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Otterburn Park se mobilise contre la tour de Telus

Nadine Pesant à côté d'un panneau publicitaire du comité Ensemble contre Telus.

Nadine Pesant fait partie du groupe Ensemble contre Telus.

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Cousineau

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Après une manifestation en novembre, les opposants au projet de tour de télécommunication de Telus à Otterburn Park promettent de nouvelles actions en mai.

Nadine Pesant se bat depuis six ans contre la construction d’une tour de télécommunication de Telus, en bordure du bois des Bosquets Albert-Hudon, à Otterburn Park. Pas question, pour cette citoyenne, qu’une structure d’une hauteur de 40 mètres surplombe sa petite municipalité de 5 kilomètres carrés et quelque 8500 âmes.

« On demande que Telus retire son projet parce qu’il y a aucune acceptabilité sociale », dit Nadine Pesant, membre du groupe Ensemble contre Telus.

Telus a suspendu son projet jusqu’en juin, à la demande de la Ville d’Otterburn Park.

« On s’est remobilisé maintenant parce que ce sursis-là, ça approche, dit Francine Bernard, membre d’Ensemble contre Telus. On a toutes sortes de stratégies pour mettre le dernier clou dans le cercueil, c’est-à-dire que cette tour-là ne voie pas le jour. » Le groupe refuse d’en dire plus.

Les opposants au projet estiment que les tours de télécommunication déjà présentes dans la région suffisent à la demande. « Ils [Telus] nous disaient au départ que les besoins étaient pour être multipliés par neuf, aujourd'hui en 2019, dit Nadine Pesant. Pourtant, il n’y a jamais aucun citoyen qui s'est plaint du manque de service. »

Ensemble contre Telus veut préserver l’intégrité du boisé. « Il est considéré, au niveau de la MRC, comme exceptionnel, dit Francine Bernard. Il est classé au niveau du ministère de la Faune et des Parcs comme écosystème forestier exceptionnel. »

Les opposants s’inquiètent aussi de l’impact de la tour de télécommunication sur la santé des résidents du secteur, notamment les enfants. « Il y a un principe de précautions qui s’applique », estime Francine Bernard.

La Ville d’Otterburn Park contre Telus

La Ville d'Otterburn Park a intenté un recours devant la Cour fédérale pour empêcher ce projet sur un terrain privé. Elle dénonce la décision du ministère Innovation, Science et Développement économique Canada d'avoir octroyé un permis à Telus en juillet dernier.

La Ville soutient qu’elle n’a pas reçu toutes les informations nécessaires pour évaluer la nécessité d’une nouvelle tour dans le secteur. « Il y a de l'information qui a été cachée, camouflée concernant la tour [déjà existante dans la municipalité voisine de] McMasterville, dit le directeur général de la Ville, Alain Cousson. On a demandé à plusieurs reprises d'avoir cette information-là, qui viendrait probablement peut-être défaire la possibilité d'installer une tour à Otterburn Park. »

Pour préparer son dossier en cour, la Ville a obtenu, grâce à la loi d'accès à l'information, des échanges de courriels entre des fonctionnaires d'Ottawa au sujet du projet. « Ça parlait en gros de monsieur Matthew Dubé, le député fédéral [néo-démocrate], dit le maire Denis Parent. Ils soulignaient le fait qu'il n’était peut-être pas de la bonne couleur, comme on disait dans le temps, et que le pourcentage de voix obtenues n’était peut-être pas assez élevé. […] C'est des choses qui ne sont pas pertinentes au dossier. »

Le député de Beloeil-Chambly Matthew Dubé l’a emporté avec 31,1 % des voix dans une course serrée avec le Parti libéral et le Bloc québécois. Il appuie les opposants au projet.

Réactions d’Ottawa et de Telus

Le gouvernement fédéral n'a pas voulu commenter le dossier, parce qu’il est devant les tribunaux.

Telus a référé Radio-Canada à une lettre publiée dans le journal local, L’œil régional. L’entreprise y souligne que l'objectif premier de cette tour est de fournir une connexion sans fil sans interruption, sans appel coupé et sans dégradation de signal. Selon Telus, les tours actuelles environnantes ne pourront continuer à fournir à la demande.

Dans sa lettre, l’entreprise de télécommunication rappelle que la Ville a adopté à l'unanimité en 2013 une résolution recommandant l'installation du site sans fil à l'extrémité du boisé, mais qu'elle l'a annulée quelques mois plus tard. Elle ajoute qu'un autre site, celui du garage municipal, a été étudié, mais que la Ville a refusé de signer une entente. La Ville lui aurait même proposé d'aménager ses installations en plein cœur de la zone protégée.

Le maire Denis Parent, élu il y a un an et demi, reconnaît que la Ville a changé de position dans ce dossier. « Ils [l'ancienne administration] n'ont pas fait leurs devoirs correctement avant d'adopter, d'accepter ça, reconnaît-il. Ils n'ont pas vraiment vérifié correctement tout ce que ça comprenait exactement comme hauteur et comme chose. Puis, le projet s'est un peu modifié. Au début, c'était une tour qui était un peu moins élevée. »

Dans un courriel, Telus indique que l’entente avec la Ville, concernant la suspension du projet, pourrait être reconduite. « Cette possibilité devra être discutée entre les deux parties en temps opportun », écrit Jacinthe Beaulieu, aux relations médiatiques de Telus.

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