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Ottawa veut endiguer le flot de migrants irréguliers à la frontière

Une famille que l'on voit de dos avec sacs et valises est arrêtée par les policiers.

Une famille de Colombiens est arrêtée par des agents de la Gendarmerie royale lorsqu'ils franchissent illégalement la frontière entre le Canada et les États-Unis, près de Champlain, dans l'État de New York.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement libéral a entamé des démarches pour réduire le flux de demandeurs d'asile qui entrent de façon irrégulière au Canada, en provenance des États-Unis.

Enchâssée dans le plus récent projet de loi budgétaire, un projet de loi omnibus de 392 pages qui a été déposé lundi soir aux Communes, on trouve une disposition qui empêche quiconque ayant présenté une demande d'asile dans certains autres pays de présenter une nouvelle demande au Canada.

Cette disposition s'appliquerait aux demandes présentées auprès de nations avec lesquelles Ottawa possède des accords de partage d'informations. Les États-Unis, desquels proviennent tous les migrants irréguliers, sont l'un de ces pays.

Selon Mathieu Genest, porte-parole du ministre de l'Immigration Ahmed Hussen, le principal effet de ce changement devrait concerner les gens dont la demande d'asile a été rejetée aux États-Unis et qui tentent de nouveau leur chance au Canada.

Le texte précise toutefois que le simple fait d'avoir présenté une demande est suffisant pour devenir inadmissible.

Cette disposition s'appuie sur la croyance voulant que le système canadien de gestion des réfugiés soit similaire à celui des États-Unis. En ce sens, quiconque est rejeté au pays de l'Oncle Sam risque fort d'être rejeté ici aussi, explique M. Genest.

Les personnes qui obtiennent une fin de non-recevoir ne seront toutefois pas nécessairement renvoyées vers leur pays d'origine. M. Genest précise que ces demandeurs auront droit à une évaluation des risques, histoire de déterminer s'il est sécuritaire de les retourner dans ces pays.

Une entente imparfaite

Le Canada a conclu une Entente sur les tiers pays sûrs avec les États-Unis, qui considère ce pays comme l'équivalent du Canada pour les demandeurs d'asile. Si un réfugié potentiel arrive à un poste frontalier en provenance des États-Unis, et qu'il réclame l'asile, les agents frontaliers doivent le renvoyer au sud. Mais l'accord possède une faille : il ne s'applique pas aux gens se trouvant déjà au Canada lorsqu'ils présentent leur demande.

Cela a poussé des milliers de personnes craignant d'être expulsées par les États-Unis à franchir la frontière canadienne en passant par champs et forêts.

Plusieurs de ces demandeurs proviennent de pays comme Haïti, dont les citoyens jouissaient d'un statut de protection temporaire aux États-Unis. Ce statut les empêche d'être expulsés du pays pour retourner vers des lieux dangereux si les demandes individuelles ne sont pas acceptées. Parmi les autres pays sur cette liste, on compte la Syrie, le Népal, la Somalie et le Yémen.

Sous l'administration Trump, les États-Unis ont tenté de raccourcir cette liste.

Haïti, le Soudan, le Nicaragua et le Salvador ont ainsi été biffés. La démarche a été bloquée par une injonction, mais la décision du gouvernement a placé des dizaines de milliers de personnes à risque d'être expulsées, ce qui a du même coup provoqué l'exode vers la frontière nord.

Avec les informations de La Presse canadienne

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