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Criminalité à Norwood, entre résignation et sursaut citoyen

Un homme s'adresse à une foule de gens assis.

Le conseiller municipal de Saint-Boniface Matt Allard a organisé une réunion publique mardi soir en réponse à la frustration croissante de la communauté et aux statistiques croissantes sur la criminalité dans le quartier.

Photo : Radio-Canada / Cameron MacLean

Radio-Canada

L'augmentation de la criminalité, dans le voisinage du quartier Norwood et dans d'autres secteurs de Saint-Boniface, inquiète de plus en plus les résidents qui se sentent désemparés. Mardi soir, ils ont été plus d'une centaine à se réunir pour exiger des solutions et échanger avec des agents de police venus leur dispenser des conseils afin de protéger leurs biens.

Le conseiller de Saint-Boniface, Mathieu Allard, avait invité les citoyens à cette rencontre pour discuter de la sécurité dans le secteur de Norwood Ouest, aussi appelé Norwood Flats. Des représentants du Service de police de Winnipeg étaient présents. La question des crimes contre la propriété, qui connaissent une hausse dans le quartier, a été particulièrement débattue.

Rassemblés dans la salle du centre communautaire Norwood, les résidents ont écouté religieusement la policière Chika Modozie énumérer des conseils pratiques pour protéger les véhicules et éviter les intrusions avec violence dans les domiciles.

Pendant une présentation de quarante-cinq minutes, la policière a insisté sur l’importance d’avoir des portes renforcées, de toujours fermer les portes et les fenêtres et de ne rien laisser dans une voiture. Elle a également mis l’accent sur l’importance, pour les résidents, de s’impliquer dans la sécurisation de leur quartier en mettant notamment en place des patrouilles.

Une femme noire porte un uniforme de la police de Winnipeg.

La policière Chika Modozie a appellé les membres de la communauté de Norwood à signaler systématiquement même les plus petites infractions à la police.

Photo : Radio-Canada / Cameron MacLean

Elle a encouragé les personnes à signaler les crimes même mineurs à la police, car le suivi de ces données permet à la police de concentrer ses ressources.

« Signalez même quand quelqu'un a fouillé dans votre voiture », a-t-elle dit.

« Quand les policiers patrouillent, ils peuvent consulter ces données et accroître leur présence dans la région ».

Une fois la présentation terminée, la file des personnes désireuses de prendre la parole devant l’assemblée s’est immédiatement constituée.

« Une fois que l’on a fait tout ce que vous nous dîtes de faire, et quelqu’un essaie tout de même de rentrer, que devons-nous faire ? », demande une résidente visiblement excédée par les crimes à répétition dans le quartier qu’elle dit habiter depuis plus de 45 ans. La réponse de la police ne semble pas la satisfaire ni certaines autres personnes de l’assistance.

Le fléau de la méthamphétamine

M. Allard dit avoir constaté la nécessité d’organiser cette rencontre « en parlant aux résidents de Norwood Ouest », mais aussi après avoir tenu une rencontre semblable il y a quelques années dans le quartier Windsor Park.

« J’ai demandé à la police ce qui se passait au niveau des crimes contre les biens et il semble y avoir une hausse alors que, dans les années passées, il y avait des diminutions, explique-t-il. Ce qui a changé, c’est le fléau de la méthamphétamine, une drogue pas chère qui affecte les gens d’une façon très négative. »

Mathieu Allard précise que ce type de rencontre permet aux citoyens de s’informer sur les initiatives citoyennes et les programmes existants. Dans Saint-Boniface, des bénévoles font des patrouilles, initiées par l’organisme St. Boniface Street Links.

Le programme Block Captain est aussi une option qui fonctionne, selon le conseiller municipal qui y a déjà participé. Dans ce programme, « un résident prend l’initiative de réseauter avec ses voisins et, chaque fois qu’un crime contre la propriété est commis, cette personne s’informe et communique avec les voisins. », souligne M. Allard. Le voisinage est donc mieux informé et les crimes sont davantage rapportés à la police.

Un problème complexe et commun

À l’issue de la rencontre, le conseiller de Saint-Boniface s’estime satisfait de cette première rencontre, mais souligne que le problème reste complexe et que les solutions prendront du temps. Selon lui, c’est aussi l’occasion pour les résidents de voir ce qu’ils peuvent faire à leur échelle dès maintenant pour sécuriser leur quartier.

Parmi ces résidents, Diane Johnson est partie un peu déçue de la rencontre. Résidente de longue date du quartier, elle a été victime d’un cambriolage l’année dernière, lorsqu’elle s’est retrouvée nez à nez avec un homme qui a pénétré dans sa maison.

« Cela m’a pris un an pour ne pas sursauter à chaque fois que quelqu’un sonne à la porte », a-t-elle confié.

« Ils n’ont pas parlé de ça, que doit-on faire quand quelqu’un rentre chez nous ? »

Pour sa part, son mari Renald voit de l’espoir dans cette rencontre.

« La communauté se rassemble autour d’un problème commun », note-t-il.

Un homme porte des lunette et un blonson de couleur grise.

Rémi Gosselin, un résident du voisinage de Norwood Flats trouve «encourageant» de voir la communauté travailler en solidarité.

Photo : Radio-Canada

Une observation que partage Rémi Gosselin, lui aussi résident du quartier.

« C’est encourageant de voir les gens travailler en solidarité, je retiens que les gens aiment leur quartier », indique-t-il.

« Les solutions ne sont pas simples, mais les citoyens travaillent ensemble et on a voulu faire passer ce message-là aux élus. »

Le conseiller de Saint-Boniface, Matthieu Allard, s’engage, quant à lui, à faire remonter les doléances des résidents à la police de Winnipeg ainsi qu’à

l’administration de la Ville, mais en appelle également aux différents paliers de gouvernement pour trouver une solution à la crise de la méthamphétamine qu’il désigne comme un problème de santé publique.

Manitoba

Prévention et sécurité