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Des espèces exotiques plus présentes dans les eaux de l'Atlantique Nord

Un banc de carangues noires.
Un banc de carangues noires, des poissons qui peuplent l'ensemble des eaux tropicales de trois océans, Pacifique, Indien et Atlantique. Photo: iStock
Radio-Canada

Les changements climatiques se font de plus en plus sentir dans les eaux de l'Atlantique qui bordent la côte est du Canada, selon un rapport de Pêches et Océans Canada. On y trouve plus fréquemment des espèces que l'on considérait comme exotiques il n'y a pas si longtemps.

Le ministère a dévoilé le premier d’une série de rapports qu’il compte déposer tous les quatre ans, sur l’état des trois océans qui bordent le pays et desquels des milliers de Canadiens tirent leur gagne-pain.

Les relevés statistiques réalisés dans le cadre de l’enquête avaient notamment pour but d'évaluer les conditions environnementales dans l’Atlantique Nord, ainsi que d’étudier les populations de poissons au large de la côte est. Les relevés des dernières années réservaient toutefois bien des surprises aux enquêteurs.

Un nombre croissant de poissons normalement trouvés dans des eaux plus chaudes sont maintenant observés au large de la Nouvelle-Écosse. Certaines espèces, comme le malarmat à dix aiguillons, se retrouvent régulièrement dans les filets des pêcheurs de la région.

On voit cinq espèces de poissons exotiques qui ont été capturés en Nouvelle-Écosse. Certains des poissons exotiques capturés sur le plateau néo-écossais. Le malarmat à dix aiguillons est identifié par la lettre A. Photo : Pêches et Océans Canada

Au cours des dernières années, le nombre de poissons d’eau chaude capturés en Atlantique a considérablement augmenté.

Selon le rapport, les changements climatiques seraient à l'origine des nouveaux courants d’eau chaude qui ouvrent la porte à de nouvelles espèces aquatiques dans l’Atlantique Nord.

C'est une nouvelle variable du changement climatique et c'est une nouvelle variable que nous n'avions pas besoin de calculer dans le passé. Nous devrons maintenant la prendre en considération , explique Jonathan Wilkinson, ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne.

La température moyenne des eaux du fond du plateau de la Nouvelle-Écosse et de la baie de Fundy se situe habituellement à 6,8 degrés Celsius en été. Dans les nouveaux relevés de Pêches et Océans Canada, on remarque toutefois un réchauffement important de ces eaux au cours des dernières années.

Réchauffement des eaux : des gagnants et des perdants

Le réchauffement de l'océan Atlantique amène aussi le déclin de certaines espèces et en stimule d'autres. Le crabe des neiges ou la crevette nordique, des espèces commerciales de grande valeur, ont perdu au change, tandis que les homards sont devenus de plus en plus nombreux.

Premier concerné, le crustacé semble exténué. Le crabe des neiges est l'une des espèces auxquelles les changements climatiques nuisent, dans l'Atlantique Nord. Photo : Radio-Canada / Francois Vigneault

Ce rapport confirme les conclusions d'Environnement Canada qui indiquait, la semaine dernière, que le Canada se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète.

Lorsqu'on met tout ça ensemble, ça démontre vraiment à quel point cet endroit, notre foyer en quelque sorte, change par rapport à ce qu'on a connu et devient un tout nouveau milieu , affirme Boris Worm, biologiste à l'Université Dalhousie.

Il ajoute que ce rapport, « d'une extrême importance », décrit les conséquences attendues des changements climatiques, mais avec beaucoup plus de précision que ce qui avait été rapporté jusqu'ici.

On remarque des eaux plus chaudes [dans l'Atlantique Nord]. On voit moins d'oxygène, en raison du réchauffement de l'eau, [...] sans compter les sources de nourriture [dans les fonds marins] qui sont beaucoup plus faibles, surtout le phytoplancton.

Avec des informations Paul Withers, CBC

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