•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'activité cérébrale des spectateurs de l'Opéra de Montréal analysée

Une participante à l'étude porte un casque d'encéphalographie tout regardant un opéra.

Photo : Tech3lab

Radio-Canada

Que se passe-t-il dans le cerveau des gens qui assistent à un spectacle d'opéra? C'est ce que veut savoir l'Opéra de Montréal afin d'améliorer l'expérience musicale vécue par ses spectateurs.

L'institution culturelle a donc décidé de lancer une étude avec Tech3Lab, le laboratoire de recherche en expérience utilisateur créé par HEC Montréal, afin de plonger dans la tête des amateurs d'opéra.

Des électrodes seront placées sur la tête des volontaires participant à cette étude pour enregistrer leur activité cérébrale pendant qu’ils assistent à une représentation de l’opéra Carmen de Bizet.

Écoute en direct contre écoute dans un cinéma

Les volontaires seront divisés en deux groupes : l’un sera présent en mai à la Place des Arts de Montréal où l’opéra sera donné en direct et en public, et l’autre regardera le spectacle sur un grand écran reproduisant l’expérience Live in HD. Offerts par le Metropolitan Opera de New York, les spectacles en Live in HD sont retransmis en haute définition sur des écrans dans le monde entier.

Un des objectifs de l’étude est d’évaluer la différence entre le fait d’assister à un opéra en personne et le fait de regarder un opéra retransmis dans une salle de cinéma. En plus, nous allons collecter de nombreuses mesures physiologiques, [dont] les changements d’activité des glandes sudoripares et du rythme cardiaque, qui sont des indices du degré de stimulation, explique Jared Boasen, chercheur postdoctoral au Tech3Lab. Nous allons aussi capter les mouvements oculaires et les changements de dilatation des pupilles, qui indiquent le degré d’attention, ainsi que les mouvements des muscles faciaux qui sont des indices de l’état émotionnel [de la personne].

Une femme regarde un écran avec des électrodes sur la tête.

La pose d'électrodes permet d'enregistrer l'activité du cerveau.

Photo : Tech3lab

Un domaine peu étudié par les scientifiques

Il y a tellement peu de recherche de qualité menée dans le domaine des arts du spectacle, dit Patrick Corrigan, directeur général de l’Opéra de Montréal.

Trop souvent, on travaille à l’aveugle et on avance à l’instinct. De plus, on est en compétition avec de grands joueurs de l’industrie du spectacle qui peuvent se permettre de faire beaucoup de recherche. Investir dans un projet comme celui-ci bénéficiera non seulement à [l’Opéra de Montréal], mais à tout le domaine.

Patrick Corrigan

D’ailleurs, l’étude, menée par l’Opéra de Montréal et Tech3Lab, a attiré l’attention de l’organisme à but non lucratif Opera America, qui compte la plupart des troupes d’opéra américaines parmi ses membres.

Regarder un spectacle d'opéra dans des sièges immersifs

L’entreprise longueuilloise D-BOX Technologies, dont les fauteuils de cinéma immersif bougeant selon le film sont prisés des amateurs de films d’action, a également rejoint cette étude. Pour déterminer si ce type de siège pourrait profiter aux spectateurs assistant à des retransmissions d’opéra dans les salles de cinéma, certains participants de l’étude regarderont Carmen installés dans des fauteuils conçus par D-BOX.

Cela augmente l’attention du spectateur, tout en créant une surprenante expérience relaxante. Ce n’est peut-être pas pour tout le monde, mais je ne m’attendais pas à autant aimer ça, raconte Xavier Roy, directeur du marketing de l’Opéra de Montréal et instigateur de l’étude.

Mettre la technologie au service de l'opéra

Les données recueillies grâce à cette étude seront présentées lors d’un hackathon au printemps 2020, pendant lequel les participants pourront se faire une meilleure idée des enjeux auxquels est confronté l’Opéra de Montréal.

Ils seront également encouragés à remuer leurs méninges pour trouver comment la technologie peut contribuer à améliorer l’expérience vécue par les spectateurs et à les fidéliser.

Avec les informations de Robert Rowat de CBC

Arts de la scène

Arts