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6 questions sur la rougeole et la vaccination

Une dame en entrevue dans un bureau.

Christelle Aïcha Kom Mogto, médecin-conseil en santé publique au Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Alors que deux cas de rougeole ont été détectés en moins de deux semaines à Ottawa — dont un impliquant une femme revenant du Royaume-Uni, comment la population devrait-elle réagir? Christelle Aïcha Kom Mogto, médecin-conseil en santé publique au Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Outaouais, répond à nos questions.

Comment expliquer que certaines maladies qu'on croyait disparues réapparaissent dans la population?

On pensait que la rougeole serait disparue au moment où on se parle, parce que dans les premières années après l'introduction de la vaccination, on a eu une baisse de 75 % du taux d'incidence de la maladie. On s'attendait à ce que ça diminue et que ça disparaisse éventuellement.

Mais on constate que ça reprend et la première explication est la baisse de la couverture vaccinale chez les individus. Donc, on a baissé la garde quelque part et on a vu réapparaître des maladies comme la rougeole.

NDLR : Selon le site internet du gouvernement du Canada, grâce à la vaccination systématique, l’incidence de la rougeole au Canada a diminué de plus de 99 %, passant d’une incidence moyenne de 373,3 cas pour 100 000 personnes à l’ère "prévaccinale", à 0,8 cas pour 100 000 personnes de 2011 à 2015.

Est-ce qu'on doit se préoccuper du mouvement antivaccination?

Je crois surtout que la population devrait savoir où aller chercher de l'information fiable. Je l'invite à consulter le site sante.gouv.qc.ca (Nouvelle fenêtre), [où] il y a toute l'information sur les vaccins, sur leur efficacité et sur leurs effets secondaires, qui ne sont, somme toute, pas importants.

Comment savoir si on est protégé contre la rougeole?

Les personnes nées avant 1970 sont considérées comme protégées, parce qu'elles ont éventuellement été exposées à la maladie. Les vaccins ont commencé au milieu des années 1960 et, avant ça, beaucoup de monde était exposé à la rougeole.

Pour les enfants d'âge primaire ou de garderie, ils devraient avoir eu deux doses de vaccination. Pour ça, on réfère aux fournisseurs de soins de santé. Normalement, vous pourriez appeler à la clinique ou au CLSC et ils vous diront si vous avez reçu le vaccin. Mais la première chose à faire est de vérifier son carnet de vaccination.

Que faire si l'on n'a plus ce fameux carnet de vaccination?

Même si l'on n'a pas l'information sur son statut vaccinal, au cas où on est exposé à la rougeole, étant donné que c'est une maladie à déclaration obligatoire, et que la Santé publique va avoir l'information, nous, on va contacter les personnes susceptibles d'avoir été en contact et ils vont recevoir la vaccination à ce moment-là.

Pourquoi est-il important de se préoccuper de ça?

Il faut qu'il y ait un nombre important de personnes vaccinées pour protéger ceux qui ne pourraient pas, éventuellement, recevoir le vaccin, soit les enfants de moins de six mois, les femmes enceintes ou les personnes immunosupprimées. Il faut que 95 % de la population soit vaccinée pour qu'on obtienne cette immunité de groupe.

Les conséquences peuvent-elles être graves?

Effectivement, il y a des complications de la maladie. On peut faire des infections, des [encéphalites] du cerveau. Ça peut aller au décès, ce qui est assez rare. On parle de 1 cas sur 3000 au Canada, mais ce sont des complications qui ne sont pas banales non plus — d'autant qu'on a un vaccin qui est efficace à plus de 98 %.

Avec les informations de Mathieu Nadon

Ottawa-Gatineau

Santé publique