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La bactérie Legionella détectée aux Terrasses de la Chaudière

Le complexe immobilier comporte plusieurs édifices de plus de 10 étages.

Le complexe des Terrasses de la Chaudière a été construit en 1978 (archives).

Photo : Radio-Canada

Yasmine Mehdi

La présence de la bactérie Legionella a été détectée aux Terrasses de la Chaudière, à Gatineau, lors de tests de routine conduits à la mi-mars. Les fonctionnaires travaillant dans le complexe n'en auraient été informés qu'au début du mois d'avril, ce qui inquiète le Syndicat des employées et employés nationaux.

Dans un courriel interne obtenu par Radio-Canada et daté du 19 mars, on peut lire qu'une tour de refroidissement du complexe a dû être fermée et désinfectée après les tests de la firme Brookfield Global Integrated Solutions, qui gère l'édifice.

Une perte d'air de refroidissement est prévue du vendredi 22 mars au samedi 23 mars, peut-on lire dans le courriel. Si l'éclosion de Legionella était connue depuis la mi-mars, ce n'est que le 3 avril qu'un courriel a été envoyé à la totalité des employés de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada.

Nous voulons rassurer nos collègues que le niveau de bactéries détecté est sécuritaire pour la santé et la sécurité des occupants du complexe des Terrasses de la Chaudière, est-il écrit dans le message.

Le Syndicat des employées et des employés nationaux a appris la nouvelle lundi, par les médias. S'il estime que la situation a été « grosso modo » bien gérée par le gouvernement, le vice-président Andrew Shaver croit que la communication aurait pu être améliorée.

En mentionnant Legionella, c'est quelque chose qui est un peu choquant.

Andrew Shaver, vice-président du Syndicat des employées et des employés nationaux

Ça aurait été vraiment bien que l'employeur nous fournisse une mise à jour au moment où quelque chose comme ça a été découvert, croit-il. Mes membres sont déjà en mode défense pour leur santé avec tous les autres problèmes qui existent aux Terrasses.

Contacté par Radio-Canada, le ministère responsable du complexe immobilier — Services publics et Approvisionnement Canada — a commenté le dossier par courriel, en fin de journée lundi.

La tour de refroidissement numéro 1 aux Terrasses de la Chaudière est située sur le toit de l’édifice, a indiqué le ministère. Il n’y a pas eu d’impact sur la qualité de l’air à l’intérieur de l’édifice, le système de ventilation étant séparé de la tour de refroidissement.

Conformément aux protocoles de SPAC pour les résultats d’analyse qPCR [quantitative], le système des tours de refroidissement a été nettoyé, désinfecté et testé de nouveau afin de s’assurer que le nettoyage et la désinfection ont été efficaces, a ajouté SPAC.

La légionellose est une forme de pneumonie sévère, causée par la bactérie Legionella. Elle se manifeste notamment par de la toux, de la fièvre et une difficulté à respirer. La maladie se contracte par l'inhalation de gouttelettes dans l'air provenant d'eau contaminée. Santé Canada fait valoir qu'en moyenne 1 personne sur 20 exposées à la bactérie tombe malade.

Des risques demeurent, dit un expert

Même si les niveaux de bactéries détectées aux Terrasses de la Chaudière étaient faibles, le président de l'Association des microbiologistes du Québec, Patrick Paquette, rappelle que les risques pour la santé demeurent.

Il n'y a jamais de risque zéro. Même dans certains cas, on se retrouve avec des éclosions de légionellose et on n'est pas capables au niveau des analyses de laboratoires de déterminer la source de l'éclosion — à savoir, est-ce que ça vient d'une fontaine publique ou d'une tour de refroidissement de l'eau, raconte l'expert.

M. Paquette ne veut cependant pas être alarmiste et souligne que certains individus sont plus susceptibles de contracter la légionellose, comme les gens de plus de 60 ans, les fumeurs, les gens qui consomment beaucoup d'alcool [ou] qui ont déjà des problèmes de santé respiratoire.

C'est important d'être sensibilisé, mais il ne faut pas que ce soit la panique qui l'emporte.

Patrick Paquette, président de l'Association des microbiologistes du Québec

Selon le Centre intégré de Santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais, trois cas de légionellose sont déclarés en moyenne chaque année dans la région.

Avec les informations de Stéphane Leclerc

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Ottawa-Gatineau

Santé publique