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Les professeurs de l'U de M contre le financement public des universités privées

Trois étudiantes discutent autour d'une table dans une classe.

Les étudiantes d'un cours de didactique des mathématiques à l'Université de Moncton.

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Radio-Canada

Le ministre de l'Éducation postsecondaire Trevor Holder a annoncé mardi que le Nouveau-Brunswick offrira maintenant des bourses aux étudiants des institutions privées. Les professeurs de l'Université de Moncton n'aiment pas du tout les nouvelles règles du jeu.

Le financement des études postsecondaires au Nouveau-Brunswick est un véritable casse-tête. Les gouvernements qui se succèdent à Fredericton tiennent généralement à mettre leur empreinte sur la formule.

C’est choquant parce les gouvernements se font élire en disant qu’ils ne vont pas faire de la politique avec l’éducation, s'insurge le président de l’Association des bibliothécaires, professeures et professeurs du Nouveau-Brunswick (ABPPUM), Mathieu Lang.

Ça ressemble beaucoup plus à une initiative électoraliste.

Mathieu Lang, président de l'ABPPUM
Mathieu Lang, professeur à la faculté des sciences de l’éducation, Université de Moncton.

Mathieu Lang, professeur à la faculté des sciences de l’éducation, Université de Moncton.

Photo : Radio-Canada / Amélie Gosselin

En plus d’éliminer la gratuité des études postsecondaires pour les étudiants issus de familles moins nanties, la province offrira pour la première fois des bourses aux étudiants qui fréquentent les institutions privées.

Jusqu'ici, les étudiants du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick étaient admissibles à une aide financière de la province, contrairement à ceux du Collège Oulton, une institution privée.

Les institutions publiques ont des règles de jeu à suivre, des comptes à rendre au gouvernement et là on bouscule les règles du jeu parce que les institutions privées ont d’autres paramètres de fonctionnement, affirme M. Lang.

Le ministre de l’Éducation postsecondaire, Trevor Holder, soutient avoir écouté les institutions privées et des centaines d’étudiants qui se sentaient laissés pour compte. Le président du syndicat des professeurs à l'Université de Moncton y voit plutôt un précédent dangereux.

C'est un financement indirect des institutions privées. C'est ça qui dérange.

Mathieu Lang

Des fonds publics serviront ainsi à financer des institutions comme l'Université Crandall à Moncton, de confession baptiste, où la liberté universitaire ne répond pas aux mêmes critères. Crandall impose à ses employés et à ses étudiants un code de conduite qui interdit l'homosexualité et l'adultère.

Les institutions publiques doivent être non confessionnelles, universelles, et présenter des idées et leur contraire [qui] peuvent être débattues sur la voie publique, estime M. Lang.

Il n’y a pas d’inquiétude, se défend le ministre Holder. Les institutions privées offrent, selon lui, une formation de qualité.

Le porte-parole des professeurs de l'Université de Moncton craint que le sous-financement des institutions publiques francophones de la province pousse les étudiants francophones à l'exil.

C'est l'impact majeur de jouer aux apprentis sorciers en jouant dans le financement des écoles, dans le financement des institutions, des collèges et des universités, dit-il.

Les modifications constantes dans les programmes d'aide créent plus d'incertitude chez les étudiants, craint-il.

Avec les informations de Michel Nogue

Nouveau-Brunswick

Enseignement universitaire