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Même à très faible dose, certains pesticides perturberaient la capacité à voler des insectes

Les chercheurs Jack Gray et Rachel Parkinson souriants sont dans leur laboratoire.

Les chercheurs Jack Gray et Rachel Parkinson, de l’Université de la Sasaktchewan, ont trouvé que d’infimes doses de pesticides de la classe des néonicotinoïdes peuvent perturber les capacités de repérage des insectes aériens.

Photo : Fournie par David Stobbe

Radio-Canada

Une étude de l'Université de la Saskatchewan révèle que même d'infimes doses de pesticides de la classe des néonicotinoïdes peuvent nuire à la capacité de repérage des insectes aériens.

L’étude a été menée sur des locustes – des criquets migrateurs –, mais les chercheurs pensent que les résultats peuvent s’appliquer à d’autres insectes aériens.

Les criquets ont été mis en contact avec une infime quantité du pesticide.

Malgré cette très faible dose, ils ont éprouvé des difficultés à détecter des prédateurs ou d’autres objets sur leur trajectoire.

« Même si les insectes semblaient normaux, s'ils survivaient et pouvaient voler, il semble qu’il leur manquait l’habileté à esquiver des obstacles devant eux », explique Jack Gray, un chercheur et spécialiste du contrôle neuronal des comportements animaliers à l'Université de la Saskatchewan.

« En matière de comportement, c’est très important pour la survie de l’animal », ajoute-t-il.

Les criquets ont été placés dans un tunnel balayé par un courant d’air pour tester leur habileté à voler et à éviter des objets.

Un criquet migrateur en train de voler dans le tunnel construit par les chercheurs.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les criquets ont été placés dans un tunnel balayer par un courant d’air pour tester leur habileté à voler et éviter des objets.

Photo : Fournie par David Stobbe

Selon l’article, qui a été publié dans le journal Neuro Toxicology, les neurones qui interviennent dans la détection des mouvements étaient moins sensibles après un contact avec le pesticide.

« Le système nerveux qui traite de la vision semble avoir été gravement endommagé », indique Jack Gray.

L’équipe de recherche a été surprise de constater que l’effet du pesticide continuait, même après que l’insecte eut complètement digéré le produit.

Lorsque les chercheurs ont augmenté les doses de pesticides, les criquets ont été incapables de voler correctement, et certains ne pouvaient plus voler du tout.

Les pesticides de la classe des néonicotinoïdes sont très utilisés dans tout le pays, en particulier dans les champs de canola. En 2012, 11 millions d’hectares de cultures ont été traités avec ces pesticides dans les Prairies, soit 44 % des terres cultivées.

L’an dernier, Santé Canada a proposé d’interdire deux pesticides de la classe des néonicotinoïdes, pour les éliminer d'ici cinq ans.

Plusieurs études ont établi un lien entre les néonicotinoïdes et le déclin de la population de certains insectes, dont les abeilles.

L’étude de l’Université de la Saskatchewan sur les criquets fait partie d’un plus vaste projet de recherche sur les effets des pesticides sur la capacité à voler des insectes.

Les chercheurs prévoient d’examiner les effets sur les abeilles dans une prochaine étude.

Avec les informations de CBC

Saskatchewan

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