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Que contiendra le budget de l’Ontario pour les francophones?

Drapeau franco-ontarien

Le drapeau franco-ontarien

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des acteurs de la francophonie ontarienne mettent au grand jour leurs attentes, leurs craintes et leurs espoirs à quelques jours du dépôt du premier budget du gouvernement de Doug Ford.

L’enveloppe consacrée aux Affaires francophones, qui était de 7,8 millions de dollars dans le dernier budget des libéraux, sera scrutée à la loupe jeudi.

Le dossier de l’Université de l’Ontario français, un établissement qui devait ouvrir ses portes à Toronto l’an prochain, est sur toutes les lèvres. De nombreux organismes francophones espèrent un revirement peu probable du gouvernement Ford.

On espère bien voir qu’il va financer l’université à la suite des pas vers l’avant du gouvernement fédéral, affirme la présidente de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne, Lydia Philippe.

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) espère du moins que la province proposera dans son budget un plan de financement pour l’université et demandera finalement à Ottawa de subventionner les quatre premières années du nouvel établissement.

Le gouvernement fédéral, qui a déjà accordé 1,9 million de dollars à l’équipe de mise en œuvre de l’université, s’est déjà dit ouvert à cette proposition, mais insiste sur le fait que la province doit en faire la demande.

Mes espoirs ne sont pas très élevés, affirme Marie-Pierre Héroux, du Regroupement étudiant franco-ontarien, qui s’indigne qu’une demande de financement fédéral pour l’université n’ait toujours pas été faite.

Ça montre que pour le nouveau gouvernement, les francophones, c’est évidemment pas la priorité, dit-elle.

Pour sa part, le ministère ontarien des Affaires francophones affirme qu’Ottawa doit encore combler l’écart entre le montant versé à l’Ontario pour les services en français (soit 2,78 $ par francophone) et celui accordé aux autres provinces (7,31 $ au Nouveau-Brunswick et 35,71 $ au Manitoba, par exemple).

Notre gouvernement demeure engagé à procéder à l’établissement d’une université, par et pour les francophones, lorsque l’Ontario sera dans une position lui permettant de le faire avec le financement viable nécessaire, affirme le porte-parole du ministère, Jesse Robichaud.

Le président de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens, Rémi Sabourin, sonne l’alarme alors que près de 3500 postes d’enseignant seront abolis d’ici 4 ans. Le premier ministre Doug Ford a répété en Chambre cette semaine qu’aucun enseignant ne perdra son emploi parce que les postes seront éliminés par attrition.

Les écoles francophones perdraient à elles seules quelque 300 postes d’enseignant, selon le syndicat.

Pour nous moderniser, la façon dont c’est présenté par le gouvernement, c’est plutôt de couper en éducation, affirme M. Sabourin.

Le gouvernement a décidé d’augmenter la moyenne de 22 à 28 [élèves par salle de classe], alors on croit que pour les écoles secondaires de langue française, ça pourrait aller jusqu’à la survie de certaines écoles secondaires, ajoute le président du syndicat.

M. Sabourin s’indigne qu’aucune rencontre n’ait eu lieu avec la ministre de l’Éducation, Lisa Thompson, depuis plusieurs mois.

Ce sont des consultations souvent avec des questions fermées, qui n’apportent pas un dialogue, et c’est ce que nous voulons, un dialogue, pour pouvoir trouver des solutions gagnantes-gagnantes, dit-il.

Même si les réseaux locaux d’intégration des services de santé seront fusionnés pour former une méga-agence provinciale, les six entités de planification des services de santé en français continueront d’exister.

Cependant, ces entités demandent à la province d’augmenter leur financement annuel.

Notre financement est resté au même niveau depuis la création des entités, il y a huit ans.

Gilles Marchildon, directeur général de Reflet Salvéo

Nous reconnaissons les contraintes actuelles dans lesquelles le gouvernement prend ses décisions budgétaires, mais espérons qu’il puisse considérer un certain rattrapage pour qu’on puisse être le plus efficace possible, ajoute le directeur de l’entité de la région de Toronto.

Dans un mémoire déposé la semaine dernière, les entités demandent aussi à la province de préciser leur rôle de soutien aux nouvelles équipes Santé Ontario qui seront créées au cours des prochaines années, afin d’assurer une véritable offre active des services en français.

Le premier ministre Doug Ford, qui avait promis à maintes reprises que personne dans le secteur public ne perdrait son emploi, a changé de ton quelques semaines avant le dépôt de son premier budget.

En apprenant qu’au moins trois postes seront abolis au Commissariat aux services en français lors du transfert des responsabilités vers le Bureau de l’ombudsman, le président de l’AFO, Carol Jolin, a accusé le gouvernement de rompre ses promesses.

On nous a dit au départ qu’il n’y aurait pas de pertes d’emploi, que le personnel du Commissariat serait transféré à l’ombudsman, et on va être vigilants pour s’assurer qu’on n’a pas de perte de services en français, dit-il.

Le ministère des Affaires francophones affirme vouloir bien cibler ses actions et optimiser ses investissements dans les communautés francophones. C’est pourquoi le gouvernement a récemment annoncé la reprise d’un projet pilote, cette fois à Subury, pour améliorer l’accès à la justice en français.

En décembre, le gouvernement Ford a annoncé une réduction de 5 millions de dollars du budget du Conseil des arts de l’Ontario.

L’organisme, qui accorde des subventions aux artistes et groupes culturels de la province, avait reçu sa première hausse de financement en une vingtaine d’années sous le précédent gouvernement libéral.

Ce financement devrait toutefois maintenant passer de 69,9 millions de dollars à 64,9 millions.

L’AFO a demandé à la province de maintenir le financement du Conseil des arts de l’Ontario, de même que celui de l’organisme Ontario Créatif, au niveau du dernier budget provincial.

L'Ontario restera membre observateur de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui est une formidable vitrine à l’international pour la province et permet de faire valoir que l’Ontario est ouvert aux affaires et aux emplois, souligne Jesse Robichaud, porte-parole du ministère des Affaires francophones.

L’AFO demande toutefois que deux employés qui se consacreraient uniquement aux dossiers de l’OIF soient embauchés au ministère.

Je crois que c'est important de diversifier notre économie et, de ce côté-là, nos gens d'affaires bilingues ont un potentiel énorme.

Carol Jolin, président de l'AFO

Le ministère, de son côté, n’a pas précisé ses intentions à cet égard ni annoncé s’il demandera le statut de membre à part entière, comme l'a fait le Québec et le Nouveau-Brunswick.

Nous explorons les meilleures façons de faire pour contribuer aux activités de l'OIF tout en veillant à ce que notre participation favorise d’abord et avant tout la communauté francophone de l'Ontario, souligne M. Robichaud.

Toronto

Politique provinciale