•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Québec serre la vis aux propriétaires de chiens « à risque »

Un chien s'approche en courant et en montrant les dents.

Les propriétaires de chiens jugés «à risque» devront payer 250 $ pour obtenir un permis de garde.

Photo : iStock

Louis Gagné

La Ville de Québec se dote de nouveaux moyens pour sévir plus facilement contre les propriétaires de chiens « à risque ». Plutôt que de cibler certaines races, elle veut axer son intervention sur les mauvais comportements canins et responsabiliser les maîtres.

L’administration municipale a dévoilé les contours de sa nouvelle politique de gestion animalière, jeudi, lors d’une séance du comité plénier.

L’une des mesures phares de la politique consiste en l’introduction de la notion de « chien à risque ». Il peut s’agir, par exemple, d’un animal ayant déjà mordu ou tenté de mordre une personne.

Le propriétaire d’un chien évalué comme étant à risque devra débourser 250 $ par année pour obtenir sa licence, qui sera rebaptisée « permis de garde » lors de l’entrée en vigueur de la nouvelle politique de gestion, en janvier prochain.

Il sera également condamné à payer une amende de 300 $.

Le terme « chien à risque » inclut :

- Un chien qui a mordu, a tenté de mordre, a attaqué ou tenté d’attaquer une personne, sans lui causer la mort;
- Un chien qui a mordu un animal (chien/chat) en lui causant une lacération de la peau;
- Un chien qui a commis un geste susceptible de porter atteinte à la sécurité d’une personne ou d’un animal (chat/chien).

Source : Ville de Québec

Agir plus rapidement

Selon le membre du comité exécutif responsable de la gestion animalière, Patrick Voyer, la catégorie « chien à risque » permettra à la Ville d’agir plus rapidement à l’égard du propriétaire d’un animal agressif.

« Au lieu d'attendre qu'un chien morde, on peut [agir dès qu’il] a un comportement à risque. On peut le faire évaluer et le faire saisir, ce qu'on ne pouvait pas avant », mentionne-t-il.

Les animaux saisis seront évalués par un médecin vétérinaire spécialisé en comportement. Si le chien est jugé à risque, la Ville pourra imposer différentes mesures telles que le port de la muselière en tout temps ou le confinement de l’animal dans un enclos.

Peu importe la race, ce qui est important, c'est que si un chien, non seulement mord, mais a un risque ou a une attitude ou un comportement à risque, là on va pouvoir intervenir.

Patrick Voyer, responsable de la gestion animalière, Ville de Québec

Si un animal est déclaré « dangereux » par un expert-évaluateur, il sera, dans la plupart des cas, euthanasié.

Patrick Voyer lors d’une mêlée de presse dans les couloirs de l’hôtel de ville de Québec

Patrick Voyer, membre du comité exécutif responsable de la gestion animalière à la Ville de Québec

Photo : Radio-Canada

La détention d’une licence est obligatoire pour tous les propriétaires de chiens résidant sur la Ville de Québec. Elle coûte actuellement 38 $ par année, peu importe les antécédents de l’animal en matière de comportement.

Les propriétaires de chiens qui ne sont pas jugés à risque paieront moins cher que sous le régime actuel, soit 30 $ par année, à condition, cependant, que l’animal soit stérilisé. S’il ne l’est pas, le coût du nouveau « permis de garde » sera de 60 $ annuellement.

Bon pour pitou, bon pour minou?

La nouvelle politique de gestion animalière comprend en outre des mesures pour les chats. Tous les chats donnés en adoption ou vendus en animalerie devront être stérilisés et se faire implanter une micropuce.

La stérilisation obligatoire vise principalement à réduire le nombre de chats errants. Selon un sondage effectué par la Ville de Québec, 27 % des propriétaires de chats font sortir leur animal à l’extérieur.

« S’il n’est pas stérilisé, ça se peut qu’il se reproduise et qu’il y ait une prolifération d’animaux à cause de ça. Si le chien ou le chat est stérilisé et va à l’extérieur, il ne se reproduira pas », observe Patrick Voyer.

Un chat dans un champ d'herbe

Des chats sauvages comme celui-ci ont pris d'assaut et élu domicile dans un quartier à Cornwall, dans l'Est ontarien, selon les résidents

Photo : Associated Press / Frank Eltman

Autre nouveauté : la Ville introduit un permis de garde pour chat, sur une base volontaire. Le coût sera de 10 $ par année pour un chat stérilisé et micropucé. Dans le cas contraire, le prix à débourser sera de 30 $.

Incitatifs

Pour inciter les propriétaires de chats à déclarer leur animal, la municipalité entend négocier des rabais pour les détenteurs de permis avec les fournisseurs de services et de produits pour animaux domestiques.

Par exemple, un propriétaire présentant son permis pourrait obtenir une réduction de quelques dollars sur un sac de nourriture sèche pour chat.

Patrick Voyer insiste sur l’importance de miser sur l’incitation. Il fait remarquer que même si le permis de garde, ou licence, est obligatoire dans le cas des chiens, à peine 25 % des propriétaires s’en procurent un.

« La coercition n'est peut-être pas l'idéal », concède le conseiller municipal.

La Ville de Québec ira bientôt en appel d’offre pour le renouvellement du contrat de gestion animalière, qui est actuellement confié au refuge Les Fidèles Moustachus.

Le contrat s’élève à environ 1,3 million de dollars par année.

Avec la collaboration d’Olivier Lemieux

Québec

Politique municipale