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Les étudiants pris de court avec la fin de la gratuité scolaire au N.-B.

Gravelbourg Still standing

Radio-Canada

La gratuité des études postsecondaires pour les étudiants de familles modestes tire à sa fin au Nouveau-Brunswick. La nouvelle a créé une onde de choc auprès des étudiants dans le besoin.

En plus du stress de la fin de session, les étudiants de l’Université de Moncton doivent composer avec une nouvelle source d’anxiété : le programme de gratuité scolaire pour les étudiants à revenus modestes vient d'être aboli.

Je ne sais pas où je vais prendre les fonds pour continuer mon baccalauréat l'année prochaine, s’inquiète Natacha Michaud, une étudiante en administration des affaires. Trop malade, sa mère ne peut pas travailler et le seul salaire de son père ne suffit pas à payer ses frais universitaires.

Natacha Michaud assise à une table fait ses devoirs.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Natacha Michaud devra cumuler plusieurs emplois au cours de l'été pour joindre les deux bouts.

Photo : Radio-Canada / Kassandra Nadeau

Sans appui financier, c'est le programme de gratuité qui lui a permis de financer sa première année à l'université.

Il va falloir que j’aie deux, trois jobs cet été.

Natacha Michaud

Le gouvernement progressiste-conservateur a mis fin lundi au programme créé par le gouvernement de Brian Gallant. Les étudiants dont les revenus familiaux annuels étaient inférieurs à 60 000 $ par année se voyaient rembourser les frais de scolarité en totalité.

Le gouvernement nous a carrément menti en pleine face pour avoir des votes, s’indigne l’étudiante.

Natacha Michaud avait même choisi d’étudier au campus d’Edmundston pour maximiser ses bourses. Maintenant que la gratuité est abolie, les bourses ne suffiront plus.

Ce 500 $ ne paye même pas les livres de mon premier semestre, donc même si j'ai des bourses parce que j’ai des bonnes notes à l'école, je manque d'argent, dit-elle.

Le changement de cap est abrupt et les étudiants n’ont pas eu le temps de se préparer en conséquence. La promesse de gratuité avait convaincu plusieurs francophones d’étudier dans leur province.

C'est la raison pour laquelle je suis resté au Nouveau-Brunswick, explique Pierre Duguay-Boudreau, un étudiant en gestion du tourisme, sport et loisir.

Si ce programme-là n'avait pas été mis sur pied, qui sait où je serais en ce moment? Probablement dans une université québécoise.

Pierre Duguay-Boudreau
Portrait de Pierre Duguay-Boudreau dans les locaux de l'Université de MonctonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pierre Duguay-Boudreau avait choisi de poursuivre ses études universitaires au Nouveau-Brunswick en raison de la gratuité scolaire.

Photo : Radio-Canada / Marielle Guimond

Le programme, selon lui, ralentissait « l’exode des jeunes » de la province. Déjà enseveli sous les prêts et sa marge de crédit, il évalue ses options, bien que limitées.

Je suis conscient que je vais devoir en rembourser encore plus alors ça fait mal au moral, ça fait mal au portefeuille, admet-il.

En échange, le gouvernement a annoncé le retour des crédits d'impôt pour les frais de scolarité, mais les détails sont toujours inconnus. Natacha, Pierre et plusieurs autres étudiants devront donc redoubler d'ardeur au travail cet été.

Nouveau-Brunswick

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