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La gratuité des études disparaît pour les étudiants néo-brunswickois aux revenus modestes

Le ministre de l'Éducation postsecondaire du Nouveau-Brunswick, Trevor Holder, en conférence de presse à Fredericton.
Le ministre de l'Éducation postsecondaire, Trevor Holder, dévoile les détails des programmes d'aide financière de son gouvernement pour les étudiants. Photo: Radio-Canada / Michel Corriveau
Radio-Canada

Le gouvernement Higgs, au Nouveau-Brunswick, modifie l'aide aux étudiants. Ses changements auront pour effet de faire disparaître la « gratuité » des études postsecondaires pour les étudiants à revenus modestes, instaurée par l'ancien gouvernement libéral.

Le programme, créé par le gouvernement libéral de Brian Gallant, assurait le remboursement complet des droits de scolarité payés par les étudiants issus de familles dont le revenu annuel ne dépassait pas 60 000 $. Le gouvernement Gallant avait plus tard élargi ce programme pour réduire les droits payés par les étudiants issus de ménages gagnant 123 500 $ et moins par année.

On a rencontré le ministre de l’Éducation postsecondaire, Trevor Holder, aux alentours du mois de mars. Puis durant la rencontre, il nous avait assuré que le programme des droits de scolarité ne serait pas touché , affirme Pascale Rioux, présidente de la Fédération des étudiantes et étudiants du campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM).

C’est sûr que ce matin, il y a une petite perte de confiance envers le gouvernement face à ça, parce qu’on s’est fait mentir en pleine face

Pascale Rioux, présidente de la FÉÉCUM
Pascale Rioux, présidente de la Fédération des étudiantes et des étudiants du Centre universitaire de Moncton en entrevue à la télé.Les étudiants se sentent trahis, selon Pascale Rioux, présidente de la Fédération des étudiantes et des étudiants du Centre universitaire de Moncton. Photo : Radio-Canada

Le gouvernement Higgs remplace le plan des libéraux par un programme de bourses élargi. Les étudiants des universités et collèges privés de la province seront dorénavant admissibles à ces bourses.

Ce programe, offert conjointement avec le programme fédéral de bourses – la Bourse canadienne pour étudiants à temps plein – versera la somme maximale aux étudiants de familles modestes, mais il ne permettra plus de ramener à zéro leurs droits de scolarité.

Pour un revenu familial annuel de 24 000 $, par exemple, l'étudiant devra payer des droits de scolarité de 1870 $ lorsque le montant de ses bourses aura été déduit. Le montant maximal qui sera versé par la province sera de 3000 $.

Crédit d'impôt rétabli

Les progressistes-conservateurs de Blaine Higgs rétablissent par ailleurs un crédit d'impôt pour frais de scolarité. Ce crédit permettra aux diplômés de réclamer un crédit annuel pour réduire leur endettement.

De 2004 à 2016, 48 000 Néo-Brunswickois en moyenne ont réclamé ce crédit par année. Il sera de nouveau disponible dès que des modifications à la Loi de l'impôt sur le revenu auront été effectuées.

Le crédit peut être réclamé par des étudiants ou par des parents admissibles.

En 2016, la dernière année du programme avant son abolition, les étudiants qui avaient réclamé le crédit avaient reçu 541 $ en moyenne et les parents, 469 $.

Les deux mesures du gouvernement - un programme de bourses élargi et le crédit d'impôt - n'entraîneront pas de dépenses additionnelles. Le budget de l'aide financière aux étudiants demeure cette année à 19,2 millions de dollars, un montant identique à celui de l'an dernier.

Établissements publics et privés sur un pied d'égalité

L'annonce du programme de « gratuité » des études postecondaires du gouvernement Gallant avait suscité la grogne des étudiants des établissements privés, au Nouveau-Brunswick, puisqu'ils n'étaient pas admissibles. Selon le gouvernement Higgs, 1700 d'entre eux seront admissibles à son programme de bourses élargi, en plus des 9500 étudiants qui étaient déjà couverts.

Notre gouvernement reconnaît à quel point il est important que les gens du Nouveau-Brunswick aient accès à l’éducation postsecondaire, mais cet accès doit être équitable, a déclaré le ministre de l’Éducation postsecondaire, Trevor Holder.

La présidente du collège privé Oulton de Moncton, Darcie Robichaud, était enchantée en apprenant la nouvelle. Au collège Oulton, comme école privée, la tuition était toujours plus haute que les écoles publiques; ça ne va pas changer. Les étudiants font leur choix, [...] ils vont choisir une place où ils veulent étudier et si leur choix, c'est Oulton, au moins, maintenant, ils vont avoir un petit quelque chose.

Darcie Robichaud, présidente du collège Oulton de Moncton.Darcie Robichaud, présidente du collège Oulton de Moncton, estime que les étudiants des collèges privés ont droit aux mêmes programmes d'aide que les étudiants des établissements publics. Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

L'association des collèges et des universités privés du Nouveau-Brunswick avait menacé le gouvernement précédent d'une poursuite en justice s'il ne révisait pas son programme.

Accès à l'éducation réduit, selon l'opposition

En ce qui concerne l'opposition libérale, à Fredericton, elle estime que les modifications apportées par le gouvernement Higgs à l'aide aux étudiants constituent un net recul pour les jeunes de familles à faible revenu.

Les gens qui n'ont pas [...] l'argent pour aller à l'université, ça veut dire qu'ils devront faire un choix, a affirmé le député de Campbellton-Dalhousie, Guy Arseneault. Est-ce qu'il sera possible de continuer? [Certains décideront] peut-être de prendre un an de congé; de travaller un peu plus; peut-être de tout lâcher et d'aller [directement] sur le marché du travail. 

Nouveau-Brunswick

Éducation