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Élections en Israël : Gantz concède la victoire à Nétanyahou

Le premier ministre sortant Benyamin Nétanyahou et sa femme, Sara, lors de l'annonce des estimations à la sortie des urnes des élections législatives israéliennes.

Photo : Reuters / Ammar Awad

Radio-Canada

La coalition centriste Bleu et blanc de Benny Gantz a finalement reconnu mercredi sa défaite face au Likoud de Benyamin Nétanyahou et ses alliés religieux et d'extrême droite lors des élections législatives tenues mardi en Israël.

Après dépouillement de 97 % des bulletins, la coalition de l'ex-chef d'état-major de l'armée israélienne et le Likoud sont donnés au coude-à-coude avec 35 sièges chacun, mais M. Nétanyahou devrait pouvoir s'appuyer sur une majorité de 65 élus sur 120 pour entreprendre un cinquième mandat en tant que premier ministre.

Alors que Benny Gantz avait crié victoire mardi soir, avant d'être démenti par les résultats partiels annoncés au fil de la nuit, le numéro deux de Bleu et blanc, Yaïr Lapid, a admis la défaite de la coalition centriste.

Nous n'avons pas gagné cette fois. Nous allons mener une vie d'enfer au Likoud dans l'opposition.

Benny Gantz, chef de la coalition centriste Bleu et blanc

L'arithmétique des alliances laissait déjà à penser qu'à 69 ans, Benyamin Nétanyahou, qui peut compter sur plus d'alliés au Parlement que l'alliance centriste, allait être reporté au pouvoir pour un cinquième mandat.

S'il parvient à se construire une majorité, il battra un record de longévité au poste de premier ministre, malgré la menace d’inculpation pour plusieurs faits de corruption.

M. Nétanyahou avait pour sa part revendiqué une victoire « nette » dès mardi soir.

« Le bloc de droite dirigé par le Likoud a clairement gagné. Je remercie les citoyens israéliens pour leur confiance. Je vais commencer à former un gouvernement de droite avec nos partenaires naturels dès ce soir », a-t-il dit, cité par le Jerusalem Post.

Depuis ses premières élections parlementaires en 1949, Israël n'a jamais eu de gouvernement majoritaire, ce qui a parfois mené à de longues tractations en vue de former une coalition gouvernementale.

Il revient officiellement au président du pays, Reuven Rivlin, de demander à un parti de tenter de former le gouvernement. Son chef dispose de 42 jours pour rallier ses adversaires à sa cause.

Trump se félicite de la réélection de « Bibi »

Le président américain Donald Trump soutient qu'avec la potentielle réélection de Benyamin Nétanyahou, les chances que la paix s'installe au Moyen-Orient grandissent.

« Je pense que nous avons de meilleures chances, maintenant que ­"Bibi" a gagné », a-t-il déclaré à des journalistes, depuis la Maison-Blanche. Avant d'ajouter : « Il a toujours été un grand allié et un ami. Je le félicite pour cette course bien menée. »

Entre autres engagements électoraux, le premier ministre sortant a promis d'annexer les plus que controversées colonies de peuplement en Cisjordanie occupée.

À une semaine de la tenue du vote, M. Nétanyahou a bénéficié d'un véritable cadeau de la part du président américain. Profitant de la visite du premier ministre israélien à Washington, Donald Trump a reconnu formellement la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, une décision contestée par la communauté internationale.

Ce n'est pas la première victoire diplomatique dont M. Nétanyahou pouvait se targuer devant les électeurs. En décembre 2017, les États-Unis ont rompu avec près de sept décennies de diplomatie américaine et internationale en reconnaissant unilatéralement Jérusalem comme capitale d'Israël. Ils y ont inauguré leur ambassade cinq mois plus tard.

Succès dans les urnes pour les partis ultraorthodoxes juifs

Avec 16 députés sur les 120 que compte le Parlement israélien, les partis ultraorthodoxes juifs ont signé une performance historique lors des élections législatives, et ont progressé de trois sièges à la Knesset.

Benyamin Nétanyahou devra tenter de s'assurer l'appui de ces formations politiques, les partis Shas et Judaïsme unifié de la Torah, s'il mise sur sa droite, au lieu d'une alliance avec ses rivaux centristes.

Dans leurs programmes, Judaïsme unifié de la Torah et le parti Shas s’engagent à maintenir le statu quo, voire à augmenter les bourses et allocations versées aux juifs haredim, une communauté juive ultraorthodoxe qui représente 10 % de la population. Un programme contraire aux recommandations de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), qui soutiennent qu'Israël n'a plus les moyens de financer ce soutien.

Le déficit budgétaire attendu d'Israël est attendu autour de 4 % du PIB cette année.

Avec les informations de Haaretz, Jerusalem Post, et Reuters

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