•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La francophonie absente du budget de l’Ontario

Le ministre derrière un podium

Le ministre des Finance de l'Ontario Vic Fedeli

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Radio-Canada

Dans le premier budget 2019-2020 intitulé « Protéger l'essentiel » et déposé le 11 avril par le ministre des Finances Vic Fedeli, la francophonie brille par son absence. Sans surprise, l'Université de l'Ontario français n'y apparaît pas, et le ministère des Affaires francophones voit, comme beaucoup d'autres, son budget diminuer.

Avec une allocation de 5,8 millions de dollars sur l’année 2019-2010, le ministère des Franco-Ontariens voit son budget annuel diminuer comparativement aux 6 millions qui ont été dépensés sur 2018-2019. C’est cependant une diminution de deux millions par rapport à ce que les libéraux prévoyaient d’allouer à ce ministère dans le budget précédent.

La différence entre les 7,8 millions qui figuraient dans le budget libéral et les 6 millions qui ont en réalité été dépensés s’explique par des programmes qui ne se sont pas concrétisés et des embauches qui n’ont pas été réalisées l’an passé, ont précisé des fonctionnaires du gouvernement.

Reste à savoir dans quels programmes Caroline Mulroney va choisir de faire des économies.

Un programme, trois mentions

En excluant le titre du ministère, le terme francophone apparaît trois fois dans les 343 pages du budget en français. Un chiffre dérisoire si on le compare à l’alcool, par exemple, qui en totalise 46.

Parmi ces trois mentions, figure des « services qui cibleront les populations prioritaires comme les peuples autochtones et les Francophones » parmi des investissements de 174 millions de dollars en santé mentale et lutte contre les dépendances. Aucune précision n’a été donnée quant à la façon dont les francophones bénéficieront de ces services.

Même constat du côté des 267 millions de dollars additionnels investis dans les soins à domicile et communautaires. Le budget précise que des services aux Autochtones et aux francophones seront compris dans ces allocations, mais ne dit pas dans quelle mesure.

Enfin, un seul programme présenté dans le budget s’adresse spécifiquement aux Franco-Ontariens : le Programme d’appui à la francophonie ontarienne. Celui-ci, instauré par le gouvernement libéral, prévoit un million de dollars pour des organismes de la communauté.

Le budget des progressistes-conservateurs prévoit conserver ce programme, sans diminuer ou augmenter ses fonds, mais étendra sa portée afin d’y inclure une composante de développement économique, peut-on lire dans le document. Questionnés sur les types d’organismes ou de compagnies qui pourraient désormais prétendre à une enveloppe après ce changement, les fonctionnaires du gouvernement n’ont pas pu nous apporter de réponse.

Deux grandes absences, une découverte

L’Université de l’Ontario français, qui était inscrit dans le budget libéral de l’année passée, s’était vu retirer son financement en novembre 2018 par le gouvernement Ford. C’est donc sans grande surprise qu’elle est absente du document présenté ce jeudi par M. Fedeli.

Autre perte par rapport à l’an passé : l’absence d’engagement envers l’Organisation internationale de la Francophonie. L’Ontario y possède un statut de membre observateur, mais les progressistes-conservateurs n’ont pas inscrit dans leur budget leur volonté d’y poursuivre ou non leur implication.

Pour la première fois, cependant, la version francophone de la nouvelle devise qui figurera sur les plaques d’immatriculation ontariennes a été dévoilée : il s’agit de la phrase « En plein essor ». Celle-ci remplacera le « Tant à découvrir » qui avait été adopté dans les années 1980.

Une photo de la plaque dont la devise est En plein essor.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La version française de la nouvelle plaque ontarienne.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Enfin, durant le discours de M. Fedeli devant la presse jeudi midi, aucun mot n’a été prononcé en français, aucun mot n’était non plus inscrit en français sur son pupitre ou parmi les dizaines de mentions du titre de son budget derrière lui.

La francophonie de l’économie

La politologue regarde la caméraAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Geneviève Tellier, politologue à l’Université d’Ottawa

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Pour Geneviève Tellier, politologue à l’Université d’Ottawa, le gouvernement a démontré, avec ce budget, qu’il ne voit la francophonie qu’à travers le prisme économique. « Quand on mentionne les francophones dans le budget, on les voit sous la lorgnette du développement économique et la question qui semble se dégager n’est pas : qu’est-ce que le gouvernement peut faire pour les francophones, mais qu’est-ce que les francophones peuvent apporter à la province? », a-t-elle commenté.

C’est très clair qu’il n’y a pas de groupes qui ont des besoins différents en Ontario, et dans ce budget, on voit que ce message n’est pas passé.

Geneviève Tellier, politologue à l’Université d’Ottawa


Les besoins de la francophonie dépassent l’aspect économique, on parle de culture, d’éducation, de santé, a-t-elle ajouté.

Mme Tellier relève également qu’avec ce budget, les Franco-Ontariens n’essuient pas de perte majeure comme ce fut le cas en novembre dernier. Il semblerait cependant, selon elle, que la communauté autochtone, elle, ne puisse pas en dire autant.

Toronto

Francophonie