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La dépression post-course, le vide après l’euphorie

Une athtlète pose la tête sur ses genoux.

Certains coureurs ressentent un vide après une course de longue distance.

Photo : iStock / Dirima

Hélène Bardeau

Dimanche, la course mythique Sun Run va être lancée dans les rues de Vancouver, et le 5 mai, ce sera au tour du marathon BMO. Une foule de coureurs sera sur les lignes de départ pour arriver au bout des nombreux kilomètres, mais une fois l'adrénaline retombée, la chute est parfois rude.

Courir est, au fond, assez simple. Il faut mettre un pied devant l'autre et recommencer... Des milliers de fois, le plus rapidement possible sur une distance précise. Dans cette pratique sportive, chaque kilomètre compte, d'autant plus sur les longues distances.

Beaucoup de coureurs modifient leurs habitudes de vie, mais aussi leur alimentation pendant des semaines, des mois, voire des années avant le grand jour. Et après la course, c’est fini. Mais quand l’objectif est atteint, lorsque tout revient à la normale, que se passe-t-il ensuite?

Deux coureurs les bras levés terminent un marathon à Vancouver avec une foule d'athlètes autour.

Des coureurs terminent un marathon à Vancouver

Photo : BMO Vancouver Marathon/RUN VAN

Nombreux sont les sportifs amateurs et professionnels qui parlent d’un vide ressenti une fois le but ultime touché. Lorsque s'y ajoutent une fatigue physique et un organisme qui a épuisé une partie de ses ressources, la sensation de dépression peut s’installer progressivement.

Une fois que l’événement est passé, ces personnes se retrouvent face à un vide autant au niveau de leur agenda qu'au niveau de leur énergie et il va être difficile pour elles de trouver un sens à leur nouvelle structure de vie.

Marie-France Tremblay, psychologue sportive

L'euphorie du coureur

La psychologue Marie-France Tremblay dit qu’il est normal de ressentir une baisse de moral les premières semaines après une course sur longue distance, mais qu'il ne faut pas sous-estimer certains symptômes s’ils persistent. « Ne plus vouloir s'entraîner, ne plus être motivé, ne plus avoir d’énergie, il faut se poser des questions », explique-t-elle.

Mme Temblay précise que cette dépression ne touche pas tous les coureurs.

Coureuse chevronnée depuis de nombreuses années, Mariève Legrand confie ne jamais avoir « ressenti une énorme dépression » après un marathon, mais elle le confirme : « Un down arrive. »

Plusieurs études scientifiques démontrent que le sport ou l’activité physique permet le relâchement de substances chimiques, tel que l’endorphine. Ce neurotransmetteur possède des propriétés analgésiques équivalentes à celles que procure la morphine.

Une fois sécrétée, cette hormone crée une sensation de bien-être, qui se fait ressentir dans tout le corps. Les sports d’endurance, comme la course, sont beaucoup plus endorphinogènes que les sports en puissance.

On a cet afflux d’endorphine qui nous donne un high extraordinaire et ça explique pourquoi il y a un bas qui se fait ressentir après, car notre corps devient dépendant.

Mariève Legrand, coureuse et ergothérapeute à Vancouver
Course à pied sur un sentier dans un parc

Course à pied

Photo : Radio-Canada

La vie continue après la course

Après avoir célébré leur succès personnel, certains coureurs vont reprendre une vie moins structurée en mettant un terme à leurs entraînements, en mangeant davantage ou bien en dormant plus. Pour la psychologue sportive Marie-France Tremblay, il est essentiel d’organiser ce qu’elle appelle « l’après-course » afin que le corps récupère plus facilement après les efforts qu'il a fournis.

Les deux semaines qui suivent, ça vaut la peine de les planifier.

Marie-France Tremblay, psychologue sportive

Mariève Legrand est bien consciente que son corps sera endolori une fois la ligne d’arrivée franchie, mais aussi que le sentiment d’euphorie ressenti tout au long de sa performance ne va pas durer.

« Une fois qu’on a un objectif fixé, je sais aussi que ce n’est pas une finalité et ça m’aide à me préparer au fait que la vie continue après la course », affirme-t-elle.

En plus de sa préparation physique, elle procède à un entraînement mental qui passe par beaucoup de visualisation de parcours, le but étant d’anticiper les réactions de son corps face aux situations qui vont arriver durant la course, pour « ne pas tomber de haut après la course ».

Il y a des hauts et des bas dans une vie de coureur et Mme Legrand, qui s’occupe également du programme d'entraînement du Seek The Peak, à Grouse Mountain, faire profiter de son expérience les personnes qui se lancent dans cette discipline. « Avant la course, j’ai une grosse discussion avec eux et je leur dis que ça [la baisse de moral] va être normal. »

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