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Les liens entre la Caisse de dépôt et SNC-Lavalin évoqués dans une controverse en Inde

La Caisse de dépôt et placement du Québec.

Avec une participation d'environ 20 %, le bas de laine des Québécois est le plus important actionnaire de la firme d'ingénierie, qui éprouve des difficultés financières en plus d'être mêlée à une crise politique à Ottawa qui secoue le gouvernement Trudeau.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) se retrouve malgré elle mêlée à une controverse politique en Inde en raison de l'importante participation qu'elle détient dans la firme d'ingénierie SNC-Lavalin.

Dans l'État du Kerala, sur la côte indienne tropicale, la réputation de la multinationale québécoise a été entachée en raison d'allégations d'irrégularités entourant l'octroi d'un contrat qu'elle a obtenu dans les années 1990 afin d'offrir une cure de rajeunissement à des centrales électriques.

À la suite de procédures judiciaires qui se sont terminées en 2017, SNC-Lavalin n'avait pas été reconnue coupable de quoi que ce soit.

À l'approche des élections législatives, l'affaire est revenue à l'avant-scène, puisque le chef de l'opposition à l'Assemblée législative du Kerala, Ramesh Chennithala, y est allé d'une série de sorties publiques au cours des derniers jours, parallèlement à l'acquisition par la CDPQ des obligations du Fonds de financement des infrastructures du Kerala (KIIFB). La mission du fonds est d'investir de l'argent qui ne provient pas de l'État dans les infrastructures.

« Il est choquant de constater que la majorité des obligations de type masala émises par KIIFB, dont les intérêts sont exorbitants, ont été achetées par la CDPQ [le plus important] actionnaire de SNC-Lavalin », a fait valoir M. Chennithala, dans un message publié sur son compte Twitter.

Dans diverses entrevues accordées à des médias indiens au cours des derniers jours, le politicien - qui n'a pas répondu aux appels ni aux courriels de La Presse canadienne - a également répété ces critiques.

Par voie de communiqué, KIIFB a voulu réfuter ces critiques en affirmant qu'il serait « catégoriquement faux et non fondé sur des faits de relier de quelque manière que ce soit » la transaction concernant les obligations aux liens qu'entretiennent la CDPQ et SNC-Lavalin.

« Des documents publics démontrent que la Caisse a effectué des investissements totalisant environ 4,5 milliards de dollars américains en Inde », a fait valoir le fonds.

Avec une participation d'environ 20 %, le bas de laine des Québécois est le plus important actionnaire de la firme d'ingénierie, qui éprouve des difficultés financières en plus d'être mêlée à une crise politique à Ottawa qui secoue le gouvernement Trudeau.

Sans vouloir s'immiscer dans le débat public en Inde, le porte-parole de la CDPQ, Maxime Chagnon, a abondé dans le même sens que le fonds d'infrastructures indien en affirmant que l'investissement de l'institution dans SNC-Lavalin n'avait rien à voir avec la transaction effectuée à KIIFB.

« Cela n'est pas basé sur des faits », a-t-il indiqué, au cours d'un entretien téléphonique.

En février dernier, le président et chef de la direction du gestionnaire québécois de régimes de retraite, Michael Sabia, avait indiqué que l'institution allait demeurer un pilier de l'entreprise québécoise en dépit des turbulences actuelles.

Présence en Inde

Au cours des dernières années, dans le cadre de son virage à l'international, le gestionnaire québécois de régime de retraite s'est notamment tourné vers l'Inde, où il compte un bureau permanent.

En mars, la Caisse avait élargi son partenariat dans ce pays avec Edelweiss Group, en injectant environ 250 millions de dollars américains dans une entité de cette société indienne spécialisée dans les services financiers. Cela s'ajoutait à une première collaboration annoncée en 2016 en vue d'investissements pouvant atteindre 700 millions de dollars américains sur quatre ans.

SNC-Lavalin, qui fait face à des accusations de fraude et de corruption pour des gestes qui auraient été posés entre 2001 et 2011 en Libye, pourrait perdre le droit de soumissionner pendant une décennie pour obtenir des contrats fédéraux au Canada, si elle était reconnue coupable.

La firme d'ingénierie, qui souhaite obtenir un accord de réparation dans le but d'éviter un procès criminel, est revenue à la charge auprès de la Cour fédérale, la semaine dernière, en évoquant des « faits nouveaux et profondément troublants ».

Dans une requête, elle affirme notamment que le témoignage de l'ancienne procureure générale Jody Wilson-Raybould démontre qu'elle a statué sur son cas sans avoir toutes les données en main.

Mme Wilson-Raybould, elle, avait décidé de ne pas intervenir dans la décision de la directrice, malgré les pressions soutenues du bureau du premier ministre. Dans la foulée de cette affaire, elle a démissionné de son poste.

Contactée par La Presse canadienne, SNC-Lavalin n'a pas souhaité commenter l'histoire.

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