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Heures supplémentaires obligatoires : une infirmière de 27 ans raconte son épuisement professionnel

Des infirmières ont manifesté devant le CHUL contre le temps supplémentaire obligatoire.

Photo : Radio-Canada/Raymond Routhier

Jean-François Nadeau

Infirmière depuis seulement deux ans, Kassandra Picard, 27 ans, est déjà partie une fois en épuisement professionnel. Elle dit connaître personnellement au moins une dizaine d'infirmières qui sont parties en congé de maladie. Comme ses collègues, elle réclame la fin du recours systématique aux heures supplémentaires obligatoires.

Les infirmières du Québec participent lundi à une journée nationale de mobilisation. Elles comptent refuser de faire des heures supplémentaires jugées non essentielles.

Des infirmières ont manifesté lundi sur un pont de l'autoroute Henri-IV.

Photo : Radio-Canada

Kassandra Picard affirme qu'on l'oblige plusieurs fois par semaine à faire deux quarts de travail de suite.

« Se remettre d'un 16 heures, ça peut prendre trois à quatre jours, parce qu'on nous oblige à rentrer le lendemain, faire notre autre huit heures. Un moment donné, on en vient à l'épuisement. On n'est jamais capables de récupérer. Ça devient un cercle vicieux », soutient-elle.

L'infirmière en cardiologie Kassandra Picard

Photo : Radio-Canada/Alice Chiche

Risque pour les patients

Kassandra Picard travaille en cardiologie. Elle souligne que les risques d'erreurs sont beaucoup plus grands quand elle est épuisée. Elle craint pour la santé des patients si le recours aux heures supplémentaires obligatoires ne diminue pas.

« J'ai décidé d'être infirmière pour aider le patient, pas pour lui porter préjudice. C'est illégal de conduire une auto avec les facultés affaiblies, mais on nous demande de prodiguer des soins à des personnes malades quand on est fatiguées et qu'on a les facultés affaiblies. On peut faire des erreurs fatales. C'est ce qu'on veut éviter », explique-t-elle.

Les infirmières réclament également une plus grande stabilité dans leurs horaires.

« Donnez des postes de jour, des postes de soir ou des postes de nuit. Ne donnez pas des jour/soir, des nuit/jour. Les gens ont de la difficulté à s'adapter. C'est un des sujets les plus parlés chez les infirmières. On veut pouvoir concilier travail et famille », affirme Cassandra Picard.

Des solutions dans les prochaines semaines

La ministre de la Santé, Danielle McCann, assure que les infirmières ont été entendues. Elle rappelle que son gouvernement investit cette année 200 millions de dollars pour embaucher du personnel.

Des mesures seront mises en place dans les prochaines semaines pour réduire le recours systématique aux heures supplémentaires obligatoires.

« Si j'avais une baguette magique, ce serait demain matin. C'est le dossier numéro un. C'est la priorité de tous les établissements. Nous allons faire toutes les étapes en accéléré », promet Danielle McCann.

La ministre de la Santé affirme travailler en partenariat avec la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) pour mettre des solutions en oeuvre. Elle souligne aussi que le CHU de Québec a embauché récemment 200 personnes retraitées, qui ont accepté de revenir au travail.

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