•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Venezuela : Washington veut la reconnaissance de Juan Guaido par l’ONU

Juan Guaido et Mike Pence se serrent la main pendant que d'autres dignitaires les applaudissent.

En février dernier, Juan Guaido et le vice-président américain, Mike Pence, se sont rencontrés à Bogota.

Photo : Reuters / Luisa Gonzalez

Radio-Canada

Les États-Unis franchissent un nouveau pas dans leur soutien au président autoproclamé vénézuélien Juan Guaido en demandant à l'ONU de le reconnaître comme dirigeant du pays. Du même souffle, ils ont réclamé le départ de Nicolas Maduro, qui a pour sa part annoncé la conclusion d'un accord avec la Croix-Rouge.

Le vice-président américain Mike Pence en a fait la demande à l'ONU lors d’une réunion mercredi du Conseil de sécurité, sollicitée par Washington.

M. Pence a annoncé que Washington préparait une résolution dans ce sens, qu’il présenterait à l’Assemblée générale de l’ONU, où la Russie et la Chine, soutiens du président vénézuélien, n'ont pas de droit de veto.

Le vice-président américain a précisé que ce projet de résolution inclurait une révocation de l'ambassadeur vénézuélien à l’ONU.

M. Pence s’est adressé au représentant du Venezuela Samuel Moncada, lui lançant qu'il ferait mieux de retourner au Venezuela dire à Nicolas Maduro que « son temps était compté ». Il « doit partir », a-t-il déclaré.

Évoquant les sanctions contre des personnalités vénézuéliennes, M. Pence a indiqué que Donald Trump allait « adopter prochainement des sanctions contre Cuba pour sanctionner son influence négative au Venezuela ».

Par ailleurs, il a précisé que son pays allait augmenter de 60 millions de dollars son assistance humanitaire aux Vénézuéliens.

Dans une allocution télévisée, le président Maduro a dénoncé mercredi « l'arrogance » de Mike Pence qui, selon lui, s'est « ridiculisé » en demandant à l'ONU de reconnaître l'opposant Juan Guaido comme le dirigeant du Venezuela.

Aujourd'hui, le vice-président des États-Unis, Mike Pence, s'est ridiculisé au Conseil de sécurité des Nations unies. Je ne comprends pas son arrogance, sa suffisance, son suprémacisme racial.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro

Maduro laissera entrer la Croix-Rouge

Un peu plus tard, il a annoncé que son gouvernement s'était entendu avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour permettre d'acheminer de l'aide humanitaire en sol vénézuélien.

Les deux parties se sont mises d'accord pour « travailler avec les agences de l'ONU afin d’apporter toute l'aide humanitaire qu'il est possible d'apporter » au pays, a-t-il ajouté.

Bien qu'il refuse de qualifier de crise humanitaire l'instabilité qui persiste au Venezuela, Nicolas Maudo a estimé que cette coopération ne devait en aucun cas subir une « politisation grotesque », et devait plutôt se faire dans la « légalité et le respect ».

Cette annonce est survenue au terme d'une visite de représentants du CICR, menés par le président de l'organisation, Peter Maurer, avec qui Maduro s'est entretenu mardi.

Juan Guaido avait tenté de faire acheminer de l'aide humanitaire au pays, le 23 février dernier, mais la tentative avait été vaine : les camions chargés de produits de première nécessité avaient dû rebrousser chemin, bloqués par l'armée vénézuélienne.

Les Russes dénoncent « l'ingérence »

La réplique russe aux propos de M. Pence a été sans équivoque : « C'est un nouvel épisode du spectacle destiné à renverser le régime » de Nicolas Maduro, a déclaré l'ambassadeur russe à l'ONU Vassily Nebenzia. « Si vous souhaitez rendre leur grandeur aux États-Unis, ce que nous souhaitons tous, arrêtez les ingérences », a-t-il ajouté.

De son côté, la Chine s’est opposée à « toute ingérence » au Venezuela, comme à « toute intervention militaire » dans ce pays.

Quant à l’ambassadeur vénézuélien, il a accusé les États-Unis de détruire l'économie de son pays. « Nous devons arrêter cette guerre menée par Donald Trump », a-t-il déclaré.

Pression soutenue des Américains

Le Conseil de sécurité de l’ONU est divisé sur la position à prendre à l’égard du Venezuela malgré la pression de Washington. En effet, les Américains dépêchent à l’ONU des responsables pour tenter d’obtenir davantage de soutiens à Juan Guaido.

En janvier, le secrétaire d'État Mike Pompeo s’était rendu au siège de l’ONU à New York dans ce but, suivi en février de l'envoyé spécial américain Elliott Abrams. Mercredi, c’était au tour du vice-président. « La prochaine fois, ce sera Donald Trump? », a ironisé un diplomate sous le couvert de l'anonymat.

À la fin de février, deux projets de résolution concurrents avaient été rejetés par le Conseil de sécurité, illustrant la profonde division internationale au sujet des événements au Venezuela.

Reconnu président par intérim par une cinquantaine de pays, Juan Guaido, 35 ans, a appelé ses partisans à manifester mercredi, à la suite d’une panne d'électricité générale.

Le pouvoir a également appelé à des manifestations de jeudi à samedi pour souligner le 17e anniversaire du coup d'État manqué en 2002 contre l'ex-président Hugo Chavez (1999-2013) et pour dénoncer les menaces d'« intervention » des États-Unis.

Avec les informations de Agence France-Presse

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !