•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

De retour au rugby, Karen Paquin revient de loin

Karen Paquin à l'entraînement avec l'équipe canadienne, cette semaine.

Karen Paquin à l'entraînement avec l'équipe canadienne, cette semaine.

Photo : Courtoisie Karen Paquin

Guillaume Piedboeuf

Près de deux ans après avoir subi une mystérieuse blessure au genou lors de la Coupe du monde de rugby, Karen Paquin peut finalement renfiler les crampons. « Ç'a été un gros voyage qui m'a amené dans toutes sortes de recoins où je ne pensais pas aller », confie la joueuse de Québec au sujet de sa longue réhabilitation.

Karen Paquin ne cache pas sa fébrilité à l’idée de fouler à nouveau le terrain avec l’équipe canadienne de rugby à sept. Dimanche, la joueuse de 31 ans et ses coéquipières s’envolent pour le Japon pour une étape des séries mondiales de rugby, les 20 et 21 avril.

Paquin y disputera ses premiers matchs de rugby à 7 depuis les Jeux olympiques de Rio, et ses premiers matchs tout court depuis la Coupe du monde de rugby à 15, en août 2017.

C’est lors du 2e match de l’équipe canadienne à cette fameuse Coupe du Monde, en Irlande, que la joueuse de Québec avait subi ce que les médecins pensaient être une blessure assez classique au ménisque du genou droit. Même si son genou pouvait bloquer à tout moment, Paquin avait été en mesure de compléter le tournoi et même d’aller tenter sa chance au bobsleigh, le mois suivant, lors d’entraînements avec l’équipe canadienne.

Mais en octobre, il est apparu évident que Paquin allait devoir passer sous le bistouri pour réparer son ménisque. On pensait que ce serait une petite chirurgie, deux ou trois mois de réhabilitation et j’allais être capable de revenir, raconte-t-elle.

Mystère médical

Durant les dix mois qui ont suivi, toutefois, rien n’a réussi à améliorer l’état de son genou. Injections de cortisone, consultations avec différents médecins, le problème semblait échapper à tout le monde.

Il y a eu des hauts et des bas. Des bouts où l’on ne savait pas où on s’en allait. Il y a eu des moments où je suis rentré chez le physio et je pleurais. J’étais tanné. Rien ne marchait. J’étais au bout de mes connaissances et mêmes des connaissances des gens autour de moi.

Mais elle ne pouvait se résoudre à une retraite forcée. Si elle décidait d’accrocher ses crampons, ce serait dans ses propres termes.

Karen Paquin, de l'équipe canadienne de rugby, aux Jeux olympiques de Rio

Karen Paquin, de l'équipe canadienne de rugby, aux Jeux olympiques de Rio

Photo : Getty Images / David Rogers

En dernier recours, l’ancienne porte-couleur du Rouge et Or a pris la décision de retourner sur la table d’opération, en août dernier. On ne savait pas ce qu’on allait trouver ou même si on allait trouver quelque chose. Finalement, il y avait un petit bout de ménisque déchiré qui était caché et qu’on a pu enlever.

De là, la native de Québec a senti qu’elle commençait à remonter la pente. J’ai pu reprendre l’entraînement et tranquillement recommencer à courir. Ça faisait un an que je ne faisais rien, que je ne courais pas, que je ne jouais pas au rugby. Ce n’était plus juste de revenir d’une blessure, c’était retrouver mes habiletés physiques.

Un coup de pouce financier

En octobre, avec encore plusieurs mois de réhabilitation devant elle, Paquin a obtenu un bon coup de pouce en réintégrant officiellement l’équipe canadienne de rugby à 7. Une place qui est attachée à une allocation financière de Sport Canada et Rugby Canada.

La même allocation que Karen Paquin avait perdu lorsqu’elle avait décidé de joindre les rangs de l’équipe canadienne de rugby à 15 pour la Coupe du Monde 2017. Mais cette mésentente avec Rugby Canada est maintenant derrière elle.

J’ai été forcé de prendre du recul et je me rends compte que je n’étais pas prête à quitter le sport et mon équipe. La première pratique cet hiver où j’ai été capable de faire un simple exercice à 2 contre 2 avec un peu d’espace, j’avais le sourire jusqu’aux oreilles. J’étais comme une petite fille à Noël.

D’ici aux Jeux de Tokyo, à l’été 2020, la Québécoise s’entraînera donc uniquement avec l’équipe canadienne de rugby à 7. Elle assure toutefois qu’il est trop tôt pour qu'elle pense aux olympiques.

Il faut que je me concentre sur reprendre du galon. Je ne reviens pas en étant la Karen Paquin de 2015 qui était solide sur tous ses jeux. Il faut que je redéveloppe mes automatismes et que j’adapte mon jeu.

Et surtout, la vétérane de l’équipe canadienne veut désormais profiter de chacune de ses présences sur le terrain. Il n’y a pas beaucoup de monde qui peuvent vivre de leur passion. Je joue au ballon avec mes amis. Je me sens privilégiée et ce sera spécial de retourner en séries mondiales au Japon.

Avec les informations de Jean-Philippe Martin

Rugby

Sports