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Laïcité : le Bloc québécois veut envoyer un message aux élus fédéraux

« Le Québec sait ce qui est bon pour le Québec. Merci. »
« Le Québec sait ce qui est bon pour le Québec. Merci. » Photo: Courtoisie - Bloc québécois
Philippe-Vincent Foisy

Les automobilistes qui empruntent l'autoroute menant à Ottawa peuvent voir un nouveau panneau publicitaire, signé par le Bloc québécois. On peut y lire : « Le Québec sait ce qui est bon pour le Québec. Merci. » Le parti réclame que les politiciens fédéraux laissent le gouvernement provincial légiférer en matière de laïcité.

Au Bloc québécois, on explique que le sujet de la laïcité fait réagir énormément les Québécois. Chaque fois qu’ils en parlent sur les réseaux sociaux, le nombre de partages de la publication augmente en flèche. Même chose pour les dons.

L’idée de louer un panneau publicitaire à l'entrée de la capitale fédérale a germé, il y a environ une semaine, alors que les stratèges bloquistes tentaient de trouver une façon « d'alerter les gens que l’opposition au projet de loi allait venir d’Ottawa », soutient une source bloquiste.

« Dans la mesure où Justin Trudeau et le gouvernement du Canada s’avèrent le principal adversaire de la loi québécoise, il est essentiel de passer le message aux élus de la Chambre des communes qu'il revient à l'Assemblée nationale, et l'Assemblée nationale seule, de décider des règles de laïcité parmi ses propres employés, comme le veulent les Québécois. », a expliqué le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, en conférence de presse jeudi matin.

« Il était temps que quelqu'un d'autre que Justin Trudeau dise en anglais que le Québec a le droit de décider ce qu'il veut faire en matière de laïcité », a-t-il indiqué en anglais.

Depuis le retour des députés à la Chambre des communes, le 1er avril, les élus bloquistes posent toutes leurs questions sur le projet de loi 21 de l’Assemblée nationale. Le gouvernement de la CAQ veut notamment interdire le port de signes religieux pour les fonctionnaires en position d’autorité coercitive et les enseignants.

Le premier ministre Justin Trudeau répète que les gouvernements « ne devraient jamais légitimer la discrimination contre nos citoyens, particulièrement sur la base de leur religion », et qu'il « faut toujours défendre les droits de tous les Canadiens ».

Il n’est pas le seul à être contre le projet de loi. Le chef conservateur Andrew Scheer a déjà affirmé qu’il ne déposerait jamais un projet de loi semblable, tandis que le chef du NPD Jagmeet Singh dit ne pas être d’accord avec ce projet de loi, « parce que ça divise la population ».

Le Bloc québécois craint que les politiciens fédéraux ne mettent des bâtons dans les roues du gouvernement québécois.

« Le fait que le premier ministre Trudeau ne dise pas expressément en chambre qu'ils vont déployer des ressources financières contre l'état québécois, ce n'est pas la preuve qu'ils ne le font pas. », a mentionné le chef du Bloc québécois.

C'est très clair que leur intention est de contester la loi québécoise. Je demande à Justin Trudeau de dire clairement qu'il n'y aura pas un sou qui sera investi pour contester la loi québécoise. Ça serait ajouter l'insulte à l'injure, déjà qu'il se mêle de ça avec ses gros sabots et sa prétention d'autorité morale hautement discutable.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc Québécois

Yves-François Blanchet espère que son panneau publicitaire fera réagir à Ottawa, mais aussi au Québec, pour, entre autres, convaincre les électeurs de leur faire confiance à l’élection d’octobre prochain.

Philippe-Vincent Foisy est correspondant parlementaire de Radio-Canada à Ottawa et animateur de La mêlée politique

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