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Éducatrices francophones recherchées pour la petite enfance en C.-B.

Une enfant lit un livre dans une garderie.

Le manque de places dans les garderies francophones de la province engendre de longues listes d'attente, comme le soulignent plusieurs parents.

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent-Bouchard

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pour remédier au manque d’éducatrices certifiées dans le milieu de la petite enfance, les parents francophones de la Colombie-Britannique suggèrent que le gouvernement reconnaisse les certifications obtenues au Québec ou à l’extérieur de la province. De nombreuses familles disent devoir être inscrites sur de longues listes d'attente dans l'espoir d'obtenir une place dans une garderie francophone.

Lorsque Kathy L.-Cabana et son conjoint, originaires du Québec, ont cherché une place en garderie à Victoria, et auraient aimé que leur enfant aille à la garderie francophone Saute-Mouton, située dans l'École Victor-Brodeur.

« On n’a pas eu la chance d’avoir une place en milieu francophone. Mon fils fréquente une garderie anglophone en milieu familial en ce moment. »

— Une citation de  Kathy L.-Cabana, mère d’un enfant de 18 mois à Victoria

Mais Kathy L.-Cabana se trouve tout de même chanceuse d'avoir trouvé une place dans une garderie, même anglophone. La recherche du couple a été longue et fastidieuse et il a dû s’inscrire sur une liste d’attente à différentes reprises.

Un enfant sur une chaise devant un gâteau d'anniveraire et une bougie allumée avec ses parents de chaque côté.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le premier anniversaire d'Émile Rivard a marqué le retour au travail de sa mère et son entrée à la garderie. À gauche de l'enfant, Kathy L.-Cabana et à sa droite, son père Vincent Rivard.

Photo : Kathy L.-Cabana

« Ça crée beaucoup de stress parce qu’on n’a pas de famille. Ils sont tous au Québec. »

— Une citation de  Kathy L.-Cabana, mère d’un enfant de 18 mois à Victoria

Tout envisager pour garder la langue française

À Squamish, l’école francophone n’a pas de service de garderie sur place en raison du manque d’espace. Amy Dunk travaille dans cette école du Conseil scolaire francophone (CSF) et elle tient absolument à trouver un service de garde en français.

Son premier enfant a réussi à obtenir une place dans l’unique service en français de la communauté, une garderie en milieu familial. Par contre, la garderie n’a pas de place pour accueillir son second enfant, alors que, dans six mois, Amy Dunk doit retourner au travail.

Pour cette Franco-Ontarienne, employée à l’école francophone de Squamish, le choix de faire garder son enfant en français est impératif. Elle souligne les acquis en français des enfants qui arrivent à l’école après la garderie francophone comparativement aux autres.

« C’est vraiment un gros souci pour moi, parce que ça me tient vraiment à cœur. »

— Une citation de  Amy Dunk, mère de deux enfants à Squamish

Faute de place, Amy Dunk doit communiquer avec d’autres mamans francophones pour savoir si elles sont prêtes à s’occuper aussi de son fils. Elle a envisagé également d’autres solutions, comme celle d'obtenir les services d'une gardienne à domicile, mais ça n'est pas concluant pour le moment.

Amy Dunk dit qu'elle cherche désespérément une solution pour que son deuxième enfant soit accepté dans une garderie en français.

Trois fillettes et un bébé avec des casques de vélos à l'extérieur.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Avec sa garderie francophone Le Petit Jardin, James Rankin peut s'occuper des ses deux filles et des enfants d'une autre famille.

Photo : James Rankin

Pour James Rankin, la solution a été de rester à la maison.

Il gère depuis deux ans et demi une petite garderie en milieu familial à Vancouver. Il a commencé avec ses deux filles et la fille d’une autre famille. Maintenant que son aînée est à la maternelle, James Rankin a accepté de prendre soin également du petit frère de la fillette qu’il garde depuis qu’il a commencé.

« On a vu que je pouvais le faire moi-même en français, ça me donnerait la chance de passer du temps avec mes enfants et ensuite de parler français avec eux. »

— Une citation de  James Rankin, père à la maison à Vancouver

James Rankin est aussi président de l’association des parents de l’École Anne Hébert. Selon lui, le manque de places en garderie et le coût élevé de ces services placent la majorité des familles dans une situation difficile, car la société contraint les deux parents à travailler.

S’il est satisfait d’avoir choisi de s’occuper de ses enfants, il reconnaît que ce n’est pas envisageable pour tout le monde.

La gestion des garderies par les parents

Seize écoles du CSF à travers la province accueillent dans leurs locaux des services de garderie et de prématernelle sur 41 écoles au total. La gestion incombe aux parents, car les garderies sont des associations à but non lucratif.

Toutefois, cette responsabilité n’est pas évidente à assumer au quotidien en raison des nombreux défis de l’encadrement des services de garderie.

La garderie L’île aux enfants, à Vancouver, n’a qu’une seule éducatrice certifiée. Le service de garde doit donc être interrompu lorsqu’elle prend ses vacances.

« ​Quand personne ne s’est porté volontaire, on a dit : "De toute façon, c’est bien simple, si personne ne se porte volontaire, on est obligé de fermer la garderie."​ »

— Une citation de  Maud Lavillonnière, parent membre du conseil d'administration de la garderie L’île aux enfants à Vancouver

Par ailleurs, les garderies qui accueillent les enfants de moins de 3 ans sont moins nombreuses. Cependant, la garderie Les petits lutins, à l’École des Pionniers de Maillardville, à Port Coquitlam, peut accueillir des tout-petits.

« Trouver des éducatrices pour les bébés, c’est encore plus difficile. C’est un an de plus d’étude que pour les 3 à 5 ans. »

— Une citation de  Marie-Andrée Bezeau, parent membre du conseil d'administration de la garderie Les petits lutins, à Port Coquitlam

Selon la Fédération des parents francophones de la Colombie-Britannique, le temps presse pour soutenir la petite enfance. La directrice générale, Marie-Andrée Asselin, reconnaît des efforts du gouvernement provincial, mais elle note que les résultats tardent à se faire sentir pour les familles.

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