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Comprendre la maladie d'Alzheimer pour mieux intervenir

Une femme discute avec des participantes lors d'un colloque.
Nicole Poirier est la fondatrice de Carpe Diem à Trois-Rivières, un centre de ressources pour les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Photo: Radio-Canada / Emily Blais
Emily Blais

Intervenants et proches aidants ont appris, mercredi, à adapter leurs interventions avec les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. Près de 90 personnes ont assisté à une journée de formation organisée à Rouyn-Noranda par le Comité des usagers du Centre intégré de santé et de services sociaux, un thème choisi en raison du vieillissement de la population en Abitibi-Témiscamingue.

Selon la conférencière Nicole Poirier, il faut d'abord comprendre le comportement d'une personne avant de faire des tâches à sa place. Un geste aussi simple que de mettre des lunettes.

Elle peut tout simplement se dire "est-ce qu'elles sont à moi ces lunettes-là?", parce qu'elle n'a pas la mémoire, parce que ses lunettes sont neuves, par exemple, et elle a oublié qu'elle est allée chez l'ophtalmologiste, ça peut être qu'elles sont sales, ça peut être qu'elle ne reconnaît pas à quoi sert sa lunette, explique-t-elle.

Pour Nicole Poirier, les efforts vont aider à réduire le recours aux médicaments. André Tessier, adjoint à la direction pour le soutien à l'autonomie de la personne âgée, est du même avis.

Il faut réaliser que quand la personne devient agitée, devient agressive, elle pourrait se mettre à frapper, tout le personnel qu'on a à mobiliser, courir pour de la médication si ça devient intense, remplir des rapports d'accidents et incidents, ça demande énormément de temps aussi, soutient André Tessier. Ce que les gens étaient, ils vont le rester. Et c'est important d'avoir une histoire de vie bien étoffée pour savoir comment ces gens-là étaient avant, comment on doit agir avec eux dans une notion de continuité et de comprendre aussi la maladie pour s'assurer de ne pas confronter ces gens-là, mais de plutôt les accompagner.

Une femme avec une cocarde au cou pose dans un couloir de centre des congrès.Claire Dubreuil veut comprendre les symptômes de l'Alzheimer afin d'aider sa mère atteinte de la maladie. Photo : Radio-Canada / Emily Blais

Claire Dubreuil accompagne plusieurs personnes âgées à Senneterre. En plus de son emploi de travailleuse de milieu, elle a aidé sa mère atteinte de la maladie d'Alzheimer durant trois ans avant de la transférer dans un CHSLD. Elle veut en apprendre davantage sur cette maladie.

Parce que c'est vrai que maman des fois, on lui parle, elle me parle du passé, me répond dans le passé, elle me répond autre chose. En même temps, elle est là et elle n'est pas là et je veux essayer de comprendre, déplore-t-elle.

Ce que je trouvais surprenant, c'est que moi je me privais de tout en fin de compte, d'une partie de ma vie à moi et ma mère ne s'en rendait même pas compte. Elle ne se rendait pas compte que je n'étais plus chez nous, j'étais plus chez elle et que je faisais plus de choses pour elle, que pour moi, que pour mon chum, ma famille en fin de compte, ajoute celle qui se compte chanceuse d'avoir eu l'aide de ses frères.

L'Abitibi-Témiscamingue compte près de 2500 personnes atteintes de la maladie.

Abitibi–Témiscamingue

Santé mentale