•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Opposition à un centre d’injection supervisée à Halifax

Des murs couverts de graffitis à Halifax.
Un organisme veut ouvrir un centre d'injection supervisée dans le quarter nord d'Halifax. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Des entreprises et des résidents du quartier nord d'Halifax n'aiment pas l'idée de voir s'installer près de chez eux un centre d'injection supervisée pour opioïdes.

Les injections seraient tolérées dans un certain périmètre autour du centre.

Les promoteurs du projet soutiennent qu’il s’agit de la meilleure solution pour régler les problèmes de dépendances dans ce quartier.

La situation est urgente, plaident-ils : 60 personnes en moyenne meurent de surdose chaque année en Nouvelle-Écosse, sans compter l’épidémie de VIH qui a frappé Halifax récemment.

On essaye de mettre un frein à tout ça, explique Matthew Bonn, cofondateur de Halifix, le groupe qui s’est donné pour mission d’ouvrir le premier centre d'injection supervisée en Atlantique.

Matthew Boon d'Halifix, en entrevue télévisée dans une rue du quartier nord d'Halifax.Matthew Boon est le cofondateur de Halifix, le groupe à l'origine du projet. Photo : Radio-Canada

Halifix propose d'aménager son centre dans des locaux situés près de l'intersection des rues Gottingen et Cornwallis.

Un quartier qui s'embourgeoise

Au cours des dernières années, beaucoup de jeunes couples et de familles de la classe moyenne se sont installés près de ce coin de rue, dans le quartier nord, considéré comme défavorisé pendant longtemps.

Un homme marche dans une rue du North End d'Haifax en tenant sa petite fille par la main.Beaucoup de jeunes familles se sont installées ces dernières années dans le quartier North End d'Halifax, traditionnellement considéré comme défavorisé. Photo : Radio-Canada

Nick Bartlett habite à deux pas des locaux qui pourraient accueillir les toxicomanes. Il estime que l’endroit est bien choisi, parce qu’il y a plusieurs toxicomanes dans le quartier.

Mais le syndrome « pas dans ma cour » se manifeste haut et fort.

Frédéric Tanguy, le propriétaire de la charcuterie Ratinaud, rue Gottingen, craint que l’ouverture d’un centre d’injection supervisée n’aggrave le problème.

Personnellement, je ne trouve pas que ce soit forcément une bonne idée, de créer un environnement ou des quartiers où on rassemble toutes ces personnes qui ont besoin d'aide. [...] De tous les mettre dans le même endroit ensemble? Pas forcément la meilleure idée...

Frédéric Tanguy, le propriétaire de la charcuterie Ratinaud de la rue Gottingen, en entrevue télévisée devant son restaurant.Frédéric Tanguy, le propriétaire de la charcuterie Ratinaud de la rue Gottingen, craint qu'un éventuel centre d'injection supervisée n'attire trop de toxicomanes dans le quartier. Photo : Radio-Canada

« Un affront » à la communauté afro-néo-écossaise

Irvine Carvery habite le quartier depuis une quarantaine d'années. Il trouve insultant qu’on ait choisi un quartier qui abrite une importante communauté afro-néo-écossaise pour ce projet.

C'est un affront aux Afro-Néo-Écossais, dit-il, parce qu'il y a, à proximité, plusieurs institutions pour les jeunes et les familles de la communauté noire, dont [une] église historique, adjacente au site proposé.

L'extérieur de l'église de la communauté noire d'Halifax.Cette église historique de la communauté noire d'Halifax se trouve tout près du lieu proposé pour le centre d'injection. Photo : Radio-Canada

L'association des entreprises du quartier nord invite les résidents à participer à une rencontre le 15 avril, pour discuter des risques liés à un centre d'injection supervisée.

Matthew Bonn déplore que son organisme n’ait pas été invité.

Des études ont démontré que cette solution aide à réduire le crime et que ça diminue considérablement le nombre de seringues souillées traînant dans les rues, des choses positives pour la communauté, avance-t-il.

Il dit avoir tout de même reçu des lettres d'appui et avoir fait bien des démarches administratives. Il attend maintenant le feu vert du fédéral.

Une rue animée du quartier nord d'Halifax.Matthew Boon dit tout de même avoir des appuis dans le quartier pour son projet. Photo : Radio-Canada

Il espère maintenant obtenir de l’aide financière du gouvernement provincial pour mener son projet à bien et… un peu plus d’appuis au sein de la communauté.

D’après un reportage de Stéphanie Blanchet, CBC

Nouvelle-Écosse

Drogues et stupéfiants