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Budget : Doug Ford se donne cinq ans pour éliminer le déficit en Ontario

Le premier ministre Doug Ford en compagnie de son ministre des Finances, Vic Fedeli, à l'Assemblée législative, le 11 avril. Photo: La Presse canadienne / Frank Gunn
Radio-Canada

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, gèle les dépenses de programme dans son premier budget, déposé jeudi, mais investit 14,7 milliards de dollars dans les infrastructures et crée même un crédit d'impôt pour les frais de garde.

Le chef conservateur reporte à 2023-2024 le retour à l’équilibre budgétaire, soit après les prochaines élections.

Le déficit provincial doit atteindre 10,3 milliards en 2019-2020, pour ensuite chuter à 6,8 milliards (2020-2021), 5,6 milliards (2021-2022) et 3,5 milliards (2022-2023).

Budget Ontario : le pire est-il à venir?
Vic Fedeli.Les conservateurs reportent à 2023-2024 le retour à l’équilibre budgétaire, soit après les prochaines élections. Photo : Radio-Canada / Pierre-Olivier Bernatchez

Le ministre des Finances, Vic Fedeli, se défend d’avoir peur de sabrer davantage les dépenses pour sortir l’Ontario du rouge avant la fin du mandat de son gouvernement.

Notre approche est responsable et équilibrée. Nous protégeons la santé et l’éducation et ce qui est le plus important.

Vic Fedeli, ministre des Finances de l'Ontario

Selon plusieurs économistes, une élimination trop rapide du déficit aurait pu saboter la faible croissance actuelle de l'économie.

Agrandir l’image Photo : Radio-Canada / Camile M Gauthier

Le scalpel plutôt que la hache

La politologue Geneviève Tellier de l’Université d’Ottawa s’attendait à des compressions plus prononcées de la part de M. Ford.

Ce n’est pas un budget à la Mike Harris.

Geneviève Tellier, politologue

Pour elle, des choix difficiles restent à faire dans bien des cas.

En santé et en éducation, par exemple, les dépenses doivent augmenter respectivement d’à peine 1,6 % et 1,2 % par année d’ici 2021-2022. C’est moins que le taux d’inflation projeté.

Agrandir l’image Photo : Radio-Canada / Camile M Gauthier

Le budget 2019, qui se chiffre à 163,4 milliards, ampute par ailleurs de façon considérable les dépenses des ministères de l’Environnement, des Services à l’enfance et des Services sociaux ainsi que des Affaires autochtones, notamment.

[Les conservateurs] ciblent les plus vulnérables, amputant de près de 1 milliard le budget du ministère des Services à l’enfance et des Services sociaux.

Andrea Horwath, chef du NPD
Agrandir l’image Photo : Radio-Canada / Camile M Gauthier

Le budget ne comporte aucune mention de la réduction des factures d’électricité et des baisses d’impôt pour la classe moyenne promises par les conservateurs durant la campagne électorale.

De l'aide pour les parents

Des enfants jouent avec des blocs en mousse.Les CPE de l'Abitibi-Témiscamingue implantent un système qui vise à alerter les parents lorsque leur enfant n'a pas été déposé à la garderie. Photo : iStock

Le gouvernement Ford remplit sa promesse électorale de créer un crédit d’impôt pour les frais de garde.

Toutefois, seuls les parents dont le revenu familial est inférieur à 150 000 $ sont admissibles.

Par ailleurs, les sommes offertes aux parents ontariens, qui paient des frais de garde parmi les plus élevés du pays, sont modestes.

Selon le budget, chaque famille admissible recevra 1250 $ en moyenne par année.

Le gouvernement estime que 300 000 familles ontariennes bénéficieront du nouveau crédit d’impôt, dont le coût est évalué à 390 millions par année.

Soins dentaires pour les aînés

Les conservateurs offriront également des soins dentaires gratuits aux aînés moins nantis.

Seules les personnes âgées dont le revenu est inférieur à 19 300 $ (32 300 $ pour les couples) seront admissibles.

Les soins seront donnés dans les bureaux de santé publique et les centres de santé communautaire à partir de l’été prochain.

Le coût anticipé du nouveau programme : 90 millions par année.

Des milliards pour les infrastructures

Photo de lignes de différentes couleurs montrant sur une carte les nouvelles lignes de transport en commun projetées et les lignes existantes.Agrandir l’imageLa carte des nouvelles lignes projetées par le gouvernement Ford Photo : Radio-Canada

Le gouvernement Ford met 11,2 milliards sur la table pour la construction ou le prolongement de quatre lignes de métro et de train léger dans la région de Toronto :

  • une nouvelle ligne de métro au centre-ville (ligne Ontario);
  • le prolongement vers le nord de la ligne de métro Yonge (jusqu’à Richmond Hill);
  • l’ajout de trois stations à la ligne de métro Bloor-Danforth, qui serait prolongée vers l’est;
  • le prolongement vers l’ouest de la ligne de train léger Eglinton.

Le hic : le coût de ce mégaplan d’expansion du transport en commun atteint 28,5 milliards, selon la province, qui compte sur le fédéral et les villes desservies pour payer le reste de la facture.

Le budget prévoit aussi l’investissement de plus de 5 milliards en 2019-2020 dans la construction et la rénovation d’hôpitaux, d’écoles et d’établissements postsecondaires.

Une nouvelle devise

                    Plaque d'immatriculation.           A Place to Grow (En plein essor), la nouvelle devise des plaques d'immatriculation en Ontario. Les différents médias ont obtenu du matériel promotionnel personnalisé lors du huis clos du budget de l'Ontario le 11 avril 2019. Photo : Radio-Canada

Le budget confirme que les Ontariens auront une nouvelle plaque d’immatriculation, toute bleue, où la devise provinciale « Yours to Discover » sera remplacée par « A Place to Grow » (En plein essor).

L’ego de M. Ford est tellement gros qu’il veut même être sur les plaques d’immatriculation, lance la chef du NPD, Andrea Horwath.

Selon le chef intérimaire des libéraux, John Fraser, le premier ministre devrait plutôt se préoccuper de priorités comme la santé et l’éducation.

De la bière dans les dépanneurs

Le gouvernement réitère également dans le budget son intention de permettre la vente de vin et de bière dans les dépanneurs.

Toutefois, pour ce faire, la province devra d’abord s’entendre avec les grands brasseurs propriétaires des succursales Beer Store et leur verser possiblement des indemnités.

La province promet aussi qu'elle permettra aux amateurs de sport de consommer de l’alcool durant les festivités d’avant-match et qu'elle donnera le droit aux municipalités de légaliser la consommation d’alcool dans les parcs.

Le chef du Parti vert, Mike Schreiner, s’explique mal cette obsession du gouvernement Ford pour l’alcool.

Des francophones oubliés

Il n'y a pas d’argent dans le budget pour relancer le projet d’Université de l’Ontario français que le gouvernement avait suspendu dans son énoncé économique de novembre dernier.

Par ailleurs, le budget du ministère des Affaires francophones subit un léger recul pour 2019-2020.

Peu de concret pour le Nord

Le budget prévoit un investissement de 315 millions sur cinq ans pour des projets visant à accroître l’accès en région à Internet à large bande et aux réseaux cellulaires.

Cependant, aucun financement n'est prévu, par exemple, pour rétablir un service ferroviaire pour passagers dans le Nord de l’Ontario, comme les conservateurs l’avaient promis durant la campagne.

Le gouvernement continuera d’examiner les initiatives visant à répondre aux besoins en transport des résidents du Nord, est-il mentionné dans le budget.

Toronto

Politique provinciale