqu'à présent, les tentatives de remplacement du plastique à partir de sources renouvelables ont connu un succès plutôt mitigé en raison, entre autres, de contraintes économiques, mais aussi parce qu’elles étaient jugées trop fragiles pour les emballages alimentaires.

C’était avant les travaux de Xiaoying Zhao et ses collègues qui ont montré qu'en combinant un caoutchouc naturel avec un bioplastique d'une façon inédite, il est possible de remplacer le plastique par un matériau beaucoup plus résistant.

D’une grande flexibilité, mais sans perdre de solidité, le nouveau matériau serait idéal pour créer des films plastiques couramment utilisés pour emballer les aliments frais ou des produits congelés.


4. Les voitures volantes, oui, mais non!

Illustration d'une voiture volante au-dessus d'une autoroute.

Illustration d'une voiture volante au-dessus d'une autoroute.

Photo : Université du Michigan/Dave Brenner

Dans le générique d’ouverture du dessin animé américain Les Jetson, le père de famille transforme la voiture familiale en petite valise à la fin de son trajet vers le travail.

Comme nous le rapportons régulièrement dans L’avez-vous vu?, plusieurs entreprises à travers le monde développent actuellement des prototypes d’aéronef combinant les décollages et atterrissages verticaux (ADAV) des hélicoptères au vol aérodynamique des avions.

Or, sur de petites distances, ce rêve des humains de se déplacer en ADAV ne serait pas viable pour l’environnement, montre la première évaluation complète de ce type de transport réalisée par des chercheurs américains.

Dans leurs travaux, ces derniers ont analysé la consommation d'énergie, les émissions de gaz à effet de serre et les gains de temps des ADAV par rapport aux voitures.

Si les ADAV consomment beaucoup d'énergie au décollage et en montée, ils sont relativement efficaces pendant la phase de croisière. Conséquemment, ce moyen de transport est plus écoénergétique sur les longs trajets.

Par exemple, lors d’un déplacement de 100 kilomètres, un ADAV pleinement chargé transportant un pilote et trois passagers émet moins de gaz à effet de serre que les voitures au sol, avec une occupation moyenne de 1,54 véhicule.

Toutefois, pour des escapades de moins de 35 km, les véhicules à moteur à combustion interne à occupant unique consomment moins d'énergie et produisent moins d'émissions de gaz à effet de serre que les ADAV à occupant unique.

Il s'agit là d'une considération importante, puisque le trajet moyen d’une automobile n'est actuellement que d'environ 17 kilomètres.


5. Un nouvel état de la matière

Représentation artistique d'un atome.

Représentation artistique d'un atome. Un électron est une particule élémentaire chargée négativement stable qui est l'une des composantes fondamentales de l'atome.

Photo : iStock / EzumeImages

Nous l’apprenons dès l’école primaire. La matière physique peut exister sous trois formes : solide, liquide ou gazeuse.

Or, des physiciens écossais ont découvert un nouvel état de la matière dans lequel des atomes de potassium, soumis à une température et à une pression extrêmes, se structurent en un réseau complexe et se présentent sous forme solide et liquide.

Dans leur expérience, les scientifiques ont montré, qu’entre 20 000 et 40 000 fois la pression atmosphérique et entre 126 et 526 degrés, l’atome entre dans un état qualifié de « chaîne fondue » où il apparaît dissous en liquide, mais reste en même temps solide.

Cette matière pourrait ressembler à une éponge remplie d’eau elle-même composée d’eau.

Cet état inhabituel du potassium existerait peut-être dans le manteau terrestre. Des simulations similaires menées à l’aide d’intelligence artificielle pourraient aider à étudier le comportement d'autres minéraux dans des environnements aussi extrêmes.

Les chercheurs pensent que, dans les bonnes conditions, plus d'une demi-douzaine d'éléments (dont le sodium) pourraient exister dans cet état nouvellement observé.


6. Les écrans nuisent-ils vraiment au bien-être des adolescents?

Une jeune fille consulte sa tablette avant de dormir.

Une jeune fille consulte sa tablette avant de dormir.

Photo : iStock / Andrew Bu

Plusieurs études tendent à montrer que passer du temps en ligne ou à regarder la télévision, surtout avant de se coucher, peut nuire à la santé mentale des jeunes.

Or, une récente étude menée auprès de plus de 17 000 adolescents par des chercheurs de l’Université Oxford n’a pas montré de lien clair entre le temps passé devant un écran et le bien-être des adolescents. Même avant de dormir.

Le Pr Andrew Przybylski et ses collègues expliquent que leurs résultats montrent que le temps total passé devant un écran quotidiennement par les adolescents a peu d'impact sur leur santé mentale, les fins de semaine comme les jours de semaine.

En outre, l'utilisation d'écrans numériques 2 heures, 1 heure ou 30 minutes avant le coucher n'a pas été associée à une diminution du bien-être des adolescents.

Les chercheurs affirment avoir utilisé une méthodologie rigoureuse pour recueillir le temps qu'un adolescent passe chaque jour sur les écrans.


7. Le rat est capable d’empathie

Gros plan sur la tête d'un jeune rat.

Gros plan sur la tête d'un jeune rat.

Photo : iStock

Des études chez l’humain ont montré que le cortex cingulaire du cerveau s’active lorsqu’une personne ressent une douleur, et que la même région s’active également lorsqu’elle en voit une autre souffrir.

Des chercheurs néerlandais ont voulu savoir si le phénomène était le même chez le rat. Ils ont ainsi constaté que le cerveau du rongeur active aussi les mêmes cellules lorsqu’il ressent la douleur et lorsqu’il l’observe chez ses congénères.

Ils ont ainsi découvert que ce sont les mêmes régions cérébrales qui sont impliquées dans l’empathie chez les deux espèces.

Mais ils ont surtout montré que lorsque ces « neurones miroirs » sont désactivés, les rats ne partagent plus la douleur des autres.

Plusieurs troubles psychiatriques se caractérisent par un manque d'empathie, notamment la psychopathie.

« Le fait d’avoir identifié la base neurale à l’origine du partage des émotions, et être capable de modifier la mesure dans laquelle un animal partage les émotions des autres, est une étape passionnante pour comprendre l'empathie et ces troubles », explique le Pr Christian Keysers de l’Institut néerlandais de neuroscience.

Ces travaux montrent aussi que l'empathie, la capacité de ressentir les émotions des autres, est profondément enracinée dans notre évolution et que nous en partageons les mécanismes fondamentaux avec des animaux comme… les rats.


Science