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Les pêcheurs innus ont le vent dans les voiles

Les pêcheries sont voie de devenir un des moteurs économiques les plus importants chez les Premières Nations de la Côte-Nord.

Photo : Radio-Canada

Jean-Louis Bordeleau

Des centaines d'Autochtones travaillent dans les pêches de la Basse-Côte-Nord jusqu'à Essipit. Cette industrie est en voie de devenir un des moteurs économiques les plus importants dans les communautés nord-côtières.

C'est au début des années 1990 que les conseils de bande commencent à s'intéresser à cette filière. Depuis, la nation innue a multiplié les achats de bateaux et de quotas.

Aujourd'hui, près du tiers des pêcheurs nord-côtiers seraient autochtones, selon l'estimation de pêcheurs innus.

Il s'agit d'un revirement de situation dans une région où le mot innu pour dire pêcheur, Kaikusseth, servait jadis à désigner le Québécois ordinaire.

Un Innu soude une pièce sur un bateau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les pêcheries ouvrent des perspectives d'emplois à une panoplie de gens de métiers.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Il y a eu un transfert d'expertise quand il y a eu des acquisitions d'entreprises, explique Yan Tremblay, directeur général des pêcheries Uapan. Son entreprise, liée au conseil de bande de Uashat Mak Mani-Utenam, embauche une trentaine de pêcheurs.

Souvent, le capitaine restait en place et on préparait la relève. Présentement, 80 % de notre main-d'œuvre, c'est des gens de Uashat-Maliotenam, de plus en plus de capitaines aussi.

Yan Tremblay sur le quai des pêcheurs à Sept-Îles.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Yan Tremblay, directeur général, pêcherie Uapan

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Uapan, ça veut dire aube, comme l'aube quand on va pêcher... Comme l'aube d'un jour nouveau.

Yan Tremblay, directeur général, pêcherie Uapan

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Les pêches offrent aussi des débouchés à nombre de personnes exerçant des métiers spécialisés, comme les soudeurs, les mécaniciens, les électriciens et les hommes de pont. Des travailleurs en usine et des gestionnaires bénéficient aussi de retombées économiques.

Un bateau est soulevé par une grue pour être mis à l'eau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les pêcheurs mouillent leur bateau en prévision de la pêche au crabe.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Le crabe des neiges, la crevette, le homard sont les espèces les plus pêchées.

Serge Langelier, directeur des pêches pour l'Agence Mamu Innu Kaikusseth (AMIK), est au service des pêcheurs autochtones partout sur la Côte-Nord.

[Les Innus ne] sont pas juste investis dans la pêche, [ils] sont fiers de faire la pêche, lâche-t-il.

Selon lui, la passion de la pêche prend racine partout dans les Premières Nations vivant près des côtes.

Les représentants micmacs me disaient la même chose. Les gens qui travaillent dans la pêche sont fiers de dire qu'ils travaillaient dans la pêche, ajoute M. Langelier.

Serge Langelier dans le parc d'hivernage de Sept-Îles.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Serge Langelier, directeur des pêches pour l'Agence Mamu Innu Kaikusseth (AMIK)

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

C'est comme à aller récolter dans la nature, mais là, au lieu d'être en forêt, sur un lac ou sur une rivière, bien là, c'est au large.

Serge Langelier, directeur des pêches pour l'Agence Mamu Innu Kaikusseth (AMIK)

Apprendre un métier

Les pêches commerciales attirent beaucoup de jeunes, mais aussi des travailleurs d'expérience.

Par exemple, après une carrière politique au conseil de bande, Mike « Innu-Papu » McKenzie a décidé de changer de vocation.

Je vais te dire une chose, c'est un défi pour moi la pêche, confie-t-il. Je ne connais rien. Là, j'apprends sur le tas moi aussi. C'est magnifique comme métier.

Son capitaine, Norbert Fontaine, est l'un des premiers à posséder un équipage uniquement constitué d'Innus.

Comme pour beaucoup d'autres, les débuts dans le métier n'ont pas été de tout repos.

Ça n'a pas tout le temps été drôle. Je parle de la pêche comme d'une passion, mais il y a eu beaucoup d'embûches, de préjugés, souffle-t-il.

Des hommes embarquent une bouée sur un bateau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

À quelques jours de l'ouverture de la pêche au crabe, le parc de bateaux de Sept-Îles fourmille d'activités.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Aujourd'hui, Mike McKenzie se réjouit de l'ambiance sur le bateau de Norbert Fontaine.

Je suis très à l'aise de rire. Les gars aiment ça. Mon parton aime ça. Tout le monde aime ça. On a quand même une belle chimie avec les jeunes. Je pense qu'ils vont aller loin.

Norbert Fontaine au micro de Radio-Canada, dans un parc de bateaux.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Norbert Fontaine, un des premiers capitaines de bateau innu

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Je suis parti où c'était de l'adrénaline pure. C'est devenu ensuite un intérêt, un choix de carrière.

Norbert fontaine, capitaine

À son avis, la nouvelle génération d'Innus a tout en main pour ajouter la corde des pêcheries commerciales à son arc.

Dans les écoles, dans les choix de carrières auparavant, on voyait policier, ambulancier, docteur. À tout ça, se rajoute aujourd'hui capitaine de bateau.

Cependant, le plus important, selon Nobert Fontaine, c'est d'assurer l'avenir de la faune aquatique.

On a à développer et à s'intéresser beaucoup à la protection de la ressource. On a vu récemment des diminutions de quotas, que ce soit la crevette, que ce soit le crabe cette année. On doit porter un intérêt beaucoup plus sérieux à ça, pour voir de quelle manière on peut le protéger pendant plusieurs autres années. Chez les Autochtones, on se soucie beaucoup de la génération future.

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