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La famille de Khashoggi dément avoir été indemnisée par la famille royale

Mohammed ben Salmane serre la main de Salah Khashoggi.
Salah Khashoggi, le seul des quatre enfants du chroniqueur assassiné qui vit toujours en Arabie saoudite, est demeuré discret depuis le meurtre de son père. Cette photo du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane lui offrant ses condoléances avait fait couler beaucoup d'encre lors de sa publication le 23 octobre 2018. Photo: La Presse canadienne / Saudi Press Agency
Radio-Canada

La famille du chroniqueur saoudien Jamal Khashoggi, assassiné en octobre au consulat du Royaume à Istanbul, dément avoir conclu un arrangement financier avec la famille royale, comme l'a rapporté le Washington Post la semaine dernière.

« Actuellement, le procès se tient et aucune discussion sur un arrangement n’a eu lieu ou n’a lieu », écrit son fils, Salah, dans une déclaration en anglais et en arabe publiée au nom des membres de sa famille, mercredi, sur son compte Twitter.

Les gens qui ont commis et ont été impliqués dans ce crime seront tous traduits en justice et punis.

Déclaration de Salah Khashoggi

La déclaration fait preuve d’une grande déférence envers le roi Salmane et son fils, le prince héritier Mohamed ben Salmane, considéré par les autorités turques et les services de renseignements américains comme le commanditaire de ce meurtre qui a choqué la planète.

Le roi et son fils sont considérés comme « les protecteurs de tous les Saoudiens », écrit Salah Khashoggi. « Leurs gestes de générosité et d’humanité émanent de leur grande autorité morale; ils ne sont pas des aveux de culpabilité ou d’un scandale. Nous les enfants de Jamal Khashoggi, avons appris de nos parents à saluer les actes de bonté, pas à les désavouer. »

La monarchie saoudienne dément toute implication du fils du roi dans cette affaire. Elle l’impute plutôt à des éléments « incontrôlés » du régime. Onze hommes subiraient actuellement leur procès, et le procureur aurait requis la peine de mort contre cinq d’entre eux.

Plan rapproché de Jamal Khashoggi qui parle lors d'une conférence de presse à Manama, à Bahreïn, le 1er février 2015.Jamal Khashoggi a d’abord été un proche collaborateur de la famille royale et des services de renseignement avant de devenir un critique de la politique autoritaire du prince Mohamed ben Salmane, surnommé MBS. Photo : Associated Press / Hasan Jamali

Le message de Salah Khashoggi est le premier qu’il publie sur Twitter depuis plus de trois mois. Il n’y explique pas pourquoi il lui a fallu plus d’une semaine pour démentir les informations du Washington Post, publiées en une du quotidien mardi dernier.

Le journaliste Greg Miller, deux fois gagnant d’un prix Pulitzer pour l’excellence de ses reportages, y écrivait que les quatre enfants de Jamal Khashoggi, qui écrivait dans les pages du même quotidien, avaient reçu des compensations valant plusieurs millions de dollars pour le meurtre de leur père.

Citant d’anciens et actuels responsables du royaume wahhabite, il affirmait que les deux fils et deux filles du chroniqueur avaient reçu chacun une maison valant des millions de dollars à Djeddah, et accepté des paiements mensuels d’au moins 10 000 $.

Il soutenait en outre qu’ils pourraient recevoir au terme du procès en cour des paiements forfaitaires de plusieurs millions de dollars dans le cadre d’une entente sur « le prix du sang » que peut réclamer la famille d’une victime en guise de dédommagement.

Les sources du journaliste expliquaient que les compensations versées aux enfants de la victime visaient en partie à s’assurer qu’ils fassent preuve de retenue dans leurs déclarations publiques concernant la mort de leur père.

Avec les informations de l'Agence France-Presse

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