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Synergie 138 fera du neuf avec du vieux

La boulangerie récupère l’orge cuite (ou la drêche) qui a été utilisée pour le brassage de la bière.
La drêche, considérée comme un déchet par les brasseurs de bière, redevient utile dans les mains d'agriculteurs. Photo: ICI Radio-Canada
Jean-Louis Bordeleau

Les Sociétés d'aide au développement des collectivités (SADC) de Beaupré jusqu'à Blanc-Sablon lancent le projet Synergie 138. L'intention est de faire davantage de place à la collaboration et l'économie circulaire.

À Sept-Îles, la Microbrasserie La Compagniejette quatre tonnes de déchets chaque trois mois. Or, grâce à Synergie 138, tous ces résidus trouveront une nouvelle vie chez un agriculteur de la région.

On appelle même plus ça des déchets finalement. C’est un produit qui a une grosse valeur, qui a encore plein d'utilisation. La permaculture en est une, affirme Martin Demassieux, brasseur à La Compagnie.

Martin Demassieux, actionnaire de la Microbrasserie La CompagnieMartin Demassieux, actionnaire de la Microbrasserie La Compagnie Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

De mettre en commun des ressources et des entreprises, c'est quelque chose qui nous semblait naturel.

Martin Demassieux, actionnaire de la Microbrasserie La Compagnie

Lancé modestement l'an dernier par la SADC de Manicouacan, la projet a rapidement convaincu la SADC de Beaupré à s'y joindre. Désormais, les trois SADC de la Côte-Nord adhèrent aussi à ces principes de revalorisation.

Déjà, cinq ou six maillages entre entreprises sont dans les cartons des SADC.

Par exemple, il y a beaucoup d’entreprises qui ont des palettes de bois parce qu’ils reçoivent des équipements là-dessus. Ils ne savent pas trop quoi en faire. Là, on est en train de regarder dans notre milieu, qu’est-ce qui est possible d’en faire, raconte Suzie-Michelle Perron, directrice générale de la SADC Manicouagan en entrevue à Bonjour la Côte.

Une douzaine de personnes écoutent une conférenceLe lancement du projet Synergie 138, jeudi, à Sept-Îles Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

En réalité, ce sont vraiment des entreprises volontaires qui décident de nous demander d’aller sur place dans leur milieu pour faire un audit. À la suite à cet audit-là, c’est là que l’on fait un diagnostic territorial des flux de matières entrants et sortants de l’entreprise, détaille-t-elle.

C’est pas évident pour que les entreprises se parlent entre elles, commente l'agente d’économie circulaire au SADC Côte-Nord, Mélissa Rochefort.

Mélissa Rochefort, agente d’économie circulaire à la SADC Côte-NordMélissa Rochefort, agente d’économie circulaire à la SADC Côte-Nord Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

On fait en sorte que les matières résiduelles d’une entreprise puissent devenir une opportunité d’affaires.

Mélissa Rochefort, agente d’économie circulaire à la SADC Côte-Nord

Dans une économie linéaire, l’entreprise achète des produits pour fabriquer des choses et se débarrasse ensuite des résidus. Dans une économie circulaire, les résidus sont remis dans la chaîne de production en les revendant ou en les donnant à une autre entreprise qui s’en servira pour sa production.

Ce modèle économique permettrait de revaloriser tout ce qui n'est pas utilisé, y compris les véhicules, les ressources humaines, les entrepôts ou les espaces de bureaux.

On gaspille trop. On est dans un monde aux ressources limitées. Comment est-ce qu’on peut être plus efficace dans nos modèles économiques? Il faut faire plus avec moins, ajoute Vincent Carbonnelle, chargé de projet au conseil régional de l’environnement de la Côte-Nord.

Selon Pascal Harvey, directeur général de la SADC Charlevoix-Côte-de-Beaupré, plusieurs entreprises sont déjà au fait des avantages de cette économie circulaire.

Avec une bonne campagne d’informations, il ne devrait pas être trop difficile de recruter des entreprises pour se joindre au projet dans sa région, mentionne-t-il.

Le diagramme montre comment, en sensibilisant les entreprises et les résidents, l'Ontario pourrait atteindre l'objectif de ne produire aucun déchets d'ici 30 ans.Une illustration de l'économie circulaire préparée par l'ancien gouvernement ontarien. Photo : ministère de l'Environnement de l'Ontario

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