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Dons aux partis politiques : des gens d’affaires prennent la relève de leur entreprise

Jim Irving donne une conférence de presse

Jim Irving, coprésident de J. D. Irving, fait partie des gens d’affaires jouant un rôle prépondérant au Nouveau-Brunswick qui font plus de dons à titre personnel aux partis politiques depuis l’adoption de la loi qui interdit cette pratique aux entreprises.

Photo : CBC

Radio-Canada

Les dons de gens d'affaires aux partis politiques augmentent au Nouveau-Brunswick depuis l'adoption de la loi interdisant cette pratique aux entreprises.

Il n’est guère étonnant de voir de tels dons provenant de cadres d’entreprises, estime un cofondateur de l’organisme Démocratie en surveillance, Duff Conacher. Il dit que les règles en vigueur dans la province n’empêchent pas les grandes entreprises de financer les partis politiques de cette façon.

Tous les partis à l’Assemblée législative ont jugé en 2017 qu’il serait préférable pour le public si les entreprises et les syndicats qui espèrent influencer les élus ne peuvent plus financer les partis.

Seuls les dons faits à titre individuel sont permis depuis juin 2017.

Les documents remis par les partis politiques à Élections NB et qui portent sur la première moitié de 2018 démontrent que les entreprises ont cessé de faire des dons, mais que des gens liés à des entreprises en font considérablement plus.

Plus d’argent de la famille Oland

La brasserie Moosehead avait donné au total 8250 $ au Parti libéral et au Parti progressiste-conservateur en 2017, avant l’entrée en vigueur de la loi interdisant les dons d’entreprises. Mais les dons de membres de la famille Oland, propriétaire de la brasserie, ont surpassé ce montant.

Le président de Moosehead, Andrew Oland, son frère Patrick, directeur des finances, et leur père Derek, président exécutif, ont donné au total 12 100 $, soit 5200 $ au Parti libéral et 6900 $ au Parti progressiste-conservateur, durant la première moitié de 2018. Le total est six fois plus élevé que les dons qu’ils ont faits à titre individuel en 2017.

Andrew Oland devant des cuves dans la brasserie

Andrew Oland, président de la brasserie Moosehead, et d'autres membres de sa famille, font plus de dons aux partis politiques à titre individuel.

Photo : CBC

Andrew Oland et Patrick Oland n’ont pas répondu aux demandes de CBC au sujet de leurs dons.

Les dons de cette importance faits par des personnes sont permis au Nouveau-Brunswick dans la mesure où l’argent provient réellement d’elles.

Le personnel-cadre peut faire des dons qui remplacent ceux que leur entreprise faisait auparavant si cette dernière ne fournit pas ces fonds ou ne rembourse pas les dons, explique la directrice générale des élections au Nouveau-Brunswick, Kim Poffenroth.

Plus d’argent de la famille Irving

L’entreprise Irving avait donné 10 264 aux partis politiques en 2017 (5320 $ au Parti libéral et 4944 $ au Parti progressiste-conservateur).

Le président de l’entreprise, Jim Irving, et quatre autres membres de sa famille, Robert, Mary-Jean, Judith et Carolyn Irving, ont donné au total 15 400 $ en 2018 (10 000 $ au Parti libéral et 5400 $ au Parti progressiste-conservateur).

Mary-Jean Irving en entrevue dans une usine

Mary-Jean Irving et quatre autres membres de sa famille ont fait des dons à des partis politiques du Nouveau-Brunswick à titre individuels en 2018.

Photo : CBC

Trois d’entre eux n’avaient fait aucun don aux partis politiques l’année précédente. Robert et Jim Irving avaient donné pour leur part 3605 $ au total aux deux partis politiques.

Les dons faits à titre personnel ne sont pas organisés ou payés par l’entreprise J. D. Irving, assure la porte-parole, Mary Keith. L’entreprise ne fait aucun autre commentaire à ce sujet.

Une limite qualifiée d'antidémocratique

Même si tout le monde respecte les règles, les dons provenant de cadres et de membres de leur famille réduisent peu l’influence de leur entreprise en politique, selon Duff Conacher.

Duff Conacher croit que la limite actuelle des dons au Nouveau-Brunswick, établie à 3000 $ par personne par parti politique, doit être réduite. Cette somme est beaucoup plus élevée que celle que les autres citoyens peuvent donner en moyenne, dit-il. M. Conacher qualifie cette limite d’antidémocratique parce qu’elle permet aux gens fortunés d’influencer les partis politiques et les élus.

Duff Conacher, en entrevue, tient un document en mains

La loi de 2017 n'a pas empêché les entrepreneurs fortunés d'influencer les partis politiques et les élus, estime le cofondateur de l’organisme Démocratie en surveillance, Duff Conacher.

Photo : CBC/David Richard

Les documents soumis à Élections NB montrent qu’un bon nombre de cadres d’autres entreprises donnent aussi plus d’argent aux partis politiques à titre individuel ou ont tout juste commencé à en faire.

L’étendue exacte de cette pratique ne sera connue qu’au moment où les données pour la seconde moitié de 2018 seront rendues publiques.

Avec les renseignements de Robert Jones, de CBC

Nouveau-Brunswick

Politique provinciale