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Les médias sociaux doivent lutter contre la désinformation, dit la ministre des Institutions démocratiques

Pirates informatiques et cyberattaques

Photo : Reuters / Kacper Pempel

Radio-Canada

Les médias sociaux doivent faire plus d'efforts pour protéger les valeurs démocratiques canadiennes que sont l'intégrité, l'authenticité et la transparence, affirme la ministre des Institutions démocratiques, Karina Gould, alors qu'un nouveau rapport sur les cybermenaces qui pèsent sur le processus électoral vient d'être rendu public.

Le rapport conclut qu’il y aura probablement des tentatives d'ingérence étrangère lors des élections fédérales cet automne, qui viseront notamment à « diviser l'opinion sur des enjeux politiques et sociaux », accroître la popularité d'un parti politique au détriment des autres ou manipuler des déclarations publiques de candidats.

Ces tentatives ne devraient toutefois pas avoir l’importance des activités russes pendant les élections américaines de 2016.

En conférence de presse, la ministre Gould a insisté sur la responsabilité des médias sociaux dans la désinformation des électeurs et a déploré le peu de sérieux dont faisaient preuve ces derniers pour régler le problème.

Mme Gould a indiqué que son ministère avait déjà eu plusieurs discussions à ce sujet avec les acteurs du secteur, notamment Facebook, Google et Twitter, mais a dit qu'elle était mécontente, pour le moment, des résultats.

La ministre aimerait que ces plateformes soient plus transparentes envers le gouvernement quant aux mesures qu’elles prennent pour remédier à la situation, entre autres en en faisant un bilan régulier.

Elle pense toutefois que les médias sociaux ne feront rien tant qu’ils n’y seront pas obligés par la loi, notamment parce que des actions concrètes demanderaient beaucoup de ressources et que le Canada « n’est pas un marché assez grand ».

La ministre Gould dit réfléchir à leur régulation. Elle trouve intéressante l’idée d’imposer un code de conduite aux médias sociaux sous peine de poursuites judiciaires et de lourdes amendes, comme ce qui est proposé au Royaume-Uni, ou de rendre responsables les dirigeants de ces plateformes des contenus diffusés, comme en Australie.

Karina Gould considère cependant que les électeurs ont aussi leurs propres efforts à faire pour « devenir des consommateurs d’information et des utilisateurs du cyberespace avertis ». Elle suggère donc aux Canadiens de lire le rapport (Nouvelle fenêtre) sur les cybermenaces.

« Les électeurs sont l’élément le plus important pour permettre à notre processus démocratique de rester sûr. C’est essentiel de rester conscient, engagé et informé », dit-elle.

Qui doit-on craindre?

Comme l’a souligné en entrevue à l'émission Midi info le spécialiste en cybersécurité Steve Waterhouse, le rapport, rédigé par le Centre de la sécurité des télécommunications (CST), ne pointe pas un pays en particulier quand il aborde le risque d'ingérence dans les élections canadiennes.

Le document énumère plutôt de façon générale les entités qui pourraient vouloir influencer le processus, dont les « États-nations », mais aussi les « groupes terroristes » et même les « amateurs de sensations fortes ».

Pour sa part, M. Waterhouse pense que la Russie, la Chine, la Corée du Nord, l’Iran et l’Arabie saoudite pourraient être tentés de mettre leur grain de sel dans les élections, tout comme les groupes criminels.

Il souligne qu’il est cependant « très difficile » de découvrir qui est responsable d’une cyberattaque, même si le Canada a progressé dans ce domaine.

« Au Canada, le CST, en collaboration avec la Défense nationale, a fait quand même beaucoup d’avancées dans l’attribution de certaines attaques qui sont arrivées au cours des dernières années, même des 10 dernières années, avec succès et avec assurance », assure-t-il.

Avec les informations de La Presse canadienne

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