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Pierre Arcand dit « s'être mal exprimé » au sujet du maire de Hampstead et s'excuse

Pierre Arcand en train de parler avec véhémence à l'Assemblée nationale du Québec.

Pierre Arcand plaide maintenant pour un « dialogue civilisé et modéré ».

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Le chef de l'opposition officielle, Pierre Arcand, est revenu jeudi sur sa déclaration voulant que la sortie controversée du maire de Hampstead était une conséquence des projets de loi et des politiques du gouvernement Legault qui « divisent les Québécois ». Accusé par le premier ministre de cautionner ainsi les propos du maire William Steinberg, M. Arcand s'excuse et dit s'être mal exprimé.

Mercredi, M. Arcand avait aussi affirmé que ce que fait « la CAQ au Québec de façon générale incite à ce genre d'excès ».

Rectifiant le tir jeudi, Pierre Arcand a affirmé que les propos de William Steinberg, qui avait assimilé le 5 avril dernier le projet de loi 21 sur la laïcité de l'État à une forme de « nettoyage ethnique », sont inacceptables et que rien ne peut les excuser.

« Il n'y a aucun parallèle à faire entre ces propos et le projet de loi sur la laïcité, a dit M. Arcand. Je m’excuse si mes propos d’hier ont pu donner cette impression. Je me suis mal exprimé. »

Le chef de l'opposition officielle rappelle qu'il avait non seulement décrié les propos du maire, mais qu'il l'avait invité à réfléchir sérieusement à son avenir politique. « Si nous souhaitons avoir un débat posé et calme sur le projet de loi 21, il faut éviter de polariser le débat », a-t-il précisé.

François Legault piqué au vif

Lors d'une mêlée de presse, jeudi matin, le premier ministre Legault avait accusé Pierre Arcand de « cautionner » les propos de William Steinberg, que l'ensemble de la classe politique a condamnés.

« Le chef du Parti libéral cautionne ces propos en disant que c'est nous, le gouvernement, qui incitons à ce genre de propos », a soutenu M. Legault.

« Je ne tolérerai pas que M. Arcand et le Parti libéral cautionnent des propos où on laisse entendre que les Québécois seraient racistes », a-t-il ajouté, visiblement contrarié, qualifiant les déclarations de son rival libéral de « troublantes » et de « déplacées ».

En Chambre, le premier ministre en a rajouté une couche, cherchant à en découdre avec son rival de l'opposition officielle à ce propos.

En réponse à une question de M. Arcand sur les investissements privés effectués au Québec depuis l'élection de son gouvernement, M. Legault a répliqué en réaffirmant qu'il ne tolérerait pas que M. Arcand « accuse les Québécois d'être racistes ».

Calme et sérénité

En entrevue téléphonique jeudi, M. Arcand a tenu à rétablir les faits, invitant le premier ministre à faire preuve dans ce dossier délicat de « calme et de sérénité ».

Il a à son tour qualifié la sortie de M. Legault à son sujet de « clairement exagérée », sans toutefois vouloir jeter de l'huile sur le feu et se livrer à une escalade de mots peu flatteurs.

« Si on commence à chaque manchette à se garrocher de la boue, on n'en sortira pas », a-t-il commenté, plaidant en faveur d'un « dialogue civilisé et modéré ».

Jeudi, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) a ajouté sa voix au concert de critiques envers le maire de Hampstead, lui réclamant des excuses publiques.

Le projet de loi 21 vise en fait à interdire à certaines catégories d'employés de l'État de porter des signes religieux dans l'exercice de leurs fonctions : notamment, les enseignants du primaire et du secondaire du secteur public et les directeurs d'école, de même que le personnel ayant un pouvoir coercitif (policiers, gardiens de prison, procureurs et juges).

Vers un bâillon?

En vain, les libéraux ont tenté par ailleurs d'obtenir du gouvernement l'assurance qu'il renoncerait à recourir au bâillon pour forcer l'adoption du projet de loi 21 avant l'ajournement des travaux, à la mi-juin.

La porte-parole sur la question, la députée de Marguerite-Bourgeoys, Hélène David, a présenté une motion, aussitôt battue par les caquistes et les solidaires.

Elle demandait au gouvernement de prendre le temps nécessaire de débattre du document et d'entendre les différents points de vue.

Avec les informations de Sébastien Bovet

Avec les informations de La Presse canadienne

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