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Les chauffeurs de taxi manifestent à Québec contre un projet de loi « inhumain »

Des manifestants sont immobilisés sur la Grande Allée, devant l’hôtel du Parlement, à Québec. Plusieurs brandissent des affiches invitant le gouvernement Legault à renoncer à son projet de loi visant à déréglementer l’industrie du taxi.

Les chauffeurs de taxi ont manifesté pacifiquement autour de l’hôtel du Parlement.

Photo : Radio-Canada

Louis Gagné

Des centaines de chauffeurs de taxi ont manifesté à Québec mercredi afin d'exprimer leur opposition au projet de loi 17. Ils accusent le ministre des Transports, François Bonnardel, de vouloir « raser » leur industrie.

Des chauffeurs de Montréal, Sherbrooke, Québec, Drummondville, Saint-Jean-sur-Richelieu, Saguenay et Rimouski, notamment, ont convergé vers le centre-ville un peu avant 10 h, faisant résonner leur klaxon aux quatre coins de la capitale.

Ils se sont rassemblés sur le boulevard René-Lévesque, à proximité de l’Assemblée nationale et du ministère des Transports. Les chauffeurs ont stationné leur voiture sur l’artère avant d’entamer une marche autour de l’hôtel du Parlement.

Les manifestants se sont immobilisés tour à tour devant les entrées situées sur la rue des Parlementaires et sur la Grande Allée. Ils ont ensuite pris la direction de l’hôtel de ville de Québec pour enfin remonter vers la place de l’Assemblée-Nationale, devant le parlement.

Les véhicules des chauffeurs de taxi bloquent le boulevard René-Lévesque au centre-ville de Québec.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les véhicules des chauffeurs de taxi bloquent le boulevard René-Lévesque au centre-ville de Québec.

Photo : Radio-Canada / Pascal Poinlane

Le boulevard René-Lévesque a été fermé à la circulation dans le secteur. Les manifestants avaient laissé une voie libre, en direction nord uniquement, pour les autobus scolaires transportant les élèves au Salon du livre, qui se tient au Centre des congrès, ainsi que pour les véhicules d’urgence.

Commission parlementaire

Les chauffeurs de taxi voulaient marquer à leur façon le début des consultations sur le projet de loi visant à moderniser l'industrie du transport rémunéré de personnes par automobile.

Ils reprochent au ministre Bonnardel de vouloir déréglementer l’industrie au profit de la multinationale Uber. Ils s’inquiètent au sujet de leur gagne-pain et craignent de ne pas être suffisamment dédommagés pour la perte de valeur de leur permis.

Des dizaines de chauffeurs manifestent à proximité de l’Assemblée nationale.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les chauffeurs se sont immobilisés quelques instants devant la rue des Parlementaires, derrière l’hôtel du Parlement.

Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Robin

« On est ouverts à la modernisation de l’industrie […] Donnez-nous les moyens pour moderniser l’industrie pour nous aider à concurrencer Uber. On n’est pas contre la coexistence, mais qu’on rase l’industrie du taxi complètement pour faire entrer Uber ou un autre concurrent, c’est injuste », dénonce un chauffeur venu de Joliette.

« À Uber de payer »

Le ministre Bonnardel a offert un montant compensatoire de 500 millions de dollars. C’est nettement insuffisant, plaide le porte-parole du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ), Abdallah Homsy. Il affirme que la valeur des permis s’élevait à 1,3 milliard en 2014, avant l’arrivée d’Uber.

Des chauffeurs de taxi manifestent dans les rues de Québec. Certains brandissent des affiches ou des fanions dénonçant le projet de loi 17.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les chauffeurs exigent le retrait du projet de loi 17, qui prévoit une forte déréglementation de l’industrie du taxi.

Photo : Radio-Canada / Pascal Poinlane

M. Homsy s’oppose par ailleurs à ce que la facture de l’indemnisation soit refilée aux contribuables. Il affirme que c’est à Uber de payer la note. Pour la même raison, le porte-parole du RITQ est contre la proposition d’imposer une taxe supplémentaire sur chaque course afin de créer un fonds d’indemnisation pour les détenteurs de permis.

« Je pense que c’est une mauvaise approche. Il faut arrêter de demander aux contribuables de payer. [Le gouvernement] veut que ça soit moins cher pour le client, mais on demande une taxe de plus. Voyons donc! C’est illogique. C’est au joueur qui veut rentrer de payer », a déclaré Abdallah Homsy mercredi.

À l’instar des détenteurs de permis, il continue d’exiger le retrait pur et simple du projet de loi 17, qu’il qualifie d’« inhumain ».

Abdallah Homsy répond aux questions des journalistes lors d’une manifestation des chauffeurs de taxi devant l’Assemblée nationale, à Québec.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Abdallah Homsy, porte-parole du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec

Photo : Radio-Canada

Un chauffeur travaillant dans la région de Laval accuse pour sa part le gouvernement Legault de ne pas être à l’écoute des revendications des chauffeurs de taxi.

« Tout ce qu’il fait, c’est qu’il nous impose sa volonté, sa loi, celle de la CAQ. C’est aussi simple que ça, déplore-t-il. Nous autres, tout ce qu’on veut, c’est de trouver un terrain d’entente. »

Symboles nazis

Les organisateurs de la manifestation ont dû effectuer un rappel à l’ordre après qu’au moins un participant eut brandi une pancarte sur laquelle on pouvait apercevoir une croix gammée, symbole associé à l’Allemagne nazie.

Une autre affiche montrait le premier ministre François Legault et le ministre Bonnardel arborant une moustache à la Hitler.

Des chauffeurs manifestent devant l’hôtel du Parlement, à Québec. On aperçoit une affiche montrant François Legault et François Bonnardel affublés d’une moustache à la Hitler.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des affiches associant le gouvernement Legault au régime nazi ont été aperçues lors de la manifestation.

Photo : Radio-Canada / Pascal Poinlane

« On se dissocie complètement de ça, a réagi Abdallah Homsy lorsqu’on l'a invité à commenter l’incident. C'était une personne. On l'a sensibilisée, puis elle a déchiré tout de suite [son affiche]. On n'est pas là pour lancer des attaques personnelles. »

Certains manifestants ont traité le ministre François Bonnardel d’« assassin » et de « raciste ». Des propos que M. Homsy attribue à la détresse psychologique que vivent les chauffeurs.

« En tant que représentants, on essaie de contrôler le type de mots qu’on utilise, mais on parle de 9000 familles, a-t-il fait remarquer. S’il y a des choses qui heurtent, on s’excuse, c’est pas notre but. »

Le Service de police de la Ville de Québec a rapporté un peu après 13 h que la manifestation était terminée et que les chauffeurs de taxi étaient invités à quitter le secteur de la colline Parlementaire.

Avec la collaboration d'Alexandra Duval et de Pascal Poinlane

Société