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Le NPD veut séduire les agriculteurs québécois

Un homme avec un turban jaune est photographié plan épaule sur fond bleu.
Jagmeet Singh Photo: The Canadian Press / DARRYL DYCK
Louis Blouin

Jagmeet Singh défriche le terrain électoral. Pour lancer sa stratégie québécoise, le chef du NPD s'adresse aux producteurs agricoles et promet de mieux les dédommager pour les récents traités commerciaux signés par le Canada.

C'est au coeur d'une circonscription rurale, Saint-Hyacinthe–Bagot, que le NPD dévoilera vendredi matin un pan de son offre spécifique pour le Québec en vue des prochaines élections. C'est le siège de la députée Brigitte Sansoucy, l'un de ceux que le parti devra défendre férocement dans la province en octobre.

Jagmeet Singh tente à tout prix de maintenir ses racines dans la province. Vendredi, il se présentera comme un défenseur de la gestion de l'offre et un allié des producteurs laitiers, d'oeufs et des éleveurs de volaille.

Le NPD est du bord du Québec.

Jagmeet Singh, chef du NPD.

« C'est fini, le temps des sacrifices sur le dos de nos producteurs sous gestion de l'offre », a affirmé M. Singh.

Pas de nouvelles brèches

S'il est élu, le NPD promet de ne plus ouvrir de brèches supplémentaires dans le système de la gestion de l'offre dans les futurs accords commerciaux du Canada. Coup sur coup, le Canada a sacrifié des parts de marchés aux pays étrangers dans les accords de libre-échange avec l'Europe (AECG), le Partenariat transpacifique (PTPGP) et le nouveau traité commercial nord-américain (ACEUM).

L'industrie laitière canadienne évalue que ces trois accords pourraient engendrer des pertes de revenus pouvant atteindre 800 millions de dollars annuellement.

Le NPD veut éviter que les agriculteurs soient de nouveau utilisés comme monnaie d'échange. Dans les années à venir, des négociations de libre-échange pourraient avoir lieu avec le Royaume-Uni advenant son éventuelle sortie de l'Union européenne ou avec le regroupement des pays du MERCOSUR, en Amérique du Sud.

Des vaches qui se nourrissent. Des vaches de la ferme laitière Geranik en Ontario. Photo : Radio-Canada / Christine Tremblay

Dédommagements à long terme

Sans avancer de chiffre précis, la formation de gauche s'engage aussi à dédommager « pleinement et à long terme » les producteurs des pertes occasionnées par les trois derniers accords commerciaux signés. L'aide de 3,9 milliards promise par les libéraux dans le dernier budget est jugée inadéquate.

« Le programme d'investissement lié à l'AECG était une vraie farce et le montant proposé dans le budget 2019 est insuffisant », affirme Jagmeet Singh.

Le chef veut aussi garantir une meilleure réciprocité des normes entre les signataires d'ententes commerciales pour que les producteurs canadiens compétitionnent à armes égales avec ceux des autres pays.

Stratégique, le Québec

Si le NPD souhaite conserver ses 15 sièges au Québec, il devra se faire remarquer. Les sondages ne sont pas encourageants pour cette formation politique, dont le financement n'atteint pas les résultats souhaités. Tous les autres partis semblent bien décidés à faire des gains en territoire orange.

La nomination d'Alexandre Boulerice, une figure connue, comme chef adjoint du parti vise à cultiver la relation avec l'électorat québécois. La formation annoncera une série d'engagements spécifiques au Québec d'ici la fête nationale, le 24 juin.

M. Boulerice a indiqué qu'il misera sur un programme vert pour interpeller les citoyens de la province. Le NPD a notamment promis, en février, de bannir les plastiques à usage unique d'ici trois ans.

Louis Blouin est correspondant parlementaire à Ottawa

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