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Laïcité : Valérie Plante dénonce à son tour les propos du maire de Hampstead

Le maire de Hampstead William Steinberg photographié en gros plan à l'Hôtel de Ville.

Le maire de Hampstead William Steinberg qualifie le projet de loi sur la laïcité du gouvernement Legault de « nettoyage ethnique pacifique ».

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada

Au sixième jour de la controverse sur les propos du maire de Hampstead, qui avait employé l'expression « nettoyage ethnique » pour décrire le projet de loi sur la laïcité de l'État québécois, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, demande à William Steinberg de s'excuser et de se retirer « immédiatement du débat ».

Dans un communiqué publié jeudi à son retour d’une mission en Amérique du Sud, Mme Plante a aussi suggéré à M. Steinberg de « revoir sa décision de convoquer une assemblée spéciale du conseil de ville de Hampstead si le but n’est pas d’offrir des excuses ».

« Depuis le dépôt du projet de loi 21, j’ai souligné l’importance de maintenir un débat sain. J’ai également réitéré l’importance pour les élus de demeurer au-dessus de la mêlée. Vendredi dernier, le maire Steinberg a prononcé des propos absolument inacceptables, des propos qui ont suscité l’indignation partout au Québec, avec raison. Les propos du maire Steinberg n’ont pas leur place dans le débat public. Par ses propos et son refus de s’excuser, le maire Steinberg est en train de détourner le débat du projet de loi sur la laïcité pour devenir lui-même l’objet du débat. Cette attitude est irresponsable et doit être dénoncée », a déclaré la mairesse.

Lors du dépôt du projet de loi, Mme Plante avait fait part de ses réserves, notamment en raison de la situation particulière de Montréal.

La mairesse doit commenter cette affaire de vive voix vendredi matin.

Une controverse qui dure

Au cours des derniers jours, de nombreux élus des différents paliers de gouvernement ont dénoncé les propos de William Steinberg, prononcés le 5 avril pendant une conférence de presse annonçant une manifestation le 14 avril contre le projet de loi sur la laïcité de l'État.

M. Steinberg avait alors dit que ce projet était « une tentative d'expulser ceux qui pratiquent des religions minoritaires, ne laissant que des non-croyants et des chrétiens au Québec ». « C'est du nettoyage ethnique – pas avec un fusil, mais avec une loi. C'est raciste et c'est ignoble », avait-il ajouté.

Le député libéral fédéral Anthony Housefather, qui accompagnait M. Steinberg avec d'autres élus de l'Ouest-de-l'Île, s'était immédiatement dissocié de ces propos. « Ce n’est pas la position du groupe, pas du tout [...] On est ici pour rassembler, pas pour diviser », avait-il dit.

Les condamnations se sont ensuite multipliées, entre autres de la part du premier ministre du Canada, Justin Trudeau, du premier ministre du Québec, François Legault, et des chefs intérimaires du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand, et du Parti québécois, Pascal Bérubé, de même que du chef de l'opposition à l'hôtel de ville de Montréal, Lionel Perez. La Fédération québécoise des municipalités s'est ajoutée jeudi.

Une plainte a également été déposée par un citoyen à la Commission municipale du Québec.

Le maire Steinberg s'explique

M. Steinberg refuse toutefois de s'excuser.

« J’entends plutôt demander aux gens d’arrêter de dire "nettoyage ethnique", mais de dire plutôt "nettoyage ethnique pacifique", pour que nous comprenions dès le départ que je ne parle pas de génocide, d’abattre les gens, d’expulser les gens, rien de tout cela », a-t-il dit mardi.

Jeudi, sur sa page Facebook, il justifie sa position.

« Je comprends que ces mots sont pénibles à entendre pour certains et je n’avais aucunement l’intention de blesser qui que ce soit. Je tenais simplement à faire voir aux gens les effets d’un projet de loi odieux. Parfois, il faut des mots forts pour ouvrir les yeux sur la réalité. [...] Le vrai problème, ce sont les mots utilisés dans le projet de loi 21 et non une phrase qui a été mal interprétée dans le but de créer une controverse. Le projet de loi 21 est discriminatoire à l’égard des membres des minorités religieuses et il limite leurs perspectives d’emploi », écrit-il.

« Un autre point important que j’ai souligné lors de la conférence de presse est que les Québécois ne sont PAS racistes, le projet de loi 21 est raciste. J’ai aussi dit que je croyais que la plupart des Québécois rejetteraient cette loi une fois qu’ils comprendraient ce que cela signifie vraiment », ajoute-t-il.

Le maire Steinberg a également convoqué une réunion du conseil municipal de Hampstead lundi prochain pour discuter du dossier de la laïcité. Il souhaiterait faire adopter une résolution visant à condamner le projet de loi et à s'engager du même coup à ne pas respecter la loi si elle entre en vigueur. Selon nos sources, des employés de la ville tentent toutefois de le dissuader de tenir cette réunion, afin de ne pas envenimer la situation.

Ci-dessous : la publication Facebook du maire Steinberg

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