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Usine Bombardier : un maire ontarien somme Doug Ford de maintenir le contenu canadien

Un tramway chargé sur un train dans une gare de triage.

L'usine de Bombardier de Thunder Bay fabrique notamment des tramways comme celui-ci pour la Commission de transport de Toronto.

Photo : CBC/Jeff Walters

Bienvenu Senga

Inquiet de l'avenir de l'usine de Thunder Bay du constructeur Bombardier, le maire Bill Mauro demande au gouvernement ontarien de s'engager à maintenir ou à réviser les mesures actuelles régissant l'approvisionnement en contenu canadien des entreprises de transport en commun.

Dans une lettre envoyée récemment au premier ministre ontarien Doug Ford, le maire de Thunder Bay réitère l’importance de l’usine, qui emploie près de 1200 personnes, pour l’économie locale.

Notre chambre de commerce estime qu’il y a trois emplois dans la ville qui dépendent de chaque emploi à Bombardier. Les emplois à Bombardier sont des emplois bien payants qui font rouler notre économie et augmentent la qualité de vie de nos citoyens, écrit-il.

Depuis 2008, le gouvernement ontarien exige des transporteurs recevant du financement provincial de se doter de véhicules comportant au moins 25 % de contenu domestique.

La mesure a été mise en place par le gouvernement libéral de Dalton McGuinty.

Un porte-parole du ministère des Transports de l'Ontario rappelle que l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne (AECG) prévoit toujours une exception permettant à l'Ontario de maintenir l'exigence.

Un homme en train de prononcer un discours.

Le nouveau maire de Thunder Bay, Bill Mauro, espère défendre la réputation de la ville et améliorer la qualité de vie.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Le maire Mauro dit exiger un engagement de la province à maintenir cette exigence ou même à la revoir à la hausse, d’autant plus que l'usine de Bombardier de Thunder Bay aura achevé tout son travail dans un avenir rapproché.

Ainsi, au moins, nous nous assurerions que le travail de production reste en Ontario ou ait de meilleures chances de rester en Ontario.

Bill Mauro, maire de Thunder Bay

L'usine de Bombardier de Thunder Bay a déjà produit notamment des wagons pour Metrolinx et des tramways pour la Commission de transport de Toronto.

Le directeur des relations publiques et des communications de la région Amérique chez Bombardier Transport, Éric Prud’Homme, confirme que les activités de l’usine de Thunder Bay seront réduites considérablement d’ici le quatrième trimestre de 2019.

Bombardier a récemment transféré une partie des activités de production de toit des trains légers de Metrolinx de Kingston à Thunder Bay [...], ce qui nécessitera le maintien d’une petite activité de production jusqu’au premier trimestre de 2021, explique M. Prud’Homme.

Extérieur des installations de Bombardier à Thunder Bay en Ontario.

Usine Bombardier à Thunder Bay en Ontario.

Photo : Radio-Canada / Caroline Bourdua

Toutefois, nous faisons tout ce qui est possible pour corriger ou atténuer tout impact.

Éric Prud’Homme, directeur des relations publiques et des communications de la région Amérique chez Bombardier Transport

Le maire dit aussi vouloir une nouvelle assurance en raison des récentes concessions faites par les gouvernements du Canada et du Québec, qui ont respectivement libéré Via Rail et la Caisse de dépôt et placement du Québec de toute obligation d’achat de contenu local pour des projets ferroviaires.

Il y a une très grande chaîne d’approvisionnement associée à ces contrats [...], il n’y a pas que des avantages à ma communauté, mais aussi dans le reste de la province.

Bill Mauro, maire de Thunder Bay

Une conséquence des mesures protectionnistes américaines?

Selon le maire Mauro, l’Ontario aurait de bonnes raisons d'élever son seuil de contenu local dans les véhicules de transport public. La province réagirait à la récente révision de la disposition Buy America de l'administration fédérale aémricaine qui, à son avis, fait mal au marché canadien.

M. Prud'Homme affirme également que les mesures américaines ont tout à fait eu un impact négatif à l'usine de Thunder Bay.

Pour des entreprises canadiennes, il est de plus en plus difficile de mettre à profit nos usines, nos travailleurs canadiens et leur expertise pour remplir des contrats américains [...], ce qui veut dire que des contrats américains qui auraient pu être faits par exemple dans notre usine Thunder Bay doivent maintenant être faits à notre usine de Plattsburgh, fait-il savoir.

Le seuil, qui est passé de 60 % en 2017 à 65 % en 2018 et en 2019, sera de 70 % à compter de 2020 aux États-Unis.

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