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Un programme de mentorat autochtone, créé à Edmonton, comme solution au décrochage

Des élèves photographiés de dos dans une classe lèvent la main
Un programme de mentorat vise à permettre à des élèves autochtones de se maintenir dans le système scolaire et éviter le décrochage. Photo: iStock
Radio-Canada

Un programme de mentorat, créé par le District scolaire catholique d'Edmonton, est présenté comme un exemple de réussite. Selon la gestionnaire de programme des services d'apprentissage pour les Autochtones dans les écoles catholiques d'Edmonton, Pamela Sparklingeyes, l'objectif de ce programme, appliqué dans 11 écoles de la division scolaire albertaine, est d'éviter le décrochage scolaire.

En Alberta, les jeunes Autochtones qui veulent poursuivre leurs études au secondaire se retrouvent parfois parachutés dans une école urbaine, alors qu'ils n'avaient fréquenté qu'une petite école primaire dans leur réserve, explique Pamela Sparklingeyes.

Pour éviter cette perte de repères, certaines écoles de son district proposent à ces élèves d’être accompagnés par un mentor. Si nous ne les équipons pas correctement avec les compétences nécessaires pour surmonter ces moments difficiles et stressants, nous risquons de les perdre dans le cursus, confie Pamela Sparklingeyes.

De l'aide aux devoirs à l'orientation scolaire, en passant par le développement de soi, un suivi personnalisé est offert à ces jeunes, explique-t-elle.

La responsable du programme est debout devant des élèves assis dans une salle de classe.Pamela Sparklingeyes est en compagnie d'élèves à l'École Archbishop O'Leary. Photo : Radio-Canada / Nafi Alibert

L'école secondaire Archbishop O'Leary

Avec 100 élèves autochtones, sur 1700 élèves au total, l'école secondaire Archbishop O'Leary fait partie de celles qui utilisent ce programme. Elle y a créé la salle Braided Journeys, où les élèves autochtones peuvent venir à leur guise pour rencontrer un des mentors qui les accompagneront vers la réussite scolaire.

Selon Donita Large, une crie de la Première Nation de Saddle Lake, qui fait partie des mentors, beaucoup d’élèves qu’elle a rencontrés n’auraient pas fini leur cursus scolaire sans ce programme.

Ils étaient parfois très dépassés.

Donita Large, mentore à l'école secondaire Archbishop O'Leary d'Edmonton.

Nous nous assurons qu’ils suivent les bons programmes et nous leur proposons du soutien supplémentaire sous forme de tutorat, dit-elle.

Grâce à cette formule, 24 des 25 élèves suivis par Donita Large ont décroché leur diplôme secondaire l'an dernier.

La préservation de l'identité autochtone

D’après Donita Large, bon nombre de ces élèves ont du mal à garder leur identité autochtone lorsqu'ils fréquentent l'école urbaine.

Nous les aidons à conserver leur identité à travers des activités traditionnelles.

Donita Large, mentore à l'École secondaire Archbishop O'Leary d'Edmonton.

Sean Grey, aujourd'hui âgée de 19 ans, est l’une des élèves qui ont bénéficié du programme. Depuis qu'elle a terminé l'école secondaire, elle est restée en contact avec ses mentors. Elle revient souvent leur rendre visite.

Ils ont influé sur ma vie.

Sean Grey, étudiante à l'Université de l'Alberta ayant bénéficié du programme de mentorat
Sean Grey pose devant les casiers de l'écoleSean Grey a grandi dans la nation crie d'Enoch. Photo : Radio-Canada / Nafi Alibert

En participant à des ateliers comme la danse ou le perlage, j’ai redécouvert ma culture crie , confie-t-elle.

Désormais étudiante à l'Université de l'Alberta, elle veut faire des études de droit afin de défendre les intérêts et l’histoire du peuple autochtone, précise-t-elle.

Ce programme de mentorat pour les jeunes Autochtones, élaboré par les écoles catholiques d’Edmonton, a reçu de nombreux prix, dont le Crystal Star Award, remis par le National Dropout Center, de l'Université Clemson, en Caroline du Sud, aux États-Unis.

Ce programme sera aussi présenté au quatrième sommet annuel sur l'éducation des Premières Nations, des Métis et des Inuits, qui débute, mercredi soir, à l'hôtel Fantasyland d'Edmonton. Organisé par le Collège of Alberta School Superinterdents (CASS), ce sommet rassemble des acteurs du milieu de l'éducation et des membres la communauté afin de croiser leurs expériences, dans le but de mieux adapter le système éducatif à la réalité des jeunes Autochtones.

Durant trois jours, le sommet propose à ses participants un marché autochtone, des ateliers, des activités traditionnelles et des présentations de programmes d'apprentissage spécialement pensés pour les jeunes Autochtones.

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