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Rougeole : vacciner pour éviter des complications « extrêmement graves »

Gros plan sur un pédiatre qui vaccine un bébé.
Selon Santé publique Ottawa, environ 95 % des enfants de la capitale fédérale sont vaccinés contre la rougeole. Photo: Getty Images / Sean Gallup
Radio-Canada

Alors que les autorités sanitaires mettent en garde contre deux nouveaux cas de rougeole à Ottawa, plusieurs experts ont rappelé, lundi, que la vaccination reste la meilleure protection contre les épidémies et les complications potentiellement mortelles.

C’est préoccupant, parce que la rougeole, c’est une maladie qui n’est pas aussi bénigne qu’on peut penser, qui peut avoir des conséquences graves et qui peut encore aujourd’hui causer des décès dans les pays comme le Canada, met en garde Ève Dubé, anthropologue et chercheuse à l'Institut national de santé publique.

Des éclosions comme celles survenues récemment dans l'Ouest canadien, aux États-Unis ou même au Québec — dans Lanaudière en 2015 — sont facilement évitables par un vaccin sécuritaire, efficace et disponible, insiste-t-elle.

La rougeole est une maladie respiratoire qui s'accompagne généralement de symptômes tels qu'une forte fièvre, le nez qui coule, une toux persistante, les yeux rouges et une éruption cutanée généralisée.

Par contre, la maladie peut également entraîner des complications sérieuses comme l'encéphalite, une inflammation du cerveau potentiellement mortelle et contre laquelle il n'y a pas de traitement.

Gaston De Serres, professeur d'épidémiologie à l'Université Laval, indique qu'environ 1 personne atteinte de rougeole sur 1000 aura une encéphalite.

Ce sont des complications rares, mais évidemment extrêmement graves.

Gaston De Serres, professeur d'épidémiologie à l'Université Laval

Dans ce contexte, la vaccination devient d'autant plus importante que la rougeole est une des maladies les plus contagieuses qui soient, rappelle quant à elle Caroline Quach, microbiologiste et infectiologue pédiatrique au Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine.

Selon les chiffres avancés par la spécialiste, 1 seul cas de rougeole peut se transmettre à 16 personnes vulnérables dans un rayon de quelques mètres autour d'un patient par la simple voie aérienne. On peut comprendre assez facilement comment ça peut devenir de grandes éclosions, affirme-t-elle.

Il suffit d’être dans la même pièce que quelqu'un qui a la rougeole pour risquer de l’attraper nous aussi.

Ève Dubé, anthropologue et chercheuse à l'Institut national de santé publique

C'est pourquoi Santé publique Ottawa ne prend aucun risque, même si les deux cas signalés dans la dernière semaine ne sont pas liés et que ces personnes ont été ramenées au Canada de l'extérieur du pays.

Avec un taux de vaccination de 95 % des enfants, il y a une protection ici, à Ottawa, assure Andrew Hendriks, directeur chez Santé publique Ottawa. Si les autorités multiplient les efforts en ce moment, c'est donc principalement pour protéger les populations plus vulnérables, c'est-à-dire les enfants de moins d'un an, les femmes enceintes et les personnes avec un système immunitaire affaibli.

Le dernier cas recensé à Ottawa remontait à 2016. Au Québec, on n'a enregistré que cinq cas de rougeole entre 2016 et 2018. Il y a eu cinq jusqu'à maintenant dans la province en 2019. Ainsi, bien qu'elle soit hautement contagieuse, la maladie reste très rare.

Mais si on avait 20 % des enfants qui étaient non vaccinés au Canada, évidemment, on verrait la rougeole se déployer comme une traînée de poudre.

Gaston De Serres, professeur d'épidémiologie à l'Université Laval

Comme le vaccin reste la clé, les experts s'inquiètent de voir les taux de vaccination diminuer dans certains pays européens et aux États-Unis, où des mouvements antivaccins bien organisés sèment la méfiance dans l'esprit des gens.

Il n'y aurait que 2 % d'antivaccins au Canada, selon la spécialiste en prévention des maladies infectieuses Ève Dubé. Mais avec les médias sociaux, on peut rapidement être contaminé par ces discours-là qui viennent d’autres pays, déplore-t-elle.

Avec les informations de Josée Guérin

Ottawa-Gatineau

Santé publique