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Starmania a transformé le visage de la comédie musicale

Les chanteurs Martine St-Clair et Robert Leroux interprètent un extrait de Starmania à l'émission Faut voir ça, le 15 décembre 1981.

L'opéra rock Starmania est d'abord présenté à Paris, en avril 1979, puis connaît un succès fulgurant lors de sa présentation à Montréal, en septembre 1980, avec une nouvelle distribution comprenant entre autres Martine St-Clair et Robert Leroux.

Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Karsenty

Radio-Canada

L'arrivée de Starmania sur les planches du Palais des congrès de Paris en 1979 a changé le visage de la comédie musicale francophone à jamais. Retour sur une œuvre révolutionnaire et indémodable qui, 40 ans plus tard, trouve des échos dans les tourments d'aujourd'hui.

Dans le livre L’aventure Starmania, paru en 2017, le journaliste culturel français François Alquier rapporte la genèse de l’opéra rock qui a connu un succès planétaire, une œuvre qu’il décrit comme unique et avant-gardiste.

L’auteur-compositeur-interprète Michel Berger et la chanteuse France Gall étaient allés à New York dans les années 1970 avec dans leurs valises un rêve : celui d’écrire une comédie musicale. Mais laquelle? Comment s’y prendre?

Michel Berger cherchait les mots, mais ils ne lui venaient pas. France Gall lui a fait découvrir des pièces de Diane Dufresne, dont les paroles avaient été écrites par Luc Plamondon. Une inspiration a foudroyé Michel Berger, qui a pris le combiné pour appeler le célèbre parolier, qu’il ne connaissait ni d’Ève ni d’Adam, à trois heures du matin.

Photo en deux partie montrant un plan poitrine de Michel Berger et de Luc Plamondon

Michel Berger (à gauche, en 1982) et Luc Plamondon (à droite, en 2016)

Photo : Getty Images / AFP / Jacques Demarthon / Kate Hutchinson

Celui-ci était d’ailleurs mécontent de se faire déranger en pleine nuit, mais ne lui en a pas tenu rigueur trop longtemps; leur collaboration s’est concrétisée assez rapidement.

Michel Berger voulait faire une comédie musicale en s’inspirant de l’affaire Patricia Hearst, qui était la fille d’un magnat de la presse américain très connu, qui a été enlevée et qui est tombée amoureuse de son geôlier principal, raconte François Alquier, en entrevue avec la chroniqueuse culturelle de l’émission Le 15-18. C’est un peu l’histoire de Cristal avec Rockfort dans Starmania.

Les 40 ans du phénomène Starmania Un visionnaire

C’était un canevas, mais ce n’était pas suffisant pour Luc Plamondon, qui a jugé nécessaire d’approfondir l’intrigue.

Il a traité d’autres thèmes : le désespoir de la jeunesse, le vedettariat de pacotille, la manipulation médiatique, le terrorisme, la tentation du totalitarisme…

François Alquier

Tous des thèmes qui se réverbèrent dans notre société actuelle, ce qui est d’autant plus troublant si l’on considère que Starmania se déroule dans les années 2000.

Si Starmania est une œuvre aussi marquante, c’est que Luc Plamondon a abordé des thèmes « dont personne ne parlait à l’époque ».

C’était visionnaire, c’était un peu dark. Une comédie musicale, avant, c’était quelque chose de plutôt guilleret, de léger, et là il a fait un spectacle magnifique avec des chansons magnifiques, mais sur des thèmes très très très noirs, explique François Alquier.

Il a été vraiment déclencheur d’un nouveau genre de comédie musicale.

François Alquier

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