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Des salles d'opération fermées faute d'infirmières à Sainte-Justine

Une salle d'opération où l'on peut voir une table, des supports à instruments chirurgicaux et des écrans, notamment.
Faute d'infirmières spécialisées, des salles d'opération ont dû être fermées à Sainte-Justine. Photo: Radio-Canada
Davide Gentile

Au moins deux des neuf salles d'opération du Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine ont dû cesser leurs activités, en raison d'un manque d'infirmières spécialisées. L'une de ces salles aurait repris ses activités. Mais on est encore loin des 11 salles que le prestigieux hôpital souhaite faire fonctionner.

Le problème est lié à la pénurie d'infirmières, qui provoque, selon le CHU Sainte-Justine, un véritable maraudage pour recruter les meilleurs éléments. Une course dans laquelle les hôpitaux montréalais sont, semble-t-il, désavantagés.

Une vague de départs survenue à la fin 2018 a entraîné ce problème. « Ça frappe plus solidement dans un établissement comme le nôtre, parce que la formation des infirmières prend plus de temps », explique le Dr Marc Girard, directeur des services professionnels au CHU Sainte-Justine.

Selon lui, deux des neuf salles actuelles ont bien été fermées en raison d’un manque d'infirmières.

La présidente du Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardiorespiratoires du CHU Sainte-Justine, Sophie Leclair, fait toutefois une autre évaluation de la situation. « On a même diminué à cinq salles par jour, dit-elle. Naturellement, les salles d'opération poursuivent le travail en soirée et les infirmières ne savent jamais quand elles terminent. »

Deux sources confidentielles du corps médical vont dans le même sens, mais la direction martèle que ce n'est pas le cas.

Une chose est sûre, on est loin des 11 salles que le CHU Sainte-Justine prévoit faire fonctionner. « Ça prendra sûrement encore presque un an, parce qu'il faut avoir nos infirmières pour être dans les salles d'opération », admet Marc Girard.

L'établissement affirme qu'aucune opération majeure n'a dû être annulée. « La preuve, c'est que notre volume de chirurgies a été le même que l'année précédente pour la période qui s'est terminée fin mars », précise le Dr Girard.

Mais deux sources médicales consultées par Radio-Canada estiment que le déplacement de cas d'orthopédie n'est pas anodin. Ces sources, comme le syndicat des infirmières, affirment que Sainte-Justine a dû refuser des transferts venant d'hôpitaux régionaux moins spécialisés.

« Ç’a été le cas pour les chirurgies cardiaques pendant au moins un week-end », affirme Sophie Leclair.

Faux, répond la direction du CHU Sainte-Justine. « Tous les transferts sont accueillis, mais si un patient n'a pas besoin d'un centre tertiaire universitaire, il peut être réorienté vers un autre hôpital », rétorque le Dr Girard.

Recrutement difficile

Mais la direction admet qu'on veut augmenter de 20 % les effectifs au bloc opératoire, une tâche qui s'annonce difficile. « Il y a du maraudage entre les établissements de la région pour ce personnel », constate le Dr Girard. Une réalité confirmée par plusieurs sources dans deux autres hôpitaux de l'île de Montréal.

À ce jeu, la métropole semble nettement désavantagée par rapport à la banlieue. « Les infirmières qui veulent avoir des enfants se rapprochent souvent de leur lieu de résidence, qui est plus souvent dans le 450 », dit Marc Girard.

Là-dessus, le syndicat partage la même analyse que la direction. « On se dit pourquoi je ferais une heure de voiture pour finalement me stationner dans un banc de neige, si, en plus, mes journées au travail sont de plus en plus difficiles », relate Mme Leclair.

Sainte-Justine recrute chaque année un nombre important d'infirmières, mais c'est la rétention de ces professionnelles qui pose problème.

L'établissement a d'ailleurs projeté de recruter une cinquantaine d'infirmières françaises cette année. Ces infirmières sont réputées pour leur sang-froid et elles reçoivent, dans l'Hexagone, des formations spécialisées en pédiatrie.

Le manque de personnel commence à peser lourd au CHU Sainte-Justine. « Les patients et leurs familles sont de plus en plus impatients avec le personnel », affirme une source médicale. Une situation qui pourrait éventuellement compliquer la tâche de recrutement, déjà complexe, du célèbre hôpital.

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