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Elle se remet au piano grâce à une opération chirurgicale révolutionnaire

Un homme en costume portant des lunettes et une jeune femme avec un chandail blanc.

Lillian Moore, 16 ans, en compagnie du neurochirurgien pédiatrique Demitre Serletis.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

Radio-Canada

Des interventions chirurgicales révolutionnaires et un neuromicroscope à la fine pointe de la technologie ont permis à une équipe chirurgicale de l'Hôpital pour enfants de Winnipeg de ramener la musique dans la vie d'une adolescente talentueuse.

Lillian Moore, 16 ans, originaire de Kenora, en Ontario, savait que quelque chose n'allait pas, il y a quelques années, lorsqu'elle a commencé à avoir des crises. Mais elle admet que sa famille, y compris son père, qui est médecin, et elle ont nié l’évidence.

La jeune pianiste raconte que ses crises étaient précédées d'une aura.

« Je le savais une minute avant que cela se produise. C'est pourquoi j'étais capable, entre les cours, de me rendre en vitesse dans les toilettes et de m'asseoir par terre et d’attendre que mes crises passent, parce que je savais qu’elles allaient arriver », poursuit Lillian Moore.

Cependant, elle n'a pas pu cacher longtemps ses souffrances. Les crises sont devenues plus fréquentes et plus graves. Pendant des vacances, les membres de sa famille ont été témoins d'une de ses crises d'épilepsie et ont appelé le 911. Ont alors commencé des rendez-vous avec des spécialistes et la prise de médicaments pour Lillian, qui se demandait si sa vie redeviendrait normale un jour.

« Je savais que je devais subir une intervention chirurgicale pour que cela ne m'arrive plus jamais », dit-elle.

L'année dernière, elle a été mise en contact avec une équipe de l'Hôpital pour enfants dirigée par Demitre Serletis, un neurochirurgien pédiatrique.

Le moment n'aurait pas pu être plus propice, selon l'adolescente.

La Fondation de l’Hôpital pour enfants du Manitoba a récemment acheté un microscope neurologique Zeiss Kinevo 900, devenant le premier établissement de soins de santé pédiatrique au Canada et le deuxième en Amérique du Nord à en posséder un, a indiqué l’hôpital.

Le Dr Serletis appelle cet instrument, d’une valeur de 1 million de dollars, la Ferrari des microscopes.

Les optiques sont tellement plus nettes. On peut visualiser en trois dimensions. On peut utiliser des lunettes 3D sur un grand écran de télévision accroché au mur, ce qui améliore considérablement la visualisation. L'instrument est entièrement automatisé et robotisé, de sorte que tout se fait essentiellement sur pilote automatique, actionné par un embout buccal ou une pédale.

docteur Demitre Serletis, neurochirurgien pédiatrique

« Ainsi, les mains restent dans le champ opératoire et n'en sortent jamais, ce qui rend les choses plus sûres, plus rapides et plus efficaces », affirme le médecin.

Le microscope permet aux chirurgiens d’observer les tumeurs du cerveau en utilisant des colorants fluorescents sous une lumière jaune ou bleue. La tumeur rougeoie dans le tissu cérébral normal, ce qui n’était pas possible auparavant.

On a diagnostiqué une lésion vasculaire chez Lillian Moore. Au fil des ans, les saignements ont irrité le cerveau et les réseaux environnants, provoquant des crises convulsives. Le cas de Lillian Moore était particulièrement complexe, dit le Dr Serletis, car la lésion se situait au sein des réseaux qui lui permettent de jouer du piano.

« Ainsi, lorsqu'on a effectué les tests d'imagerie au préalable, on lui a demandé de jouer sur un clavier dans l'appareil d'imagerie par résonance magnétique nucléaire, afin de pouvoir définir les réseaux liés à la musique », poursuit le chercheur.

« Ensuite, en utilisant cette technique associée à la mise en place d'électrodes sur le cerveau au moment de l'opération, on a enregistré les crises épileptiques au moment où elles se produisent. On a pu enlever la lésion en toute sécurité avec le microscope Kinevo. »

Une jeune fille pose dans une chambre d'hôpital.

«Je suis revenue à la normale et c'est tellement spécial», a déclaré Lillian Moore, 16 ans, après sa neurochirurgie à l'Hôpital pour enfants de Winnipeg.

Photo : Photo fournie par l'Hôpital pour enfants de Winnipeg

Le docteur Serletis s’attendait à ce que Lillian Moore n’ait plus de crises et presque un an plus tard, c’est le cas.

« Elle est dans sa première année de rémission, a-t-il indiqué. Je pense qu’il faut attendre cinq ans avant de dire qu’elle n'aura plus de crises d'épilepsie. Mais pour l’instant, c'est l'intervalle le plus long pendant lequel elle n’a pas eu de crises à l'heure actuelle. »

De son côté, Lillian Moore, a repris le piano. Quant au microscope Kinevo, il est utilisé depuis environ un an et continue de jouer un rôle déterminant dans les soins chirurgicaux permettant de sauver des vies. Cinquante enfants et quelques adultes ont été opérés avec ce nouvel équipement de haute technologie.

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