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L’Alberta recherche la recette pour ressusciter son économie

Un homme parle à deux clients d'un restaurant à un bar. Les deux clients sont de dos. L'homme, Gilles Brassard, astique un verre qu'il tient dans sa main de l'autre côté du bar.

Le gérant du restaurant Cassis n'est pas à court d'idées pour relancer l'économie albertaine.

Photo : Radio-Canada / Jocelyn Boissonneault

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le mot est inscrit en lettres majuscules sur les pancartes de tous les partis de l'Alberta : emplois. Derrière le mot se cache la promesse d'un renouveau : votez pour moi et nous créerons des milliers d'emplois. Mais après quatre ans d'espoirs déçus, peu d'Albertains croient en une solution miracle. Cela ne les empêche pas de déborder d'idées pour relancer leur économie.

À Calgary, au restaurant Cassis, le gérant, Gilles Brassart, brique des verres tout en refaisant le monde avec ses clients. La foule du déjeuner a répondu présente ce jour-là, mais c’est loin d’être les années du boom économique.

« Encore, en janvier et en février, on a vu des baisses de 20 % du chiffre d’affaires. En mars, on est un peu remonté, mais sur les quatre dernières années, il y a une baisse de 30 % », explique M. Brassart.

Le local commercial à côté de son restaurant a subi les effets de ces difficultés économiques. Gilles Brassart y avait ouvert un marché. Mais maintenant les étals sont vides, les lumières, éteintes, et le marché est fermé.

À fond pour les entrepreneurs

Ce ralentissement n’a cependant pas émoussé le sens aiguisé des affaires de l’homme moustachu. Derrière le bar, il désigne du doigt un lot de pailles en plastique. Ce sera son dernier. Un concept de pailles comestibles a déjà attiré son attention.

L’innovation et l’entrepreneuriat, c’est là qu'il voit la force de la province et la source de son renouveau économique. « Il y a énormément d’ingénieurs qui se sont retrouvés sans emploi, et je pense qu'il faudrait aider tous ces gens-là financièrement », propose-t-il.

Un homme regarde vers le haut. En arrière-plan, on voit deux personnes attablées. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Gilles Brassart souhaite plus de moyens pour favoriser la création de petites entreprises.

Photo : Radio-Canada

Les banques sont cependant frileuses, ajoute-t-il, c’est là que le gouvernement devrait intervenir.

[Il y a] des cerveaux, nous avons des prêts à 0 %. Créez des entreprises, créez de la valeur ajoutée. Allez-y à fond, quoi!

Gilles Brassart, gérant du restaurant Cassis

Le président du conseil d’administration du Conseil de développement économique de l’Alberta, Jean-Philippe Couture, pense aussi que la province a tous les ingrédients en main pour une bonne recette économique.

De faiblesses à forces

Même les indices de ralentissement économique comme les licenciements massifs sont pour lui des occasions à saisir. « Peut-être que vous aviez une idée, il y a cinq ans, pour vous partir une entreprise, mais vous aviez une sécurité d'emploi, un revenu? Puis vous perdez tout ça et ça facilite le choix de faire le pas », observe cet avocat, qui aide de nombreuses entreprises émergentes.

Des tours de verre au centre-ville de Calgary. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un quart des tours du centre-ville de Calgary est vide.

Photo : Radio-Canada

Les tours vides du centre-ville de Calgary offrent aussi de belles occasions d’affaires à son avis. « C’est une opportunité pour les petites entreprises. Vous avez accès à une main-d’oeuvre qualifiée, vous avez accès à de l’espace à des coûts plus bas que vous auriez à Vancouver. Ça devient un stimulus économique », remarque-t-il.

Jean-Philippe Couture estime qu'il faudra du temps pour que les Albertains reprennent confiance.

Quatre partis, quatre recettes :

La Chambre de commerce de Calgary fait, elle, une dizaine de recommandations. En plus des réductions de taxes et de réglementations classiques, elle demande une meilleure formation des Albertains aux futurs métiers. Près de 2000 emplois de codeurs et de spécialistes de la gestion de données ne trouvent pas preneurs faute de talents disponibles dans la métropole albertaine.

L'Alberta de 2040?

Le consultant en énergie Marc Lacrampe s’attendait d'ailleurs à ce qu'on mette plus l’accent sur ces occasions d’avenir durant la campagne électorale. « La question à laquelle doivent répondre les gouvernements, c'est : que doit devenir l'Alberta à l'horizon, pas des prochaines élections, mais à l'horizon des années 2040 et au-delà? », affirme-t-il.

Un homme aux lunettes rondes regarde sur le côté. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marc Lacrampe est consultant en énergie à Calgary.

Photo : Radio-Canada / Jocelyn Boissonneault

Pour l’instant, il ne voit pas cette vision d’avenir dans les plateformes des partis. Aucun ne mentionne, par exemple, la prochaine révolution des transports que seront les voitures électriques et autonomes. « Comment se situe l'Alberta dans ce chantier de transition énergétique reconnu à l'échelle mondiale », demande-t-il.

Est-ce que l'Alberta du futur doit ressembler à l'Alberta des années 2006, avec le plein emploi et les énergies concentrées au niveau de la production des énergies fossiles, ou est-ce que l'Alberta du futur ressemblera à quelque chose d'autre?

Marc Lacrampe, consultant en énergie

Ce quelque chose d’autre, il l’imagine comme un possible chantier provincial et national pour restaurer, par exemple, les terres perturbées par les années d’exploitation pétrolière. S’attaquer à ce passif environnemental créerait de l’emploi et une expertise technique.

Toutefois, il s’agit de projets à très long terme qui demanderaient de la patience de la part des Albertains. L’échéance électorale se compte, elle, en jours.

Notre dossier sur les élections provinciales 2019 en Alberta

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