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Course à la mairie de Trois-Rivières : un premier débat ordonné, théâtre de quelques attaques

Devant une salle pleine, Éric Lord, Jean Lamarche et Jean-François Aubin se sont prêtés à quelques échanges corsés.

Photo : Radio-Canada / Claudie Simard

Jérôme Roy

Devant 130 personnes réunies dans les locaux de Radio-Canada au centre-ville de Trois-Rivières, trois candidats à la mairie ont profité du premier débat de la campagne électorale pour présenter leur vision par rapport à trois thèmes bien précis. S'ils s'étaient plutôt concentrés sur leur propre message jusque-là, l'activité de jeudi soir aura aussi permis à Jean-François Aubin, Jean Lamarche et Éric Lord de jouer du coude entre rivaux.

C’est le thème de l’environnement, le deuxième de la soirée, qui a été le plus riche en échanges corsés.

Éric Lord a affirmé que la ville de Trois-Rivières était la plus polluée au Québec, ce qui a fait réagir Jean-François Aubin.

Vérifiez auprès des experts!, lui a-t-il lancé, estimant l’étude biaisée en raison de capteurs mal placés.

Vous faites de la négation des faits, a répliqué Éric Lord.

Après avoir concédé qu’il y avait quand même place à l’amélioration, M. Aubin s’en est pris à Jean Lamarche, l’accusant de ne rien avoir de concret à proposer en matière d’environnement.

En guise de réponse, M. Lamarche a cité son engagement d’éradiquer l’herbe à poux, un problème qui, selon lui, touche directement les citoyens.

Jean-François Aubin a rétorqué que la Ville travaillait sur ce dossier depuis 15 ans, pendant qu’Éric Lord s’est montré amusé par la proposition.

On fait face à une urgence climatique et vous nous parlez d’herbe à poux!, s’est-il exclamé

Peu après, Jean Lamarche s’en est pris à un engagement d’Éric Lord, qui souhaite remplacer les poêles à bois des citoyens par des systèmes de chauffage moins polluants.

Le poêle à bois, c’est culturel. C’est ancré dans nos maisons. Il n’y a personne qui va vous remettre son poêle à bois, a lancé M. Lamarche.

Jean-François Aubin s’est porté à la défense de M. Lord, affirmant que M. Lamarche déformait ses propos.

Il en a cependant immédiatement profité pour déclarer que la faiblesse de la proposition d’Éric Lord résidait dans le fait que le gouvernement provincial a déjà un programme sur les poêles à bois.

Outre ces accrochages, Jean-François Aubin et Éric Lord ont mentionné vouloir améliorer le transport en commun et la présence d’arbres sur le territoire, tandis que Jean Lamarche a plutôt ciblé ce qu’il appelle le carrefour du savoir pour mettre en avant certains projets concrets.

Les trois candidats se sont montrés relativement prudents quant à la question du compostage, alors que le bac brun tarde à s’implanter en Mauricie.

Les projecteurs tournés vers le Cap-de-la-Madeleine

Le thème des finances publiques et du développement économique a permis aux candidats de livrer leur vision de la revitalisation du secteur de Cap-de-la-Madeleine.

Éric Lord a dit qu'il souhaitait se fier aux démarches déjà entreprises pour respecter l’esprit du Cap, alors que Jean Lamarche a plutôt affirmé vouloir s’inspirer du projet Fortissimo, à Drummondville, pour dynamiser le secteur, du Sanctuaire au Saint-Maurice en passant par l’ancienne Aléris.

Jean-François Aubin a reconnu l’importance du dossier Aléris, ajoutant ne pas vouloir laisser le terrain de l’ancien Canadian Tire, l’entrée du Cap, à l’abandon.

Éric Lord s’est ensuite dit surpris que ses deux rivaux aient soumis leur vision avant un comité qui travaille sur le dossier.

Non seulement ses rivaux ont balayé cette attaque du revers de la main en affirmant être bien au fait du dossier, mais ils l’ont aussi accusé de ne pas avoir de proposition à ce sujet.

En ce qui a trait aux finances publiques, c’est plutôt Jean-François Aubin qui a fait l’objet de tirs groupés.

Ses deux rivaux se sont questionnés sur la façon dont il parviendrait à financer ses nombreux engagements, plus particulièrement son projet de bureau baptisé Destination Trois-Rivières, à Montréal.

M. Aubin a assuré avoir bien calculé ses promesses.

Les services aux citoyens

Le troisième et dernier thème de la soirée concernait les services aux citoyens.

Au sujet du déneigement des rues et des trottoirs confié à des sous-traitants et décrié par des citoyens, Jean Lamarche a soutenu qu’il était possible d’assurer un bon service avec une meilleure évaluation des besoins et des partenaires.

Il a fait sursauter Jean-François Aubin lorsqu’il a parlé d’un bureau du maire et d’une direction des communications forts et transparents pour bien communiquer avec les citoyens. De fil en aiguille, l’échange a mené M. Lamarche à rappeler à M. Aubin qu’il avait changé d’opinion concernant Vision zéro.

Parce que j’écoute les gens, j'ai été capable de changer d’opinion, s’est défendu Jean-François Aubin.

M. Lamarche et M. Lord se sont ensuite mis d’accord pour dire que l’étape des grands projets était terminée et qu’il fallait maintenant miser sur les infrastructures existantes pour améliorer la qualité de vie des citoyens.

Plus tard, une attaque de Jean-François Aubin s’est retournée contre lui, lorsqu’il a remercié Jean Lamarche d’avoir repris sa promesse de réparer les égouts dans le secteur de Saint-Louis-de-France.

Le nouveau politicien a répondu, sourire en coin : Ça va me faire plaisir de remplir toutes les promesses que vous n’avez pas tenues depuis 2013.

Après s’être montrés prudents sur la question de la construction d’une piscine publique, les trois candidats ont opposé leurs visions au sujet du stationnement au centre-ville de Trois-Rivières.

Éric Lord a dit souhaiter plus de places dans le stationnement Badeaux. D’accord avec l’idée, Jean Lamarche a ajouté qu’il fallait conserver les périodes de gratuité, alors que Jean-François Aubin a plutôt misé sur la bonification de l’accès au centre-ville, notamment avec le transport en commun.

Pour lui, la création de nouveaux espaces de stationnement n’a rien d’écologique.

Le débat s’est terminé en abordant brièvement le dossier du nouveau colisée.

Jean Lamarche a critiqué M. Lord d’avoir contacté le Canadien de Montréal sans en parler aux gens impliqués, ce à quoi M. Lord a répondu, en point de presse, qu’il était primordial de trouver des équipes pour occuper l’infrastructure dont la construction sera bientôt achevée.

Mauricie et Centre du Québec

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