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Le fondateur du site WikiLeaks, Julian Assange, arrêté à Londres

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, photographié lors de son transfert par fourgon cellulaire au tribunal de Westminster où il a comparu jeudi matin.

Photo : Getty Images / Jack Taylor

Radio-Canada

Le fondateur du site Internet WikiLeaks et lanceur d'alerte, Julian Assange, a été arrêté jeudi matin par la police britannique dans l'ambassade de l'Équateur, à Londres, où il était réfugié depuis près de sept ans. L'homme, qui fait l'objet d'une demande d'extradition vers les États-Unis, a été arrêté à la demande des autorités américaines, confirme Scotland Yard. Il est accusé aux États-Unis de piratage informatique.

La police, qui n'a pas le droit d'intervenir à l'intérieur d'une ambassade étrangère, a expliqué avoir été invitée à y pénétrer par le gouvernement équatorien.

Julian Assange y vivait sous la protection du gouvernement équatorien depuis le 19 juin 2012, ce qui lui permettait d'échapper à des procédures judiciaires intentées contre lui au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Selon Scotland Yard, l'arrestation a été menée en vertu d'un mandat délivré il y a près de 7 ans par le tribunal londonien de Westminster Magistrates pour non-présentation au tribunal.

Peu de temps après son arrivée au commissariat jeudi matin, il a été de nouveau mis en état d'arrestation, cette fois en vertu du mandat d'extradition déposé contre lui par les États-Unis.

Il a par la suite comparu devant un tribunal de Westminster, à Londres, qui l'a reconnu coupable d'avoir violé les conditions de sa liberté provisoire, il y a sept ans, alors que la Suède réclamait son extradition dans une affaire de viol. Ce délit est passible d'une peine d'un an de prison au Royaume-Uni. Julian Assange devra revenir devant le tribunal le 2 mai pour recevoir sa peine.

Le juge a ajouté que les États-Unis devront quant à eux présenter les documents relatifs à l'extradition de Julian Assange avant le 12 juin prochain. Julian Assange a fait savoir par l'entremise d'un de ses avocats qu'il allait s'opposer à cette demande.

Selon son avocate, Me Jen Robinson, l'arrestation et l'extradition possible de Julian Assange constituent un dangereux précédent pour les médias et les journalistes du monde entier.

Dépôts d'accusations aux États-Unis

Pendant ce temps, aux États-Unis, des procureurs déposaient contre Julian Assange des accusations de complot en vue d’accéder illégalement, en 2010, au système informatique sécurisé du gouvernement américain avec l’aide de l’ex-analyste du renseignement militaire Chelsea Manning. Le mandat d'arrêt contre Julian Assange aux États-Unis a quant à lui été délivré en décembre 2017, a précisé Me Jen Robinson à la chaîne CNN.

L’accusé est passible d’une peine de prison de 5 ans s’il est reconnu coupable, précise de son côté le département américain de la Justice.

Washington souhaite mettre la main depuis longtemps sur le fugitif Julian Assange depuis que WikiLeaks a publié, en 2011, quelque 250 000 notes diplomatiques et 470 000 rapports militaires secrets divulgués par Chelsea Manning.

L'Équateur lui retire sa protection et sa nationalité

Dans un message publié sur Twitter, le président de l'Équateur, Lenin Moreno, explique que son gouvernement avait retiré la protection qu'il accordait à Assange en raison de son « comportement discourtois et agressif ».

Les déclarations hostiles et menaçantes de son organisation alliée [WikiLeaks] contre l'Équateur, et spécialement la transgression des traités internationaux, ont conduit la situation à un point où il n'était plus possible pour le gouvernement de l'Équateur d'offrir l'asile à M. Assange.

Lenin Moreno, président de l'Équateur

Peu après, le ministère des Affaires étrangères équatorien lui retirait la nationalité équatorienne

Selon Quito, les relations se sont détériorées entre Julian Assange et le gouvernement équatorien à la suite de la publication de photos, de vidéos et de conversations privées du président équatorien Lenin Moreno par le site Internet WikiLeaks.

Un camion de la police britannique et des journalistes sont rassemblés devant l'ambassade de l'Équateur à Londres.

Julian Assange a été placé en garde à vue dans un commissariat londonien après avoir été arrêté à l'ambassade de l'Équateur.

Photo : Reuters / Peter Nicholls

Un geste illégal, dénonce WikiLeaks

WikiLeaks accuse l'Équateur d'avoir mis fin « illégalement » à l'asile politique qu'il accordait à Julian Assange et d'avoir littéralement « invité » la police dans l'enceinte diplomatique pour l'arrêter.

Cet homme est un fils, un père, un frère. Il a remporté des dizaines de prix de journalisme. Il est nommé pour le prix Nobel de la paix chaque année depuis 2010. Des acteurs puissants, dont la CIA, sont engagés dans un effort sophistiqué pour le déshumaniser, le délégitimer et l'emprisonner.

Extrait d'un message publié par la direction de WikiLeaks

WikiLeaks soutient que c'est la publication récente de documents alléguant de la « corruption » du gouvernement équatorien, les « INA Papers », qui a poussé Quito à renier son accord d'asile offert à M. Assange.

« Les images de l'ambassadeur de l'Équateur invitant la police secrète du Royaume-Uni à se rendre à l'ambassade pour faire sortir du bâtiment un éditeur de journalisme primé, qu'on le veuille ou non, vont finir dans les livres d'histoire » a écrit sur Twitter Edward Snowden.

« Les critiques d'Assange peuvent applaudir, mais c'est un moment sombre pour la liberté de la presse », déplore l'ex-employé de la CIA, exilé en Russie après avoir révélé l'existence et le fonctionnement de programmes de surveillance des communications de masse par les Américains et les Britanniques.

Des manifestants brandissent des pancartes et scandent des slogans.

Des manifestants protestent devant le tribunal de Westminster, à Londres, pour dénoncer l'arrestation de Julian Assange.

Photo : Getty Images / Dan Kitwood

L'enquête pour viol pourrait être rouverte

D'origine australienne, Julian Assange, 47 ans, s'était réfugié à l'ambassade de l'Équateur à Londres pour éviter l'extradition en Suède, où il était accusé d'avoir violé une femme en 2010.

L'affaire de viol avait été abandonnée et classée sans suite par la justice suédoise en mai 2017.

L'avocate de la victime présumée a annoncé jeudi qu'elle allait demander à la justice suédoise de rouvrir l'enquête après l'arrestation du fondateur de WikiLeaks.

« Nous allons tout faire pour que les procureurs rouvrent l'enquête suédoise et qu'Assange soit remis à la Suède et traduit en justice pour viol », a déclaré Me Elisabeth Massi Fritz à l'AFP.

La plaignante qui était âgée d’une trentaine d’années à l’époque affirme qu’Assange l’avait violée en août 2010 pendant qu’elle dormait à ses côtés.

Julian Assange a toujours soutenu de son côté que la femme était consentante et avait accepté de ne pas utiliser de préservatif.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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